Abraham Lincoln, par Nathalie Lacladère

Abraham Lincoln occupe une place à part dans l’Histoire des États-Unis. De la cabane en rondins de son enfance à son assassinat, l’ascension du « bûcheron devenu roi » est l’exemple même du rêve américain, au point d’être l’objet d’un véritable culte laïque.

Tenu à l’écart des études, promis à une existence sans relief, cet autodidacte, devenu avocat par son seul mérite, se lance en politique à 23 ans et sera élu à la Maison Blanche en 1860, à 51 ans. Il y accomplira l’impensable : remporter la victoire militaire contre les Etats du Sud, sauver l’Union fédérale du naufrage et proclamer l’abolition de l’esclavage, pratique indigne d’une nation formée pour « éclairer le monde ». Acte de bravoure inouï, dont il eut le génie de penser qu’il accélèrerait la réunification, au lieu de la freiner. Tant de courage vaudra à Lincoln d’être assassiné, le 14 avril 1865, quelques jours après la fin des hostilités. Deux siècles après sa naissance, il demeure dans la mémoire américaine une figure mythologique, un « père de la nation » au même titre que Washington.  Abraham Lincoln est le plus célèbre et le plus célébré des présidents américains. La gloire de Lincoln s’explique dans la dimension morale du personnage, par l’ampleur de la guerre civile à laquelle il fut confronté et su mettre fin, aussi bien que par la tragique injustice de son assassinat.

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