Libération de Bordeaux : retour en août 1944 à travers une exposition

Musée d’Aquitaine, Bordeaux

L’exposition «La Libération de Bordeaux» a été inaugurée. Quel est son objectif?

C’est une exposition qui rend hommage aux grands faits de la Libération de Bordeaux, et qui revient sur le contexte de l’Occupation et du rôle de la Résistance. Bordeaux était une position stratégique pour les Allemands et dès leur arrivée, le 26 juin 1940, ils ont fortifié la ville et réquisitionné plusieurs édifices publics et privés. C’était un point de fixation des unités, notamment pour la douzième flotille U-Boot à la base sous-marine, un lieu de ravitaillement et de villégiature, et un des maillons du réseau de défense du littoral. La gestapo a également été très présente à Bordeaux, et a joué un rôle important dans l’affaiblissement de la Résistance locale, en la décapitant dès 1943 avec l’affaire Grandclément (arrêté, ce chef de la Résistance passe un marché avec un policier nazi à Bordeaux pour livrer des caches d’armes), et en la divisant.

La Résistance est-elle malgré tout restée opérationnelle?

Elle est restée plus dangereuse que ce que les Allemands imaginaient, et ils ont été surpris par sa capacité offensive lorsque, le 2 juin 1944, le célèbre message «Philémon réclame six bouteilles de Sauternes» déclenche l’opération Tortue. Celle-ci consistait à détruire les moyens de communication terrestre et maritime des Allemands pour les empêcher de rejoindre la Normandie où le Débarquement se préparait.

Les combats vont alors s’intensifier…

Dans les semaines qui ont suivi, la situation s’est tendue et on est entré dans l’été qui fut le plus meurtrier pour Bordeaux, et toute la région. C’est là que se sont produits les massacres d’Oradour-sur-Glane, de Tulle, la destruction des maquis de Lorette… C’était une guérilla d’une violence incroyable. Mais au fur et à mesure, la Résistance réussissait à gagner de plus en plus d’espace, les Allemands étant obligés d’abandonner de plus en plus de villes pour rejoindre la Normandie.

Les Allemands ont abandonné des villes, mais pas Bordeaux?

Le commandement allemand voulait défendre Bordeaux coûte que coûte, et le 19 août la décision était prise de détruire les infrastructures économiques, particulièrement le port. Les occupants ont alors pour mission de placer des charges explosives de 250 kilos tous les 50 mètres, du quai de Richelieu à Bacalan. La destruction du port, d’abord programmée le 25 août, a été repoussée au 27 août. La mairie et la préfecture, collaborationnistes, tentaient de négocier avec les Allemands pour une retraite sans destruction. Pendant ce temps, la situation se durcissait dans le centre de Bordeaux, avec plusieurs échanges de coups de feu. Un soldat allemand a même jeté une grenade sur la foule à Talence, et à Caudéran des groupuscules résistants attaquaient au fusil les occupants.

Les négociations ont-elles abouti?

Elles sont restées lettre morte dans un premier temps. La situation a même empiré, puisque le commandement allemand a pour ordre de boucher l’estuaire, et décidait pour cela de couler 200 navires dans la Garonne. Celle-ci est restée impraticable jusqu’en 1949. Mais le 22 août, il va se passer quelque chose d’extraordinaire: l’explosion du bunker de la rue Raze à Bacalan, qui contenait tout le stock d’explosifs des Allemands! Cet acte est signé d’un soldat allemand qui refuse d’obéir à l’ordre de détruire le port. A la fin de la guerre, cet Allemand, Heinz Stahlschmidt, devenu Henri Salmide, a été naturalisé français. Il est resté très longtemps sur Bordeaux comme pompier au port autonome, et il est décédé en 2009. C’est un héros.

Comment ont réagi les Allemands à l’explosion de leur stock d’explosifs?

Ils n’étaient plus en capacité de mettre à exécution leur plan de destruction, et comme ils pensaient que c’était l’œuvre de la Résistance, cela compliquait leur stratégie de retraite. La négociation s’est poursuivie entre le 24 et le 26 août, avec le commandement des FFI qui menaçait d’une effusion de sang si les Allemands touchaient à Bordeaux. Finalement, ils ont quitté la ville le 27 août sans mettre à exécution leur plan, et Bordeaux a été libérée le 28 août.

Exposition jusqu’au 31 mai 2015, place Jean-Moulin. http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr

commémoration 8 mai 1945 :La libération de Bordeaux, Le Front du Médoc Une brigade F.F.I au combat

commémoration 8 mai 1945 :La libération de Bordeaux, Le Front du Médoc Une brigade F.F.I au combat

« Ce qui a été fait a été très bien fait, très bien préparé. Je tiens à vous exprimer ma satisfaction. Sans parler du dégagement du port de Bordeaux, les maquisards ont prouvé leur valeur: c’est donc un grand jour. » Général de Gaulle 22 avril 1945

Au soir du 25 août 1944, la brigade Carnot arrive à Bordeaux.

A Bordeaux, le colonel Adeline, commandant les troupes de la Région B, par ordre n°12, monte une opération dont il confie le commandement au colonel de Milleret (Carnot). Il s’agit de bloquer l’ennemi dans la partie Nord du Médoc; des moyens supplémentaires lui sont accordés.

Commence alors la campagne du Front du Médoc.

Henri Lacladère, lieutenant résistant d’abord à Damas(Syrie) dès 1930 sous les ordres du général de Gaulle
Et à Bordeaux 1944 sous les ordres du Général de Gaulle, front du Médoc FFI brigade Carnot, France libre.

Le 28 août 1944, la liesse populaire envahissait les rues de Bordeaux enfin libérée après quatre longues années d’occupation. 

A l’occasion du 70e anniversaire de la Libération de Bordeaux, le Centre Jean Moulin relate ces événements à travers plus de 400 documents, photographies et objets. L’exposition met aussi à l’honneur tous ceux qui, par leur courage, leur abnégation et leur refus, ont su reconquérir cette liberté volée et sauver Bordeaux d’une destruction programmée.

Exposition « La Libération de Bordeaux » au musée d’Aquitaine

http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr/fr/evenement/exposition-la-liberation-de-bordeaux