Platon, La Cité idéale, cit., livres I-III, p 414

Extrait des trois classes d’hommes

Vous qui faites partie de la cité, vous êtes frères, leur dirai-je, continuant cette fiction ; mais le dieu qui vous a formés a mêlé de l’or dans la composition de ceux d’entre vous qui sont capables de commander ; aussi sont-ils les plus précieux ; il a mêlé de l’argent dans la composition des gardiens ; du fer et de l’airain dans celle des laboureurs et des autres artisans. Comme vous sortez tous de la même souche, vous aurez pour l’ordinaire des enfants qui vous ressembleront ; mais il peut se faire que l’or naisse un rejeton d’argent, et de l’argent un rejeton d’or, et que les mêmes variations se produisent entre les autres métaux. Aussi le dieu enjoint-il aux magistrats tout d’abord et avant tout de surveiller les enfants, et de prêter l’attention la plus curieuse au métal qui entre dans la composition de leur âme ; et si leurs propres enfants ont quelque mélange d’airain ou de fer, d’être sans pitié pour eux, et de rendre à leur nature la justice qui lui est due, en les reléguant parmi les artisans et les laboureurs ; si de leur côté ces derniers ont des fils qui laissent voir de l’or ou de l’argent, de reconnaître leur valeur et de les élever au rang soit de gardiens, soit de guerriers, parce qu’il y a un oracle qui dit que l’État périra, lorsqu’il sera gardé par le fer ou l’airain.