Alexis Tsipras sur le point de démissionner?

Source:http://www.bilan.ch/economie-plus-de-redaction/alexis-tsipras-point-de-demissionner

Et si Alexis Tsipras présentait sa démission dans les heures à venir? Alors que le premier ministre a perdu le soutien de l’aile gauche de son parti Syriza, opposée à l’austérité et aux nouveaux efforts demandés au pays par l’accord intervenu avec les partenaires européens, les rumeurs de démission du chef du gouvernement grec ressurgissent ces dernières heures.

«Tout cela pourrait être une posture tactique pour réaffirmer sa position par rapport à son parti», avertit Emmanuel Tzanos, un analyste financier grec établi à Genève. Il cite cependant des sites grecs, notamment iefimerida, qui affirment que le premier ministre serait sur le point d’annoncer sa démission en tant que chef du gouvernement. Au-delà de l’annonce d’une discussion sur des élections anticipées – il est question du 20 septembre -, cette démission s’inscrirait logiquement dans la nécessité de retrouver une majorité, menacée par la scission de fait dans les rangs de son parti.

L’activité de Taiped mise en cause

Evangelos Goutos, un promoteur immobilier de Porto Heli, va dans le même sens et cite une source proche du gouvernement. Il met aussi l’éventuelle démission de Tsipras en relation avec les contraintes du nouveau plan d’aide à la Grèce: «désormais, c’est le droit européen qui est applicable». Or, Goutos a introduit une action en justice contre la vente par Taiped, le Fonds de développement des actifs grecs, du site de Hellinikon, l’ancien aéroport d’Athènes, qui s’étend sur 6,2 km carrés et a été vendu à un consortium international pour un peu plus de 900 millions d’euros. 

Ce prix, estime Goutos, est dérisoire par rapport à la valeur réelle du site et la même observation s’applique aux quelque 77’000 actifs détenus par Taiped. Selon le promoteur de Porto Heli, la mise en cause de l’activité de Taiped fait pression sur le gouvernement et contribue à le pousser à démissionner pour retrouver une légitimité dans les urnes. «L’applicabilité de la loi de l’UE oblige le procureur à enquêter sur les conditions d’une décision, celle de vendre Hellinikon à vil prix, qui implique certains milieux proches du gouvernement, et c’est une bonne nouvelle pour la Grèce». Emmanuel Tzanos lui fait écho, estimant que le plan européen ouvre la voie à une évaluation correcte des actifs grecs.

«Ces spéculations sont récurrentes en Grèce et se réveillent à chaque fois qu’Alexis Tsipras évoque la tenue d’élections, estime pour sa part le politologue Dusan Sidjanski, observateur attentif de la politique grecque. En effet, s’il convoquait des élections, cela suppose en principe sa démission préalable; ce modus operandi en politique donne lieu à des rumeurs de démission régulières».

La Grèce sollicite directement la directrice du FMI Christine Lagarde

En demandant officiellement l’aide du FMI, la Grèce a coché une nouvelle case sur la liste dressée par ses créanciers, au moment même où les préparatifs d’un nouveau sauvetage du pays semblaient patiner. 
Se pliant à une demande formulée le 13 juillet lors d’un sommet sous haute tension par les autres Etats de la zone euro, le ministre des Finances Euclide Tsakalotos écrit: « Nous voulons vous informer que nous demandons un nouveau crédit du Fonds monétaire international », dans une lettre publiée vendredi. Le Fonds a confirmé vendredi dans un communiqué avoir reçu cette nouvelle demande et indiqué qu’il allait à présent discuter avec Athènes et ses partenaires européens « du calendrier et des modalités » des futures discussions sur le plan d’aide.

Le gouvernement grec, dominé par le parti de gauche radicale Syriza, souhaitait au départ se passer de tout nouveau plan d’aide du FMI, considéré comme un trop fervent partisan de la rigueur. Mais Athènes avait dû faire marche arrière face à l’Allemagne notamment, qui tenait à ce que l’institution de Washington, impliquée depuis 2010 dans les deux sauvetages successifs de la Grèce, reste à bord.

ATHÈNES FAIT MARCHE ARRIÈRE

Le Fonds et le gouvernement grec sont en revanche d’accord pour réclamer un allègement de la dette de la Grèce, que l’office statistique européen Eurostat vient d’évaluer à un montant représentant environ 170% du Produit intérieur brut.

Formellement, l’aide du Fonds à la Grèce court encore jusqu’au printemps 2016, et une nouvelle demande n’était pas nécessaire.

Le courrier de M. Tsakalotos à Christine Lagarde, qui commence par « Chère directrice générale du FMI », apparaît donc surtout comme un geste de bonne volonté politique.

La lettre est publiée alors que le processus de négociation d’un troisième plan d’aide faisant intervenir le FMI, les Etats de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE) semblait patiner vendredi.

« CHÈRE DIRECTRICE GÉNÉRALE DU FMI »

Alors qu’Athènes a déjà validé plusieurs étapes, notamment deux votes sur des réformes qui ont coûté une partie de sa majorité parlementaire au Premier ministre Alexis Tsipras, le flou subsistait sur l’arrivée dans le pays de hauts fonctionnaires de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI.

L’équipe chargée d’évaluer l’économie grecque et les réformes, qui n’avait plus mis les pieds depuis près d’un an en Grèce en raison d’une hostilité grandissante envers cette « troïka », est attendue « dans les prochains jours ».

Une source ministérielle grecque avait d’abord annoncé son arrivée vendredi.

D’autres sources proches du dossier ont elles évoqué des problèmes « logistiques » autour de la venue de ce groupe désormais pudiquement appelé « les institutions ». Son retour sera un symbole lourd de sens dans un pays qui a massivement rejeté l’austérité par référendum le 5 juillet.

CALENDRIER SERRÉ 

« On discute encore du lieu car il faut trouver un endroit accessible, près des ministères », a souligné l’une des sources.

L’enjeu de ce nouveau cycle de réunions est la finalisation, d’ici au 20 août au plus tard, du troisième plan d’aide dont le principe a été accepté dans la douleur le 13 juillet.

La Grèce, dont les caisses sont vides, doit rembourser plus de trois milliards d’euros à la BCE le 20 août, puis 1,5 milliard au FMI en septembre.

Le calendrier est extrêmement serré. Il faut en moins d’un mois définir des actions prioritaires à mettre en oeuvre, décider du calendrier de versement et trouver un accord sur la trajectoire budgétaire de la Grèce, retombée en récession au premier trimestre, selon une source proche des discussions.

STABILISER LES BANQUES 

Au cours de ce processus, le montant exact du plan d’aide, évalué pour l’instant à 82 à 86 milliards d’euros, pourrait être révisé.
Une partie de cette somme doit servir à recapitaliser les banques grecques, qui ont rouvert lundi après trois semaines de fermeture, mais dans un cadre très contraint.

La Grèce a en effet interdit les sorties de capitaux, sauf paiement de factures et quelques urgences. Le pays limite aussi les retraits au distributeur pour protéger des établissements fragilisés par une fuite massive de dépôts, ainsi que par l’accumulation de prêts non remboursés.

« Une première injection de capital » dans les banques grecques « serait souhaitable pour stabiliser le secteur » dès la mi-août, a estimé le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, également l’un des dirigeants de la BCE, dans un entretien au journal Le Monde paru vendredi.

Source: Challenges, du 25 juillet 2015: http://www.challenges.fr/europe/20150725.CHA8144/la-grece-sollicite-officiellement-l-aide-du-fmi.html

Grèce/Allemagne: résumé d’un sujet sur les trois sujets difficiles

résumé d’un sujet sur les trois sujets difficiles du compromis Grèce/ Allemagne

au sujet des privatisations

l’Allemagne exigeait que tous les revenus des privatisations soient orientées directement et automatiquement vers le remboursement de la dette avec la création d’un institut pour la croissance basé au Luxembourg pour contrôler et gérer.

Elle n’a pas obtenu l’accord.

Finalement, un quart des fonds serviront à l’investissement et l’institut de contrôle et de gestion demeurera à Athènes.

Qu’est-ce que le FMI fait dans cette galère grecque? par Jacques Attali

Jacques Attali: Professeur, écrivain, conseiller d’Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République François Mitterrand de 1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres de 1991 à 1993

La situation grecque, plus ubuesque chaque jour, par toutes ses dimensions, l’est devenue plus particulièrement depuis un an, par le rôle saugrenu et très négatif qu’y joue le Fonds Monétaire International.
Un observateur débarqué de la planète Mars cette semaine se demanderait avec stupéfaction comment les Européens ont-ils pu laisser trois économistes non européens, nommés on ne sait par qui, dépendant d’une institution à dominante américaine , décider du sort de l’euro !?!
Car telle est bien la situation : depuis que, en 2010, on a laissé le FMI participer aux négociations de la dette grecque, sous prétexte qu’ils étaient un de ses créanciers, et surtout depuis qu’on s’est résigné à penser qu’ils pouvaient mieux que la Commission faire des prévisions économiques crédibles, la discussion sur la présence grecque dans la zone Euro a glissé peu à peu dans une dérive hallucinante :
D’abord, les dirigeants politiques de l’Eurogroupe ont laissé le FMI se glisser parmi les négociateurs, jusque-là uniquement venus de la Commission et de la Banque Centrale européenne, de l’ensemble de la dette grecque.
Ensuite, les mêmes dirigeants européens, au lieu d’assumer leurs responsabilités politiques, ont affirmé haut et fort qu’ils n’accepteraient aucun compromis qui ne serait négocié d’abord avec les trois institutions, formant ce qu’on nomma triomphalement « la troïka ». Au point même de refuser de parler avec les Grecs de sujets n’ayant pas l’aval de la troïka !
Ensuite encore, (même si le nouveau gouvernement grec a obtenu, dérisoire victoire, que la troïka change de nom pour devenir « les institutions ») , les dirigeants de celles-ci se sont eux-mêmes défaussés de leurs responsabilité politique au profit de leurs experts, que personne n’ose plus déjuger et qui s’en donne à cœur joie, jugeant à leur guise, une situation grecque qui ne ressemble à aucun des modèles qu’ils ont étudié, dans les bonnes universités américaines ou japonaises.
Enfin, quand les experts européens ont fini par comprendre que ce n’est pas en détruisant les ultimes moyens de la croissance grecque qu’on réduirait leur dette , les soi-disant experts du FMI, ivres de leur pouvoir, ont continué à prétendre imposer des économies suicidaires à ce pays, sans voir qu’il ne pourra jamais rembourser une dette qu’il est urgent d’annuler officiellement. Soutenus en cela très largement par la majorité des actionnaires, asiatiques, africains et américains, de cette noble institution, qui n’ont rien à gagner à la voir être indulgente avec un pays européens
La seule chose qu’on aurait pu espérer du FMI, dans cette débâcle, c’est que les Américains, dont il dépend plus que de personne, trouvent le moyen de leur expliquer l’importance géostratégique majeure de la stabilité grecque, et donc de son maintien dans la zone euro. Mais non, les Américains n’ont pas pu, ou pas voulu, faire plus que d’appeler les Grecs tous les jours pour leur demander de céder au diktat du FMI.
Au total, qu’elles soient les très grandes qualités de sa directrice générale, dont la réélection serait bienvenue du point de vue français, le FMI s’est trouvé mêlé, et s‘y trouve encore, dans une bataille où il n’a rien à faire. Et qui pourrait servir de détonateur à une nouvelle crise planétaire.
A un moment où les Asiatiques remettent en cause l’existence même des institutions de Bretton Woods, parce qu’on ne leur y fait pas leur juste place, il serait temps pour les Européens de s’interroger sur la pérennité d’une institution qui sera, si les circonstances tournent au pire, le vrai responsable du drame qui suivrait un défaut grec.
La solution, pourtant, est simple, et les Européens l’auraient sans doute appliqué depuis longtemps sans le terrorisme intellectuel des soit disant experts du FMI : un plan d’économies raisonnable, socialement juste, sans aide nouvelle, mais accompagnée d’une réduction de la dette grecque au-dessous de 100% du PIB, par annulation d’une part importante des dettes publiques, bilatérales et multilatérales, dont chacun sait qu’elles ne pourront pas être remboursées, mais qu’on continue à réclamer, pour sauver la face. Et pour cela, créer d’urgence un véritable Fonds Monétaire Européen, amorce d’un Trésor, et d’un ministère des Finances de l’eurozone.
Européens, réglez entre vous vos problèmes. Ne comptez que sur vos propres forces. Ne cédez à aucune pression ou mode de pensée venue de l’autre côté de l’Atlantique, ou du Pacifique. Donnez-vous un projet, et agissez.
Il n’est que trop temps de le faire.

source:http://www.attali.com/actualite/blog/finance/qu%E2%80%99est-ce-que-le-fmi-fait-dans-cette-galere-grecque

El BCE decide hoy si sigue insuflando aire al sistema financiero griego

El Banco Central Europeo se reúne este domingo para decidir si sigue inyectando liquidez a los bancos griegos, pese a la ruptura de las negociaciones entre el Gobierno de Alexis Tsipras y los socios del euro por la convocatoria de un referéndum en Grecia sobre el rescate europeo. El primer ministro francés, Manuel Valls, duda de que el BCE vaya a retirar el oxígeno al sistema financiero griego, lo que sería un desastre para el país. El BCE « no puede cortar el suministro » a los griegos, ha dicho Valls, que advierte que hay un riesgo real de que Grecia salga del euro si el ‘no’ gana en el referéndum.

No se muestra tan optimista como Valls una fuente « bien situada » del BCE citada por la cadena británica BBC, que asegura que el regulador pondrá fin a las líneas de asistencia a los bancos griegos. « Creemos que el Gobierno griego no tendrá más remedio que anunciar día festivo para los bancos mañana lunes mientras introducen controles de capital », que en este caso suponen restricciones sobre la cantidad de efectivo que los griegos podrían retirar de sus bancos, según dicha fuente.

A juicio de Valls, el regulador europeo no debería cortar el flujo al sistema bancario heleno incluso teniendo en cuenta que el rescate del que ahora depende la economía griega expira el martes o incluso aunque Grecia no cumpla el próximo 30 de junio el pago de los 1.500 millones que tiene que pagar al FMI. « El BCE es independiente, pero no dudo de que asumirá sus responsabilidades », ha dicho Valls a la emisora Europe 1. « No creo que le corte el suministro, por decirlo de otro modo ». También ha advertido a los griegos contra un posible ‘no’ en el referéndum convocado por Tsipras para el domingo que viene. « El pueblo griego debe poder decidir con lucidez. Si hay un voto negativo, hay riesgo real de salir de la eurozona ». Finalmente, ha llamado al Gobierno griego a « regresar a la mesa de negociaciones ».

Las declaraciones de Valls llegan apenas horas antes de que se reúnan los gobernadores del Banco Central Europeo para decidir si mantienen las líneas de liquidez a los bancos griegos que les permiten seguir operando después de las retiradas masivas de fondos y de depósitos de los últimos días. Si el BCE retirase su apoyo al sistema, no tardaría en caer. Este mismo lunes, al abrir, los bancos se encontrarían con masivas colas de gente intentando retirar su dinero, lo que les dejaría sin fondos y obligaría a un corralito financiero -límites a la cantidad de dinero que los ciudadanos pueden sacar de los bancos-. Ya ayer, ante el temor al corralito, miles de griegos hicieron cola para sacar dinero de los cajeros, agotando el efectivo en muchos de ellos.

Además, sin la financiación del BCE, las cajas de los bancos se quedarán vacías, con lo que se cortará la financiación de toda la economía, incluyendo la del Estado griego, al que solo prestan dinero los bancos helenos, ya que nadie más quiere hacerlo. Si el estado no tiene dinero, no podrá pagar a los funcionarios ni las pensiones, con las dramáticas consecuencias que esto puede tener en un país en el que la pobreza ya ha hecho estragos tras varios años de brutal crisis económica.

Source:http://internacional.elpais.com/internacional/2015/06/28/actualidad/1435483721_645607.html

Grèce: quand Varoufakis évoque le devoir de trouver un accord

Le ministre des Finances grec s’est toutefois interrogé sur la volonté réelle des créanciers (UE, BCE, FMI) de trouver un accord. 
Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a considéré vendredi 26 juin au soir que la Grèce et ses créanciers avaient « le devoir » de trouver un accord à l’Eurogroupe de samedi à Bruxelles. « Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas d’accord demain à l’Eurogroupe, nous avons le devoir de trouver une solution », a déclaré Yanis Varoufakis dans une interview à la chaîne de télévision Ant1, tout en donnant des justifications au refus grec de la proposition des créanciers dans l’après-midi.

Il a remarqué notamment que la suggestion de ces derniers, comprenant le versement de 12 milliards d’euros d’aide en quatre fois d’ici à fin novembre, « engagerait la Grèce pour encore 4 ou 5 mois à des négociations quotidiennes. Ca veut dire que tout le monde, les entrepreneurs, les consommateurs devraient encore attendre novembre-décembre ». Or l’économie grecque a déjà été très affaiblie par l’incertitude qui pèse sur l’avenir financier du pays depuis cinq mois que le gouvernement Syriza négocie avec ses créanciers, UE, BCE et FMI.

DANS LE SENS INVERSE

« Pourquoi laisser la grande question du financement à la dernière minute? », a-t-il déploré. Il s’est interrogé sur la volonté réelle des créanciers de trouver un accord. « Ces derniers jours et semaines, le gouvernement grec a fait sans cesse des concessions. Malheureusement, à chaque fois que nous arrivons presque aux trois quarts ou aux quatre cinquièmes du chemin, les institutions vont dans le sens inverse », a-t-il accusé. « Ils durcissent leurs positions et demandent des choses que seulement quelqu’un qui ne veut pas d’accord peut demander », a-t-il estimé.

Cette interview a été diffusée alors que Yanis Varoufakis participait à un conseil des ministres autour du Premier ministre Alexis Tsipras, qui se prolongeait vers 21H30 GMT. A son arrivée, le ministre de la Santé Panagiotis Kouroublis a estimé également qu’il y aurait un accord.

Un Eurogroupe considéré comme celui de la dernière chance réunira samedi après-midi les ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. Un accord doit y être absolument trouvé pour que la Grèce soit en mesure de rembourser au FMI le 30 juin une échéance de 1,5 milliard d’euros et ainsi éviter un défaut de paiement.

Source:challenges 

Grèce: à quel calendrier se fier?

Encore une rencontre pour rien? Alors que la journée s’annonçait plutôt ensoleillée sur Riga, la réunion mensuelle des ministres des Finances, qui se tient aujourd’hui dans la capitale lettone pour discuter du dossier grec, se déroulait dans un climat pesant.

24 avril: stérile?

Dès son arrivée, le vice-président de la Commission en charge de l’Euro, Valdis Dombrovskis, a plombé l’ambiance: « Les progrès dans les négociations techniques ne sont pas suffisants pour parvenir à un accord durant cet Eurogroupe. » Autrement dit, les chances que la Grèce et ses créanciers s’entendent sur de nouvelles mesures économiques que doit présenter Athènes pour obtenir une aide financière complémentaire de 7,2 milliards d’euros étaient… epsilonesques.

11 mai: inutile?

Ce qui fera monter d’un cran la pression avant la prochaine réunion de l’Eurogroupe prévue le 11 mai… où les possibilités de parvenir à un deal restent des plus minces.

En réalité, la vraie date butoir des négociations coïncide avec la fin du 2ème plan d’aide à la Grèce: le 30 juin.D’ici là, les parties devraient camper sur leurs positions. Avec, d’un côté, la stratégie « très périlleuse de l’étranglement et des ultimatums adressés pas ses créanciers à la Grèce », dénoncée par le Nobel d’économie Joseph Stiglitz. De l’autre, la tactique de la dramatisation adoptée par le gouvernement grec qui laisse croire que le pays serait au bord du défaut de paiement. « En fait Athènes devrait avoir de quoi tenir financièrement jusqu’au 30 juin », estime Thomas Grejbine, économiste au Cepii.

… Accord?

A partir de cette date clé, plusieurs issues sont envisageables. Première possibilité: après des discussions très dures, les parties parviennent à un accord et Athènes reçoit ses 7,2 milliards d’euros. « Un calendrier de négociations serait alors envisagé pour un 3ème plan d’aide ou un schéma de restructuration de la dette hellénique », envisage Thibaut Mercier.

… Pas d’accord?

Deuxième issue: les discussions achoppent toujours sur les points clés. Autrement dit, le gouvernement grec  maintient son projet de relever le salaire minimum en 2 fois cette année, s’arc-boute sur son projet de privatisations ultra restrictif et exclut toute augmentation de TVA ou nouvelle baisse des pensions. Du coup, Athènes ne reçoit pas ses 7,2 milliards.

La Grèce se retrouve alors dans l’incapacité de régler les 3,2 milliards d’euros qu’elle doit rembourser à la Banque centrale Européenne (BCE) dès le 20 juillet. Le pays fait défaut sur sa dette et le risque de sa sortie de l’euro –le Grexit– devient inéluctable avec un scénario de panique sur les marchés financiers et un effet de domino prévisible sur les pays les plus fragiles de la zone comme l’Italie et le Portugal.

… OK « à l’irlandaise »?

« Mais comme les 2 parties voudront éviter de prendre ce risque, parie Thomas Grejbine, une autre option pourrait alors être envisagée. » A savoir un vrai-faux défaut « à l’irlandaise ». Le 3 février 2013, le gouvernement irlandais avait en effet réussi à effacer une ardoise de 30 milliards d’euros vis-à-vis de la BCE après –il est vrai– un hold-up comptable et législatif mené en une nuit.

Les dirigeants irlandais avaient ensuite mis Mario Draghi devant le fait accompli en lui proposant de substituer une nouvelle dette à des conditions plus avantageuses. Bien qu’en totale violation des traités européens ce deal fut accepté par la BCE. L’Irlande avait ainsi pu restructurer une dette vis-à-vis de la banque centrale, échappant au défaut de paiement formel.

… Un Grexit?

Afin d’éviter un parallèle de la situation grecque avec le deal irlandais, les dirigeants de la BCE ont argué que, à l’époque, les mécanismes européens d’aides aux pays en difficulté n’existaient pas.

Bien sûr, le schéma irlandais, encore hypothétique, semblerait préférable à celui du Grexit, qui selon les mots de Mario Draghi relève de l’aventure dans des « eaux inconnues ».           

Jean-Pierre de La Rocque pour ChallengeSoir

Grèce : « Qui paye ses dettes s’enrichit » par Nathalie Lacladère

Nathalie LacladèreEcrit par Nathalie Lacladère, toute reproduction( ou bien plagiat) de ce billet est interdite sans le consentement de son auteur Nathalie Lacladère. Merci.

Depuis 2010 la Grèce possède une dérogation par le biais de la BCE qui lui donne la possibilité de procéder à des opérations de refinancement de ses banques.

Sous condition de plans de refinancement très strict, la BCE tolère des titres de dettes de l’Etat grec médiocrement notés (inférieurs à BBB-) ce qui permet aux banques de se financer en « cash » en échange de leur titre.

Mercredi 4 février 2015, la BCE a annulé la dérogation.

Voici l’état de la situation actuelle :

dettes publiques par pays

Nous pouvons observer que la Lituanie nouvellement entrante de la zone euro permet de sauver la situation et tire la moyenne de la zone euro vers l’espérance. Merci la Lituanie !

Bon plus sérieusement, nous pouvons observer que les politiques d’austérité n’ont pas correctement fonctionné. Non seulement, elles n’ont pas fait diminuer la dette publique grecque comme souhaité mais aussi elles n’ont pas résolu la situation.

En effet, en 2012 nous observons une baisse soit 156,9 contre 171,3 en 2011 puis en 2013 nous observons une hausse importante soit 174,6 qui repositionne la dette un peu au-dessus de son état en 2011 malgré le succès de recapitalisation par dérogation d’une des principales banques grecques en 2013.

Alors quelles solutions le gouvernement grec détient-il pour se sortir de cette situation sans la dérogation de la BCE ?

Ma proposition, ébauche d’une solution : « Aide-toi et le ciel t’aidera »

Premièrement : N’acceptez pas de prêt venant d’un autre pays car dicton « qui paye ses dettes s’enrichit »

Deuxièmement : Achetez des titres de dette d’Etat les meilleurs sur le marché et revendez les, cela permettra de diluer et de transformer une partie de la dette

Troisièmement : Créez une banque Nationale unique en nationalisant et regroupant 3 banques grecques :

-Alpha Bank(fondée en 1879)

-National Bank of Greece(fondée en 1841)

-IT Hellenic Post Bank (fondée en 1900)

Cette création permettra de:

  • Mutualiser une partie de la dette
  • Créer une banque de dépôt
  • Créer une banque commerciale séparée
  • Créer un marché financier plus liquide

Ainsi « Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails ». Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry.

Tarifs et évaluations par Paul Krugman traduction française par Nathalie Lacladère

écrit le 6 février 2015 par Paul Krugman,

traduction française par Nathalie Lacladère

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La grande histoire dans les marchés obligataires de ces jours est l’émergence de taux d’intérêt négatifs pour un certain nombre de souverains, ce qui est assez étonnant. Mais  il existe une autre histoire qui ne doit pas être négligée : les coûts d’emprunt pour les débiteurs prétendument risqués ne sont pas cités, ils ont fait plonger la Grèce en dessous de ceux des emprunteurs supposés sûrs.

Voici la vue ce matin :

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Il existe un mythe persistant à l’effet que les faibles coûts d’emprunt sont une récompense pour l’austérité ; vous l’entendez constamment de l’actuel gouvernement du Royaume-Uni.

Mais l’Espagne, avec sa notation BBB, a maintenant un taux à 10 ans inférieur à celui du Royaume-Uni, avec sa note AAA. Même l’Italie, avec son BBB, est maintenant sur un pied d’égalité avec la Grande-Bretagne.

Oh, et est-ce incroyable de voir comment les gens continuent à parler d’une crise de la dette française avec un taux à 10 ans de 0,58%, est-ce vrai, 0,58% ?

Paul Krugman, traduction française Nathalie Lacladère.

source:http://krugman.blogs.nytimes.com/2015/02/06/rates-and-ratings/

Grèce: l’appartenance à la zone euro est « irrévocable »

Par Bilan, la référence suisse en économie

L’appartenance d’un pays à la zone euro est « irrévocable », a rappelé lundi une porte-parole de la Commission européenne, en réponse à une question sur une possible sortie de la Grèce de la monnaie unique.

« L’appartenance à l’euro est irrévocable », a dit Annika Breidthardt au cours d’un point de presse, rappelant que cette règle était inscrite dans le Traité de Lisbonne, « article 140, paragraphe 3 ».

Quant à savoir si une telle option est faisable, « nous n’allons pas entrer dans des spéculations et des scénarios qui risquent d’être interprétés dans un contexte qui ne se pose pas », a renchéri un autre porte-parole, Margaritis Schinas.

La Commission était interrogée à la suite d’informations parues samedi dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, selon lesquelles le gouvernement allemand juge inévitable une sortie de la Grèce de l’euro si le parti de la Gauche radicale Syriza remporte les législatives grecques du 25 janvier.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, avait appelé le 29 décembre les électeurs grecs à soutenir les réformes « favorables à la croissance » lors des législatives anticipées du 25 janvier, des réformes qu’il jugeait « essentielles pour que la Grèce prospère à nouveau au sein de la zone euro ».

« Les Grecs sont libres de décider souverainement de leurs gouvernants », a déclaré lundi le président français François Hollande. « Quant à la zone euro, c’est à la Grèce seule d’en décider », avait-il ajouté.

Source: http://www.bilan.ch/economie/lappartenance-zone-euro-irrevocable