Good by, Ralph Waldo Emerson

Good-by, proud world, I’m going home,
Thou’rt not my friend, and I’m not thine;
Long through thy weary crowds I roam;
A river-ark on the ocean brine,
Long I’ve been tossed like the driven foam,
But now, proud world, I’m going home.

Good-by to Flattery’s fawning face,
To Grandeur, with his wise grimace,
To upstart Wealth’s averted eye,
To supple Office low and high,
To crowded halls, to court, and street,
To frozen hearts, and hasting feet,
To those who go, and those who come,
Good-by, proud world, I’m going home.

I’m going to my own hearth-stone
Bosomed in yon green hills, alone,
A secret nook in a pleasant land,
Whose groves the frolic fairies planned;
Where arches green the livelong day
Echo the blackbird’s roundelay,
And vulgar feet have never trod
A spot that is sacred to thought and God.

Oh, when I am safe in my sylvan home,
I tread on the pride of Greece and Rome;
And when I am stretched beneath the pines
Where the evening star so holy shines,
I laugh at the lore and the pride of man,
At the sophist schools, and the learned clan;
For what are they all in their high conceit,
When man in the bush with God may meet.

Dons et présents par Ralph Waldo Emerson

Ralph Waldo Emerson est le poète, philosophe américain de l’optimisme du XIXè siècle.

Extrait de dons et présents par Ralph Waldo Emerson

Les présents de celui qui m’aimait, je les ai reçus en leur temps; C’eût été honte qu’ils ne prennent fin, Lorsqu’il cessa de m’aimer.

Le monde a soi-disant fait faillite; le monde, soi-disant, doit plus au monde que ce dernier ne peut payer, et devrait être poursuivi en justice et vendu. Je ne crois pas que cette insolvabilité générale, qui implique en quelque sorte toute la population, soit, à Noël, au jour de l’an et à d’autres époques, la raison de la difficulté que l’on éprouve à faire des cadeaux, puisqu’il est toujours agréable d’être généreux, bien qu’il soit vexant de payer ses dettes. Mais la difficulté réside dans le choix. Si à un moment quelconque il me vient à l’idée que je dois offrir un cadeau à quelqu’un, je suis embarrassé pour choisir, jusqu’à ce que finalement je laisse passer le moment opportun pour offrir. Comme cadeaux, les fleurs et les fruits sont toujours appropriés; les fleurs , parce qu’elles affirment fièrement qu’un rayon de beauté surpasse en valeur tous les objets utiles que l’on peut trouver. Ces éléments enjoués de la nature tranchent sur l’aspect quelque peu austère qu’elle a d’ordinaire; c’est comme une musique provenant d’un atelier.

La nature ne nous gâte pas; elle nous considère comme ses enfants, non comme ses favoris; elle n’est pas aimante; tout nous est distribué sans crainte ni faveur, selon la sévérité des lois naturelles. Cependant ces fleurs délicates évoquent l’intervention joyeuse de l’amour et de la beauté. Les hommes ont coutume de dire que nous aimons la flatterie bien que nous ne nous y laissions pas prendre, car elle montre que nous sommes suffisamment importants pour être courtisés. C’est un peu ce genre de plaisir que nous donnent les fleurs: « Qui suis-je, moi à qui l’on adresse ces douce allusions? » les fruits sont des présents acceptables, car ils sont la fine fleur de nos produits et témoignent du prix exceptionnel qu’on leur attache.

La confiance en soi par Ralph Waldo Emerson

Ralph Waldo Emerson est un philosophe et poète américain du début du XIXè siècle.

Ne te quaesiveris extra.

L’homme est sa propre étoile; et l’âme, qui peut le rendre honnête et parfait, commande toute lumière, toute influence, toute destinée; Rien ne lui échoit trop tôt ou trop tard. Nos actes sont nos anges, bons ou mauvais, Ombres du destin, marchant à nos côtés (Beaumont et Fletcher).

Dernièrement, je lisais quelques vers d’un peintre éminent, vers pleins d’originalité et sans rien de conventionnel. Par de tels vers, l’âme entend toujours une sorte d’avertissement, quel que soit le sujet traité. Le sentiment qu’ils inspirent a plus de valeur que la pensée, qu’elle qu’elle soit, qu’ils peuvent renfermer. Croire en votre propre pensée, croire que ce qui est vrai pour vous au plus secret de votre cœur est vrai pour tous les hommes, là est le génie. Exprimez votre conviction profonde, et son sens en deviendra universel; car le moment venu, ce qui est le plus secret devient le plus répandu et notre pensée première nous est renvoyée par les trompettes du Jugement dernier. La voix de l’esprit étant si familière à chacun, le plus grand mérite que nous reconnaissions à Moïse, Platon et Dante est de n’avoir fait aucun cas des livres et des traditions et d’avoir dit non pas ce que pensaient les hommes, mais ce qu’eux-mêmes pensaient. L’homme devrait apprendre à détecter et à observer cette lueur qui, de l’intérieur, traverse son esprit comme un éclair, plus qu’il ne prête attention à l’éclat qui brille au firmament des bardes et des sages.

L’Esprit par Ralph Waldo Emerson

Ralph Waldo Emerson est un philosophe et poète américain du début du XIXè siècle

Il est essentiel pour une théorie véritable de la nature et de l’homme, de contenir des éléments de progrès. Des usages qui sont vidés de leur sens, ou qui risquent de l’être, et des faits qui se bornent à une affirmation, ne peuvent être toute la vérité de cette noble demeure où l’homme est abrité, et où toutes ses facultés trouvent à s’exercer de manière juste et illimitée. Et tous les usages de la nature peuvent se résumer en un seul, qui confère à l’activité humaine un champ infini. A travers tous ces royaumes, jusqu’au voisinage et aux confins des choses, elle est fidèle à la cause d’où elle tire son origine. Elle parle toujours de l’esprit. Elle suggère l’absolu. Elle est, perpétuellement, un effet. C’est une grande ombre indiquant toujours le soleil derrière nous. La Nature a un air de piété. Tout comme l’image de jésus, elle se tient, la tête inclinée et les mains croisées sur la poitrine. L’homme le plus heureux est celui qui apprend de la nature même sa leçon de prière. De cette essence ineffable que nous appelons Esprit, celui qui réfléchit le plus en dira le moins. Nous pouvons pressentir Dieu dans les manifestations grossières et pour ainsi dire distante de la matière; mais lorsque nous essayons de le définir et de le décrire, à la fois le langage et la pensée nous font défaut, et nous sommes aussi impuissants que des sots ou des créatures primitives. Cette essence refuse de se laisser traduire en propositions, mais lorsque l’homme lui a rendu un culte intellectuel, le ministère le plus noble que puisse exercer la nature est de se montrer comme la manifestation visible de Dieu. Elle est l’organe par lequel l’esprit universel parle à l’individu à ce même esprit.