La Chine lance son propre cours de référence pour l’or

La Chine, le plus gros pays consommateur d’or, a lancé mardi un cours de référence du métal jaune (benchmark) libellé en yuans, avec l’ambition de renforcer son influence sur le marché mondial et de mieux maîtriser les évolutions des prix.
Le Shanghai Gold Exchange, opérateur chinois pour les métaux précieux, a dévoilé mardi matin sur son site internet son premier « fixing » de référence quotidien pour l’or à 256,92 yuans par gramme (39,66 dollars, soit environ 1.230 dollars l’once).

Dix-huit acteurs de marché participent à la détermination du nouvel indice de référence shanghaïen, a précisé l’opérateur boursier, pour la plupart des banques étatiques chinoises, mais aussi deux grands groupes aurifères du pays ou encore les banques étrangères ANZ et Standard Chartered.

Ouvert en 2002, le Shanghai Gold Exchange avait déjà lancé en septembre 2014 une place d’échanges « internationaux » ouverte aux institutions financières étrangères, dans le but avoué d’offrir une alternative aux places de New York et de Londres pour les transactions sur l’or.

La demande d’or en Chine continentale représentait 250,6 tonnes au quatrième trimestre 2015, soit plus du quart de la demande mondiale, selon le Conseil mondial de l’or (CMO), ce qui en fait le premier consommateur mondial devant l’Inde.

Le pays reste par ailleurs le principal pays producteur de métal jaune.

Pour autant, la Chine dépend de contrats fixés en dollars –devise de référence sur le marché international des métaux précieux–, subissant donc les fluctuations des devises sur fond de forte dépréciation du yuan depuis l’an dernier.

Le marché mondial reste par ailleurs largement dominé par le « fixing » du London Bullion Market –où l’once d’or a fini lundi soir à 1.234,30 dollars.
En proposant des contrats d’échanges libellés en yuans, Pékin cherche également à renforcer l’usage à l’étranger du renminbi (autre nom de la monnaie chinoise), dont il entend faire une devise internationale de référence.

Source:http://www.bilan.ch/economie/chine-lance-propre-cours-de-reference-lor

Chute de 7%:Fermeture des bourses chinoises

Après une chute de 7%, les Bourses chinoises de Shanghaï et Shenzhen ont interrompu leurs échanges. L’indice CSI300, indiçant les performances des 300 principales entreprises cotées sur les deux Bourses, s’est effondré en déclenchant une suspension anticipée des échanges pour la journée.

Les échanges ont été interrompus une première fois durant 15 minutes, mais cela n’a pas empêché la baisse des cours.

Obama juge les cyber-attaques de la Chine « pas acceptables »

Le président américain Barack Obama a estimé vendredi 11 septembre que les attaques informatiques menées par la Chine n’étaient « pas acceptables » et qu’il le dirait au président chinois Xi Jinping quand il viendra à la Maison Blanche à la fin du mois.Obama a ajouté qu’il essaierait de s’entendre avec son homologue sur des règles de conduite pour empêcher toute escalade en la matière. « Je vous garantis que nous pouvons gagner si nous devons » lancer des attaques informatiques, a-t-il prévenu.

La visite d’Etat du président Xi, dont la date exacte n’a pas encore été annoncée, devrait intervenir autour du 25 septembre, quelques jours avant le début de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Le récent piratage des données personnelles de plusieurs millions d’employés fédéraux américains, attribué à la Chine par plusieurs médias américains, a ravivé un dossier qui empoisonne les relations entre les deux pays.
Un responsable américain avait confirmé fin août que les Etats-Unis préparaient des sanctions économiques visant des personnes morales et physiques chinoises soupçonnées d’être liées à des attaques informatiques visant des cibles américaines.

Washington « répondra selon un programme et un calendrier que nous choisirons », avait expliqué à l’AFP le responsable américain. Il avait ajouté que l’administration était en train de se doter d’une « stratégie complète pour lutter contre des acteurs » impliqués dans le cyber-espionnage.

Lors d’une rencontre fin juin avec de hauts responsables chinois, M. Obama avait évoqué ce dossier épineux, ainsi que celui de la « militarisation » engagée selon Washington par Pékin en mer de Chine méridionale. Il avait alors appelé Pékin « à prendre des mesures concrètes pour faire baisser les tensions ».
Source:http://www.challenges.fr/monde/etats-unis/20150912.CHA9318/obama-juge-les-cyber-attaques-de-la-chine-pas-acceptables.html

La Chine abandonne la limite de prêts bancaires qu’elle s’était imposée, Bilan la référence Suisse de l’économie

La Chine a abandonné samedi l’obligation qu’elle avait imposé aux banques depuis deux décennies de limiter leurs prêts par rapport aux dépôts, a annoncé l’agence Chine nouvelle.

La loi votée en 1975 qui limitait les prêts à 75 % des dépôts a été amendée par le comité permanent du Congrès national du peuple chinois et cette modification rentrera en vigueur le 1er octobre prochain, a annoncé l’agence officielle.

Le Congrès national du peuple chinois assure le pouvoir législatif.

Cet amendement intervient après que la Banque populaire de Chine, banque centrale, ait annoncé mardi dernier qu’elle réduisait ses taux d’intérêt de référence afin de réduire les fonds que les banques doivent conserver. Cette décision a été vue comme une tentative de stimuler les prêts et de soutenir l’économie chinoise en difficulté.

La PBC a également annoncé l’élimination d’un plafond sur les taux d’intérêt pour les dépôts à terme d’une durée de plus d’un an.

Les mesures prises par la Chine pour libéraliser les contrôles de taux d’intérêts sont interprétées comme destinées à ouvrir le pays au système financier.

Seconde économie mondiale, la Chine affronte un fort ralentissement de sa consommation intérieure et les autorités sont sous pression afin de prendre des mesures pour la soutenir.

La bourse de Shanghai a récemment connu des vicissitudes et lourdement chuté entrainant les autres bourses mondiales derrière elle.

Source : http://www.bilan.ch/economie/chine-abandonne-limite-de-prets-bancaires-setait-imposee

La banque centrale chinoise réduit encore ses taux d’intérêt

source:http://www.bilan.ch/economie/banque-centrale-chinoise-reduit-taux-dinteret

CHINE

La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé mardi ses taux d’intérêt, pour la cinquième fois depuis novembre: un nouvel effort pour soutenir une économie à la peine et pour rassurer les investisseurs, sur fond d’effondrement des Bourses locales.

A partir de mercredi, le taux de prêts à un an et le taux des dépôts à un an seront abaissés de 25 points de base et ramenés respectivement à 4,60% et 1,75%, a annoncé l’institution sur son site internet.

Simultanément, la banque centrale va abaisser de 50 points de base les ratios des réserves obligatoires imposés à certains établissements financiers, une mesure censée leur permettre de prêter davantage.

Ces nouveaux assouplissements monétaires étaient largement attendus, alors que la conjoncture ne cesse de s’assombrir dans la deuxième économie mondiale.

Entre autres, les exportations chinoises –un pilier de croissance– ont chuté de plus de 8% en juillet, la production industrielle ralentit fortement, et l’activité manufacturière s’est violemment contractée en août selon un indicateur PMI de référence tombé au plus bas depuis six ans…

« On s’y préparait, mais cette nouvelle baisse des taux arrive plus tôt que prévu », a indiqué à l’AFP Wendy Chen, analyste de Nomura. « C’est une décision sans doute liée aux statistiques moroses, mais aussi à la débandade boursière des derniers jours ».

‘RÉTABLIR LA CONFIANCE’

De fait, la Bourse de Shanghai a dévissé de 7,63% mardi, après avoir perdu 11% la semaine dernière et s’être effondrée lundi de 8,49% -sa plus forte baisse journalière en huit ans- dans un climat d’affolement général.

Elle a perdu plus de 40% depuis mi-juin.

Pire: ces plongeons répétés ont attisé les craintes sur l’essoufflement de l’économie chinoise et plombé les marchés mondiaux, qui ont décroché de concert lundi.

De quoi s’interroger sur l’impuissance de la Chine à stabiliser ses Bourses, en dépit d’interventions répétées des autorités depuis fin juin –notamment via des achats massifs de titres par des organismes publics.

« Le gouvernement s’efforçait de revigorer les Bourses à coups d’achats d’actions » mais « il semble avoir changé de tactique avec ces abaissements simultanés des taux d’intérêt et des ratios de réserves obligatoires », réagissait Mark Williams, du cabinet Capital Economics.

« La décision pourrait effectivement stopper la dégringolade boursière, mais la principale motivation (de la PBOC) reste peut-être surtout de rétablir la confiance perdue dans la situation de l’économie », tempérait-il.

Certes, les autorités ont multiplié les mesures de soutien à l’activité, et la PBOC a elle-même abaissé ses taux d’intérêts par quatre fois entre novembre 2014 et juin 2015 — mais sans grand succès, entretenant un scepticisme croissant sur la politique suivie.

A telle enseigne que, selon des analystes, les liquidités ainsi dégagées ont plus contribué à gonfler la bulle des marchés boursiers qu’à aider l’économie réelle.

L’activité reste terne et les indicateurs décevants se succèdent.

Dans ce contexte, la soudaine dévaluation du yuan il y a deux semaines –largement perçue comme un effort désespéré de Pékin pour doper ses exportations– n’a fait qu’exacerber l’angoisse générale.

-Croissance ‘sous pression’-

« La croissance économique reste sous pression » et ces nouveaux assouplissements « soutiendront le développement durable de l’économie réelle », a affirmé la PBOC mardi dans son communiqué.

Ainsi, « le coût des emprunts va diminuer pour ceux qui souscrivent un prêt bancaire, y compris pour les prêts immobiliers », abondait Mark Williams.

« Cela devrait donner un coup de pouce supplémentaire au marché immobilier chinois (qui amorce un rebond très timide) ainsi qu’aux entreprises d’Etat », très gourmandes en prêts souscrits auprès des banques.

La Chine a enregistré au deuxième trimestre une croissance économique de 7%, conforme à l’objectif annuel que s’est fixé le gouvernement pour 2015.

Ce qui serait tout de même la plus faible performance du géant asiatique depuis un quart de siècle.

Mais de l’avis général, même cet objectif de croissance de 7% pourrait s’avérer difficile à atteindre, à moins de fortes interventions supplémentaires du gouvernement, notamment en termes de relance budgétaire et de dépenses publiques.

Pékin vante volontiers ses efforts de rééquilibrage économique destinés à accorder un rôle accru au marché dans l’allocation des ressources… mais il veut à tout prix éviter un « atterrissage brutal » de sa croissance.

Et la PBOC à elle seule ne pourra pas faire de miracle et « dissiper les dangers liés à une économie chinoise reposant sur un endettement massif » et notamment sur les dettes des gouvernements locaux, avertissaient les experts de la banque ANZ.

{Pour simple Information} Les Brics viennent de créer leur propre banque et fonds de réserves, par Nathalie Lacladère

Petit résumé:

Un ensemble d’accords a été signé entre les 5 pays sur les réserves pour tenter de palier aux problématiques « court-termistes » sur les liquidités.

En image:

Brésil-Russie-Chine-Inde-Afrique du Sud

Précisions, (source Reuters France):

(Actualisé avec la déclaration des Finances brésiliennes)

FORTALEZA, Brésil, 15 juillet (Reuters) – Les chefs d’Etat et de gouvernement des cinq pays du groupe BRICS ont signé mardi un accord créant une nouvelle banque de développement chargé de financer des grands travaux et un fonds de réserve d’urgence communs, a annoncé la présidente brésilienne Dilma Rousseff mardi.

Cette dernière a précisé que la banque serait dotée d’un capital de départ de 100 milliards de dollars (74 milliards d’euros), partagé également entre les pays BRICS, qu’elle serait basée à Shanghaï et que son premier président serait indien.

Ce mandat présidentiel sera de cinq ans et le ministère des Finances brésilien a confirmé que le Brésil assurerait la deuxième présidence de la banque après l’Inde. Suivront la Russie, l’Afrique du Sud et la Chine, a ajouté le ministère.

Les pays BRICS, réunis au Brésil à l’occasion de leur sommet annuel, envisagent également de lancer un fonds de financement d’infrastructure commun doté d’un capital de départ d’une dizaine de milliards de dollars (7,4 milliards d’euros), a déclaré mardi à Reuters une source au fait des discussions.

Le fonds, qui pourrait devenir opérationnel à l’occasion du prochain sommet des BRICS en Russie en 2015, serait dans un premier temps financé par les fonds souveraines du Brésil, de l’Inde, de la Chine, de la Russie et de l’Afrique du Sud.

Il pourrait par la suite s’ouvrir aux fonds souverains de pays tiers, a ajouté la source. (Alonso Soto, Wilfrid Exbrayat pour le service français).

Politique monétaire l’expérience du Brésil, discours d’Armínio Fraga, par Nathalie Lacladère

Politique monétaire et transition vers un taux de change flottant, L’expérience du Brésil

Cet article repose sur le discours prononcé par Arminio Fraga Gouverneur de la Banque centrale du Brésil en août 1999
à la Jackson Hole Conférence organisée par la Banque fédérale de réserve de Kansas City.

La crise qui a éclaté en Asie en 1997 s’est très vite propagée aux autres régions en développement d’où les investisseurs,cédant à la panique, se sont désengagés. Le Gouverneur de la Banque centrale du Brésil rappelle les mesures qui ont été prises pour éviter que ce tarissement soudain des entrées de capitaux privés étrangers n’entraîne un désastre financier.

LA CRISE FINANCIÈRE a frappé,début 1999, une économie brésilienne doublement handicapée par la fragilité de sa situation budgétaire et de sa balance des paiements. Au milieu de 1998, le budget consolidé accusait un déficit primaire, les dépenses publiques (hors paiements d’intérêts) dépassant les recettes. La dette intérieure de l’État, qui atteignait 40 % du PIB, avait été contractée pour l’essentiel à court terme. Le déficit extérieur courant approchait 5% du PIB, alors même que le Brésil sombrait dans la récession.

Comme souvent dans les pays vulnérables, c’est alors qu’une crise économique a éclaté : après le défaut de paiement de la Russie en août, les entrées de capitaux ont cessé. Ces événements ont contraint le gouvernement à laisser flotter le real et déclenché un vent de panique en janvier 1999. Un mois plus tard, la monnaie brésilienne s’échangeait à 2,15 reais pour 1 dollar (contre 1,20 en début d’année).

La situation était alarmante et le Brésil semblait courir à la catastrophe. La réaction de panique face à la dévaluation aurait pu en effet provoquer de graves déséquilibres en alimentant l’inflation et en plongeant le pays dans la récession. Vu les antécédents du Brésil, la menace inflationniste était on ne peut plus pertinente :on prévoyait alors une inflation comprise entre 30 et 80 % et une contraction du PIB (de –3 à –6 %) en 1999. Calmer les esprits Une première décision devait être prise : revenir à une parité fixe ou administrée, ou continuer de laisser flotter le real. Des considérations de zone monétaire optimale nous ont fait opter pour le maintien du flottement.
Il a fallu par conséquent trouver un nouveau point d’ancrage nominal. Le ciblage d’un agrégat monétaire semblait irréaliste compte tenu, en particulier, des incertitudes entourant la crise qui s’abattait sur notre économie. L’autre solution aurait été de mener une politique totalement discrétionnaire sans point d’ancrage explicite.Mais le degré d’instabilité que nous anticipions exigeait de notre part un engagement à la fois plus ferme et plus transparent : aussi notre choix s’est-il porté sur le ciblage de l’inflation. La seconde décision consistait à fixer la date à laquelle annoncer l’objectif d’inflation. Fallait-il le faire immédiatement ou valait-il mieux attendre un début d’accalmie? Nous aurions pris trop de risques en annonçant tout de suite un objectif pluriannuel. Il ne fallait pas «saborder» ce qui paraissait être la bonne solution à long terme pour le Brésil en indiquant un taux qui serait soit trop facile à atteindre, soit à l’évidence hors de notre portée. Nous savions que l’inflation ralentirait pour peu que des mesures adéquates soient prises, mais nous ignorions encore à quel niveau elle culminerait d’abord et à quel rythme elle régresserait. Nul n’aurait pu dire non plus comment le marché réagirait à cette annonce et quelle serait la réponse de l’économie elle-même. Nous avons donc opté pour une solution en deux temps.
En mars 1999, nous avons annoncé 1) notre objectif de ramener l’inflation sous la barre des 10 % (en rythme annuel) au quatrième trimestre 1999, et 2) la mise en place du dispositif complet de ciblage de l’inflation pour la fin de juin. L’objectif annoncé pour la fin de l’année a servi dès lors de point d’ancrage temporaire et aidé à endiguer la panique. «Nous avons répondu à la crise en conjuguant rigueur budgétaire, À ce stade, nous disposions d’un atout :

le retournement spectaculaire de la situation budgétaire six mois avant la crise. Entre octobre et février, le gouvernement avait pris en effet une série d’initiatives importantes dans ce domaine.
Non sans mal, puisque quelques propositions majeures, refusées dans un premier temps par le Congrès, avaient dû être présentées à nouveau. Mais le Brésil est parvenu finalement à transformer son déficit primaire de 1997 (1 % du PIB) en un excédent cumulé égal à 3 % du PIB fin 1998–début 1999.C’était essentiel : sans cet excédent, les craintes suscitées par l’évolution future du ratio dette/PIB se seraient encore accentuées. Cela dit, le rétablissement budgétaire du Brésil inspirait alors une confiance limitée. Les taux d’intérêt plafonnaient encore à 39 % — niveau atteint avant le flottement du real —et nous devions décider s’il fallait agir sur eux et dans quelle mesure. En choisissant de nous fonder principalement sur l’inflation anticipée, nous avons de facto appliqué sans plus attendre un programme informel de ciblage de l’inflation.Une première question se posait, celle de l’impact inflationniste de la dévaluation.
Nous ne disposions pas encore de données fiables, car le taux de change flottant ne remplaçait que depuis peu le taux administré. Il a donc fallu procéder à quelques estimations rapides, à partir d’un coefficient de répercussion de la dévaluation sur l’inflation de 30 à 40 % (mesuré en fonction de la part estimée des biens échangés dans l’économie). Au taux de 2,15 reais pour 1 dollar, on pouvait s’attendre à une inflation extrêmement élevée. Il était donc impératif d’agir : nous avons relevé les taux d’intérêt à 45 %.Bien qu’il soit toujours dangereux qu’un gouverneur de banque centrale donne son avis sur le marché, j’étais persuadé que le real allait vite atteindre des niveaux excessifs qui déclencheraient une surréaction des opérateurs, avec des conséquences négatives d’une ampleur imprévisible. Nous tablions sur des hypothèses raisonnables d’évolution de la balance des paiements et de la parité, qui semblaient mon-trer qu’une dévaluation de 50 % du taux de change réel était plus que suffisante. Donc, si l’on parvenait à rétablir le calme, la surréaction du marché diminuerait, et il en irait de même des anticipations inflationnistes.Nous avons décidé alors de privilégier l’action sur les taux d’intérêt (comme la Réserve fédérale américaine) et annoncé immédiatement notre volonté de les orienter à la baisse entre les réunions du Comité de la politique monétaire. En d’autres termes, la banque centrale se réservait le droit d’abaisser les taux entre deux réunions du Comité sans lui demander un nouveau vote.Le marché a bien réagi puisque la courbe des rendements s’est inversée presque aussitôt, ce qui ne s’était pas produit depuis longtemps.Pour augmenter encore nos chances de stopper la vague de panique, nous avons dû travailler sur un autre front, celui des financements internationaux. L’endettement de l’État étant déjà critique, une action limitée au relèvement des taux d’intérêt risquait d’apparaître comme un pas dans la mauvaise direction, celle de l’accroissement du ratio dette/PIB. La décote excessive du real sur le marché montrait en particulier que les opérateurs doutaient de la capacité du Brésil à financer la balance des paiements dans les mois à venir.Le montage financier opéré sous l’égide du FMI a joué un rôle capital. Tout en formulant les mesures à prendre au plan interne, nous avons élaboré avec le FMI un programme de financement international couvrant la période avril–juin. Ce programme, qui reposait sur une évaluation prudente (mais somme toute raisonnable) de l’aptitude du Brésil à financer sa balance des paiements durant la période, prévoyait un renouvellement très limité des crédits venant à échéance, ainsi qu’un déficit de financement devant être couvert par des emprunts auprès d’institutions multilatérales et bilatérales. Ces chiffres ont été présentés aux banques commerciales pour leur démontrer que la balance des paiements serait viable même si les lignes de crédit commercial et interbancaire n’étaient pas reconduites à 100 %. Nous avons ensuite demandé aux banques de nous accorder volontairement leur soutien. Des discussions ont été entamées avec différents groupes de banques représentant de grandes régions géographiques. Afin d’encourager un renouvellement général des lignes de crédit, chaque groupe devait être informé non seulement de l’état de ses propres créances sur le Brésil, mais aussi de l’exposition des autres régions. Il était aussi prévu que chaque groupe reçoive ensuite des rapports fréquents sur les prêts bancaires au Brésil. Ce parti pris de transparence destiné à faciliter la coordination des crédits s’est révélé efficace et, en août, les accords volontaires avec les banques sont devenus inutiles.Répondre à la crise en résumé, nous avons répondu à la crise en conjuguant rigueur budgétaire, resserrement monétaire (accompagné d’un ciblage de l’inflation) et aide financière extérieure.Cette réponse a donné jusqu’ici des résultats étonnamment positifs. Le taux de change s’est stabilisé, puis est revenu très vite au-dessous de 2 reais pour 1 dollar. Les anticipations inflationnistes ont diminué, ce qui a permis d’intervenir sur les taux en mars 1999 pour les ramener en deux temps à 42 %, puis à 39!/2 %. Les taux d’intérêt du dollar sur le marché onshore ont enregistré un repli spectaculaire : après avoir dépassé 10 % et même 20 %, ils se sont stabilisés autour de 5 %, juste un peu au-dessus des taux internationaux. Nous n’avons plus besoin de capitaux à court terme autres que les crédits commerciaux nécessaires pour financer la balance des paiements. Au cours des mois qui ont suivi, nous avons pu allonger (de six à douze mois environ) les échéances de la dette intérieure de l’État. En juin 1999, la vague de panique était derrière nous et, comme prévu, nous avons annoncé à la fin du mois nos objectifs d’inflation pour le reste de 1999 et les deux années suivantes. Ils sont de 8 %, 6% et 4 %, respectivement, pour 1999, l’an 2000 et 2001, et reposent sur un indice des prix à la consommation élargi (l’IPCA). Le ciblage aura donc une double fonction : l’une, permanente, d’ancrage nominal, et l’autre, transitoire, de référence pour la désinflation. Ce n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé dans d’autres pays qui se sont donné des objectifs d’inflation juste après avoir mis en flottement leur monnaie.

Chaque objectif d’inflation peut évoluer dans une bande de +2 points. Cette marge est plus importante que dans la plupart des autres pays parce que nous n’avons pas encore d’indice du taux d’inflation «restreint», mais aussi parce que, à ce stade, la situation du Brésil est intrinsèquement plus incertaine qu’ailleurs. Nous avons pris soin de ne pas concentrer l’attention sur cette marge pour éviter que les anticipations s’écartent du chemin tracé. Elle nous donne simplement une certaine latitude pour réagir aux chocs sur l’offre et alerter le ministre des finances (par lettre ouverte) si l’objectif n’est pas atteint.Le compte rendu des réunions mensuelles du Comité de la politique monétaire est publié quinze jours après leur tenue,et ce décalage sera bientôt ramené à une semaine. Nous publions aussi un rapport trimestriel sur l’inflation qui, depuis septembre 1999, est disponible simultanément en portugais et en anglais. Les deux versions peuvent être consultées sur le site Internet de la banque centrale (www.bcb.gov.br).

Ce document très détaillé est calqué sur les rapports d’information publiés par la Suède et le Royaume-Uni. L’économie brésilienne a bien résisté à la crise. Malgré les chocs internes et externes qui se sont succédé depuis juin, le real a flotté librement si l’on excepte quelques interventions très limitées de la banque centrale, qui ont été à chaque fois annoncées en fin de journée. L’inflation est restée dans l’intervalle de tolérance en 1999 puisqu’elle a atteint 8,9 % et,selon une enquête assez poussée, on s’attend à ce qu’elle soit inférieure à 7 % en l’an 2000. Nous avons aussi enregistré— c’est tout à fait inattendu — deux trimestres consécutifs de croissance (qui s’expliquent en particulier par l’endettement limité du secteur privé brésilien et son exposition assez faible au risque de change lorsque la crise a éclaté). D’après les estimations, la croissance du PIB a approché 1 % en 1999 et pourrait atteindre 4 % en l’an 2000.Le déficit courant du Brésil a diminué, tombant de 33 milliards à 24 milliards de dollars en 1999, et a été entièrement financé par un afflux sans précédent d’investissements directs étrangers (30 milliards de dollars).

Les gains de compétitivité et l’amélioration de la conjoncture internationale créent des conditions telles que la chute des cours des produits de base ne devrait pas empêcher une forte reprise des exportations en l’an 2000, et l’on s’attend à ce que la balance commerciale dégage un excédent de l’ordre de 4 milliards de dollars malgré l’essor prévu des importations. La politique de ciblage de l’inflation a débuté sous des auspices favorables. L’adoption par le FMI — lors de la revue récente du programme — d’un mécanisme de consultation sur les objectifs d’inflation est une «première» qui confirme que notre politique monétaire est sur la bonne voie. Sur le plan microéconomique, nous venons de refondre la réglementation du marché monétaire et du marché des effets représentatifs de la dette intérieure de l’État, et avons entrepris d’assouplir très sensiblement les restrictions applicables aux opérations financières. Il est prévu, en particulier, de réduire le volume du crédit dirigé et d’abaisser les réserves obligatoires pour améliorer l’efficience microéconomique et le mécanisme de transmission de la politique monétaire. La libéralisation des mouvements de capitaux est aussi engagée. Nous mettrons l’accent cette année sur la réforme des marchés financiers, notamment sur la transparence et sur la protection des actionnaires minoritaires, et ces mesures s’accompagneront d’un renforcement des règles prudentielles (révisiondu système de paiement,resserrement du contrôle et de la réglementation bancaires,etc.).Ces réformes microéconomiques aideront le Brésil à atteindre son objectif d’inflation dans un contexte de taux de change flottant.