Jean Charles de Borda Dax, 4 mai 1733 – Paris, 19 février 1799

Jean Charles de Borda mena une carrière très diverse qui lui permit de jouer un rôle déterminant dans l’évolution de la marine française dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. D’abord officier du Génie, il s’intéressa aux problèmes d’hydraulique, puis aux sciences nautiques et spécialement à la construction navale.

Admis dans la marine en 1767, il fut, en 1771, désigné par l’Académie des Sciences pour étudier sur la Flore la marche des nouvelles montres marines créées par les horlogers Leroy et Berthoud et fit avec cette frégate campagne jusqu’aux Antilles. Chef d’état-major de l’amiral d’Estaing au début de la guerre d’Amérique, il participa aux opérations de 1778-1779 sur les côtes américaines et aux Antilles tout en poursuivant ses travaux scientifiques et la mise au point du Cercle à réflexion qui porte son nom. Directeur, en 1783, de l’École du Génie maritime, il élabora des plans-types de vaisseaux et de frégates amorçant la rationalisation des constructions. Conseiller du ministre de la Marine, le maréchal de Castries, il contribua aussi à la rénovation des structures administratives de la Marine.

Borda fut membre de l’Académie des Sciences, de l’Académie de Marine, du Bureau des longitudes, en 1790 de la Commission du système métrique, en 1795 de l’Institut national. Ingénieur, hydrographe, inventeur, professeur, il fut une des figures marquantes du mouvement scientifique dans la marine à l’époque des Lumières.

Étienne Taillemite inspecteur général honoraire des archives de France

source:http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations/borda.htm

Jean Charles de Borda (Dax, 1733 -París, 1799), Fundación Canaria Orotava de Historia de la Ciencia

Nació en el seno de una familia noble y tuvo quince hermanos. Su primo Jacques-François, quince años mayor, le transmitió desde muy pronto el amor por las ciencias, en especial por las matemáticas, y se ocupó a la vez de que asistiera a colegios dedicados a la enseñanza de las ciencias. Borda no dudó en estudiar la carrera de matemáticas. A sus veinte años vio la luz su primer tratado de geometría y fue también elegido socio de la Academia de Ciencias de París, para la que escribió una memoria sobre la teoría de proyectiles.
A partir de 1758, fijó sus ojos en el mar y hacia él dirigió definitivamente su interés científico. Sus investigaciones matemáticas fueron granjeándose un éxito creciente, así como sus contribuciones a la mecánica de fluidos y a la física de ruedas hidráulicas y de bombas. Entre 1765 y 1775 cruzó varias veces el Atlántico, combinando puntos de vista naturalistas y militares en sus investigaciones sobre hidrografía y cartografía.
Como comisario de la Academia de Ciencias, Borda embarcó en 1771 en la fragata La Flore, cuyo objetivo fue ensayar métodos de cálculo de longitudes y probar algunos relojes marinos. Le acompañabanVerdun de la Crenne, los astrónomos P. Pingré y Mersais y el dibujante Ozanne. A bordo iban varios tipos de relojes ingleses y franceses, octantes, sextantes y una caja marina de Fyot. Esta fue la cuarta y última expedición organizada para hallar la mejor manera de medir el tiempo en el mar. Le habían precedido las de Courtanvaux en 1767, la de Cassini en 1768 y la de Fleurieu en 1768-1769. Los resultados de La Flore resultaron verdaderamente provechosos para el ensayo de los cronómetros marinos y para los estudios de hidrografía. La Floreau
Borda regresó a Canarias en 1776 comandando La Boussole, que había zarpado acompañada de L’Espiègle. Continuó con las mediciones de las islas y del Teide empezadas unos años atrás a bordo de La Flore. Su intención era fijar de manera exacta la posición de Canarias y mejorar la cartografía existente hasta ese momento. En su diario sobre este viaje, Borda escribió: « La medición del Pico de Tenerife no era un objeto de pura curiosidad para nosotros, pues dependía esencialmente de nuestro trabajo náutico. Nos era indispensable conocer la elevación exacta de ese volcán, para sacar partido de las observaciones de la altura aparente que habíamos hecho en varios puntos de las islas de Tenerife, Gomera y Canaria, que habían de servir para fijar las longitudes y latitudes de estos puntos. » (Traducción de A. Herrera Piqué, Las Islas Canarias, escala científica en el Atlántico. Viajeros y naturalistas en el siglo XVIII, 84-7207-046-2)
Uno de los mayores logros científicos de Borda a partir de estos años fue la puesta en práctica del cálculo diferencial y el desarrollo de tablas trigonométricas aplicadas a la división centesimal del cuadrante y a los mecanismos que iba desarrollando. Trabajó en la mecánica del flujo de fluidos en barcos, artillería, bombas e instrumentos científicos. En 1785 obtuvo gran éxito con el círculo repetidor para medir el arco de un meridiano como parte de un proyecto para introducir un sistema decimal de pesos y medidas. Dos años más tarde publicó un estudio sobre el círculo de reflexión, sin duda el instrumento que le catapultó a la fama.
En 1767 fue nombrado miembro electo de la Academia de Burdeos y dos años después de la Academia de Marina. En 1783 asumió la dirección de la Escuela Naval de París y a partir de 1795 formó parte del Instituto Nacional.

OBRA GENERAL

  • Résumé des opérations de la campagne de la Boussole pour déterminer les positions géographiques des côtes d’Espagne et de Portugal sur l’Océan, d’une partie de les côtes occidentales de l’Afrique et des îles Canaries . 1776 (manuscrito), 190 pp.
  • Description et usages du cercle de réflexion avec différentes méthodes pour calculer les observations nautiques, 1787.
  • Mémoire sur la courbe décrite par les boulets et les bombes en ayant égard à la résistance de l’air , 1846.
  • Tables trigonométriques décimales, ou Tables des logarithmes des sinus, sécantes et tangentes, suivant la division du quart de cercle en 100 degrés, du degré en 100 minutes et de la minute en 100 secondes, précédées de la table des logarithmes

OBRA ALUSIVA A CANARIAS

  • Borda, Pingré, Verdun de la Crenne, Voyage fait par ordre du Roi en 1771 et 1772, en diverses parties de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique; pour vérifier l’utilité de plusieurs Méthodes & Instruments, servant à déterminer la Latitude & la Longitude, tant du Vaisseau que des Côtes, Isles & Écueils qu’on reconnoît: suivi de recherches pour rectifier les cartes hydrographiques, par M. de Verdun de la Crenne, Lieutennant des Vaisseaux du Roi, commandant la Frégate la Flore; de la Académie de Marine établie à Brest; le Chevalier de Borda, Lieutenent des Vaisseaux du Roi; de l’Academie Royale des Sciences & de celle de Marine; et Pingré, Chancelier de St-Geneviève et de l’Université de Paris; Astronome-Géographe de la Marine, de l’Académie Royale des Sciences et de celle de Marine, Paris, Imp. Royale, 1778.

      La obra presenta cuatro partes: 1) Diario de la espedición 2) Métodos de observación en el mar 3) Determinaciones hidrográficas realizadas durante el viaje 4) Los relojes marinos y otros instrumentos destinados al uso de la navegación.

source:

http://fundacionorotava.org/web_fcohc/002_proyectos/bachillerato/expediciones

/borda.html

Extrait Préface de l’œuvre « La vie et les travaux du chevalier Jean-Charles de Borda »

Jean-Charles de Borda, Mathématicien

Préface:

Quand un voyageur s’arrête à Dax, on lui signale immédiatement la statue de Borda comme une des principales curiosités de la ville: Les Landais sont, à juste titre, fiers de leur compatriote.

Puis aux portes de la ville, se trouve la grande et belle maison de N.-D. De Pouy, appartenant à la congrégation de la Mission, dite des Lazaristes, fondée par Saint Vincent de Paul, encore un Landais:- Les Lazaristes y font l’éducation et l’instruction de leurs jeunes missionnaires. Cet établissement est placé dans une admirable propriété, dominant tout pays, dans le silence et la solitude propres au travail et à la méditation; sur le point culminant, une petite tour permet, à l’infini, de découvrir le panorama des Pyrénées. Comme la maison des lazaristes est assez fermée et que le régime, entièrement consacré à l’étude et aux pieux exercices, est assez sévère, la tradition orale a voulu qu’ils possédassent chez eux la bibliothèque de l’illustre savant et que cette petite tour, interdite, et que l’on aperçoit de partout, ait servi à Borda pour y faire ses observations astronomiques: bientôt, toutes les publications, tous les guides répétèrent à l’envi cette assertion.

La vie et les travaux du chevalier Jean-Charles de Borda (1733-1799): épisodes de la vie scientifique au XVIIIe siècle

Jean-Charles de Borda mena une carrière très diverse qui lui permit de jouer un rôle déterminant pour l’évolution de la marine française dans le monde au cours de la seconde moitié du 18 ème siècle. Élève de l’école du Génie de Mézières, c’est dans cette arme qu’il commence sa carrière, et une affectation à Brest l’amène à s’intéresser aux sciences nautiques et à la construction navale. Admis dans la marine en 1767, il étudie en 1771 sur La Flore la marche des nouveaux chronomètres de Leroy et Berthoud lors d’une campagne dans l’Atlantique. Directeur en 1783 de l’école du Génie Maritime, Borda élabora des plans types de vaisseaux et de frégates, facilitant la standardisation de la flotte. Conseiller des ministres de la marine, il contribue à la rénovation des structures administratives. Membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Marine, du Bureau des Longitudes, de la Commission du système métrique en 1790 et en 1795 de l’Institut national, ingénieur, hydrographe, inventeur, professeur, il fut une des figures les plus marquantes du mouvement scientifique dans la marine à l’époque des Lumières. La somme monumentale que lui a consacrée Jean Mascart conserve toute sa valeur, quatre-vingts ans après sa première parution.

Jean-Charles de Borda (1733-1799) dit le Chevalier de Borda

Jean-Charles de Borda (1733-1799) dit le Chevalier de Borda
Mathématicien, physicien et marin français né à Dax, le 4 mai 1733,mort à Paris, le 19 février 1799.
Jean-Charles de Borda est le 10e enfant d’une famille de 16. Le nom d’origine était Laborde ; Henri IV voulant remercier un membre de sa famille, on lui fit remarquer que celui-ci n’était pas noble, il aurait répondu : « Eh bien, s’il n’est pas noble, il le sera désormais ». Et c’est ainsi que la famille serait devenue Borda son cousin Jacques François de Borda d’Oro, passionné par les mathématiques et les sciences naturelles, en relation avec les célébrités scientifiques de l’époque, a une influence décisive sur l’orientation des études de Jean-Charles.
En 1744, après des études au collège de barnabites de Dax, il entre au collège des Jésuites de la Flèche (Sarthe) où les fils de famille nobles suivaient les cours qui ouvraient la carrière des armes (une tradition familiale chez les Borda).
En 1748, ses études terminées, il entre dans le corps des ingénieurs militaires malgré la volonté des Jésuites qui veulent l’attacher à leur ordre, et celle de son père qui le destine à la magistrature.
En 1753, il remet à d’Alembert un mémoire de pure géométrie.
En 1755, Il est affecté en qualité de maître mathématicien dans le corps des chevau-légers.
En 1756, il fait des travaux sur la balistique. Il soumet à l’Académie des Sciences, un mémoire traitant de la théorie des projectiles devenant ainsi membre associé.
En 1757, il assiste en tant qu’aide de camp du Maréchal de Maillebois à la bataille de Hastenbeck (guerre de 7 ans 1756-1763). C’est là qu’il est confronté pour la première fois aux choses de la mer et c’est le début d’une passion : la construction des navires et la navigation. Il entre dans le génie militaire où il perfectionne les roues hydrauliques et les pompes.
Le 4 septembre 1758, il entre à l’école du Génie de Mézières, puis devient ingénieur en Génie militaire attaché aux places fortes en 1759.C’est seulement vers 1762, à 29 ans et après un séjour dans le port de Dunkerque qu’il arrive à Brest au service des bâtiments de l’arsenal, à une époque où, sous l’impulsion de Choiseul, la flotte tente de se relever de ses ruines. Il se découvre une passion pour l’étude des fluides et leurs applications dans la construction navale. Cependant, la Marine regarde d’un œil soupçonneux ce « terrien » qui veut entrer dans le corps très fermé des officiers.À la même époque, il démontre qu’un projectile sphérique offre à l’air une résistance inférieure de moitié à un objet cylindrique de même diamètre et que les résistances sont à peu près proportionnelles au carré de la vitesse. En 1767, il poursuivit des études sur l’hydrographie et la cartographie de 1769 à 1771 et continue ses recherches dans le domaine scientifique.
Sur les recommandations du Comte de Roquefeuil (commandant de la place forte et de la Marine à Brest), Borda est nommé par Louis XV « lieutenant de port  » en avril 1768.La même année, il est élu membre associé de l’Académie Française.
Borda s’occupe à Brest de constructions de navires et oriente ses recherches sur le problème de la conservation de l’heure du point de départ (détermination de la longitude). En 1771,Borda est désigné comme commissaire, par l’Académie des Sciences, pour assister unemission à travers l’Atlantique sur la frégate « la Flore  » pour les études sur la détermination de la longitude en mer afin de mettre au point les montres marines.
Dès 1772, il est admis à l’Académie des Sciences grâce à ses études de balistique.
Il est nommé Lieutenant de Vaisseau en 1775, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis en1776 et Capitaine de Vaisseau en 1777 lors de la guerre d’indépendance américaine.À cette époque, il fait connaître sa méthode des relèvements astronomiques obtenus par des instruments de réflexion. La mesure du méridien est la grande entreprise qui mobilise alors la communauté scientifique.
Vers 1778, Borda est appelé aux fonctions de major d’une escadre de 12 navires commandée par le Comte d’Estaing. C’est le début d’une longue campagne dans les eaux des Caraïbes et sur les côtes américaines dans le cadre de la participation de la France à la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique. Dès son retour, il propose la suppression des vaisseaux de 50 et 64 canons (trop faibles pour entrer en ligne) et demande de n’en construire que 3 catégories, le plus petit portant 74 canons.Il commande en 1781 « Le Guerrier » et en 1782 « Le Solitaire », vaisseau de 74 canons, avant de se voir confier le commandement d’une petite division navale à la Martinique. Le 6  décembre 1782, il se heurte alors à une force anglaise beaucoup plus puissante. Après plusieurs heures de combat, son navire étant désemparé et une bonne partie de l’équipage,dont son second, tués ; il doit amener son pavillon.Libéré après une captivité peu sévère, le ministre de la Marine lui confie, en 1783, la direction des constructions navales à Paris. Il est inspecteur des constructions navales en 1784.
En mai 1786, il est nommé Chef de division tout en conservant ses fonctions d’Inspecteur.
En 1787, il publia son ouvrage « Description et usage du cercle de réflexion avec différentes méthodes de calcul pour les observations nautiques » alors que l’instrument est réalisé depuis 1775. À la même époque, il crée le cercle répétiteur dit « cercle de Borda », destiné aux opérations terrestres.
Il est nommé Capitaine de Vaisseau ainsi que directeur de l’École des élèves ingénieurs de la marine en 1789.
Le chevalier de Borda traversera la Révolution Française, sans y participer, évitant la guillotine qui a emporté tant de ses collègues de la Marine et de l’Académie. Mais il n’en profite pas pour commencer une nouvelle carrière comme son collègue Monge qui deviendra ministre de la Marine.
En 1795, il devient membre permanent de l’Institut National et du Bureau des Longitudes dotant la France d’un système métrique avec Lavoisier et Monge…
Il crée la règle bimétallique (platine/laiton) qui sert à mesurer les bases sur 4 terrains, et détermine la longueur d’un arc du méridien.Mais sa santé décline, travaillant toujours sur des problèmes de réfractions et de logarithmes, il disparaît à Paris le 19 février 1799 à l’âge de 66 ans.
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Son nom a été donné à plusieurs vaisseaux à bord desquels l’École Navale a fonctionné en rade vers Brest de 1840 à 1913.
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Son nom est également attaché à la création du système métrique. En tant qu’académicien, il fait partie avec Lagrange, Lavoisier, Tillet, Condorcet, Laplace et Monge, de la commission qui présente le 19 mars 1791, un rapport rejetant comme base du système métrique la référence au battement d’un pendule et à la mesure de l’équateur. Cette commission choisit
une fraction de la longueur d’un méridien (1 m = 0,000 0001 du quart d’un méridien terrestre).
Reste à mesurer un méridien…
Il est parmi les premiers membres du Bureau des longitudes, désignés nommément par la loi, avec Lagrange, Laplace, Lalande, Cassini, Bougainville, Méchain, Delambre, etc.
Son nom est attaché à la « pesée de Borda ».
On place le corps dans le plateau A. On l’équilibre par une tare M quelconque dans le plateau B. On retire le corps de A et on le remplace par des masses marquées M’ jusqu’à équilibre de la tare. On a, bien évidemment, M = M’.
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En 1787, le chevalier de Borda perfectionne l’invention de l’astronome allemand Johann Tobias Mayer (1723-1762) utilisée pour la navigation et pour faire des plans d’arpentage, donnant ainsi son nom à cet instrument d’une grande précision (1″ d’arc).
Edward Troughton (1753, 1835) y apportera de nouvelles améliorations.

Sources :
Le chevalier Jean Charles de Borda, Académie de Bordeaux
http://www.ac-bordeaux.fr/Etablissement/LDeBordaDax/loisir/chevalier/index-1.htm