Angela Merkel à propos de F.A. von Hayek: Le principe de la liberté individuelle

écrit par Angela Merkel, le 19 janvier 2005

Friedrich August von Hayek a travaillé sur les fondements intellectuels d’une société libre dans la lutte contre l’interventionnisme étatique et la dictature. Dans le débat sur la mondialisation, ses idées sont très actuelles.

Le souci de la stabilité intérieure des démocraties occidentales dans le débat avec les Etats du camp socialiste a été pour Friedrich August von Hayek l’une des deux forces motrices de son œuvre «Constitution de la liberté». L’autre était la crainte d’une érosion rampante des fondements d’une société libre, dans le sillage de l’expansion effrénée de l’État-providence et des politiques d’Etat interventionnistes prédominantes dans de nombreux pays occidentaux industrialisés au début des années 70. Selon la conception de Hayek, ces préoccupations devaient être contrées par la nécessaire réassurance des fondements spirituels d’une société libre.

Dans son ouvrage, Hayek a élaboré, avec une logique impressionnante et des arguments convaincants, qu’il est avant tout question de la protection de la liberté individuelle comme condition préalable au progrès et à la prospérité d’une société, donc surtout de la garantie par la loi de la protection des citoyens contre l’arbitraire gouvernemental et la coercition injustifiée. Cela signifie notamment l’égal traitement des citoyens à travers des mesures adoptées par les lois et règles de conduite de l’Etat. La liberté individuelle présuppose en outre que chaque individu puisse disposer d’une sphère privée, en particulier sa propriété, qui soit sécurisée contre toute intervention de tiers, pas même à travers des décisions  de la majorité obtenues par voie démocratique.

Hayek démontre aussi que cela dépend d’une approche de la liberté individuelle comme principe global à réaliser dans la société dans son ensemble. Parce que c’est seulement à travers une société qui garantit la liberté individuelle de chaque citoyen de la même manière et reflète cela dans ses institutions et ses habitudes au sens large, que tous les avantages qu’une société libre est capable d’offrir deviendront évidents pour chaque individu  – beaucoup plus que si cette liberté individuelle était limitée à quelques-uns. Dans une société libérale et donc progressiste, l’individu peut poursuivre ses propres objectifs avec beaucoup plus de succès. Il peut notamment tirer profit d’une banque de connaissances, dont il lui aurait été impossible de disposer seul. Un aspect qui n’a peut-être jamais été aussi important qu’à l’ère de la société du savoir.

Avec la chute du mur de Berlin, l’effondrement des dictatures socialistes et l’affirmation d’un ordre social libéral et démocratique dans de nombreux pays de l’ancien bloc de l’Est, une partie de la mission historique de cet ouvrage semble remplie. L’autre partie, par contre, fait aujourd’hui l’objet d’un intense débat. Parce que, dans le débat politique, les avantages de l’État-providence sont plus que jamais mis en balance avec les problèmes de la dette publique élevée et de la paralysie des forces motrices de l’économie qui en découlent.

Par ailleurs, il faut remarquer que la globalisation des relations économiques, donc un accroissement supplémentaire de ce qu’une société libre peut faire, est accompagné de protestations et d’un manque de compréhension, et même de violence et de terreur, quant à la réalisation concrète des principes abstraits d’un ordre social libre.

De nombreux pays anciennement sous-développés comme l’Inde ou la Corée du Sud se rapprochent progressivement du niveau des pays occidentaux développés, mais dans d’autres régions, le processus de rattrapage fait encore défaut. De nombreux pays, avec l’Afrique presque tout un continent, sont encore loin derrière, en termes relatifs et parfois absolus de performance économique et de niveau de vie. Dans quelle mesure et sous quelles conditions s’applique encore ici l’affirmation optimiste de Hayek selon laquelle seule l’immense avance des pays occidentaux crée les conditions d’un rattrapage rapide par les autres pays? Et jusqu’à quel point les conditions politiques et sociales existent-elles pour cela? Par exemple, la Heritage Fondation à Washington a publié en début d’année son «Indice de liberté économique» actuel et a constaté que le degré de liberté économique dans le monde ne s’est guère amélioré en 2004.

La transposition plus ou moins inchangée du modèle social des pays occidentaux développés dans les pays émergents et en développement peut-elle même réussir en général ? Hayek donne, en certains endroits, des indications importantes sur le fait que le modèle conceptuel d’ordre d’une société libre a été alimenté par différentes sources et que les sociétés libérales d’aujourd’hui ont un long chemin historique derrière elles. De nombreux pays et sociétés en Europe et en Amérique ont participé, à travers d’importantes et précieuses contributions, à leur développement. Dans cette mesure, il faut donner raison à Hayek sur le fait qu’il ne peut, à l’avenir, continuer à être question de «transplanter tous les résultats de l’évolution historique de l’Occident sur d’autres terrains culturels», mais que ces pays doivent «apporter leurs propres contributions spéciales, qui peuvent émaner de la tradition de leur propre culture».

Il est important que la réalisation des valeurs d’une société libre, les droits de l’Homme, la liberté d’expression et la liberté religieuse, l’État de droit et la démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, soit menée par les ressortissants mêmes de ces pays, et que ceci soit soutenu par le monde occidental.

Pour moi, voici l’autre héritage de la «Constitution de la liberté» de Hayek pour la création d’une société libre à l’ère de la mondialisation: la recherche d’une coopération fructueuse entre les sociétés de l’hémisphère occidental et les sociétés d’Asie et d’Afrique, le monde islamique, les pays émergents et les pays en développement qui veulent être plus que des imitateurs de la civilisation occidentale.

Angela Merkel est présidente de la CDU depuis 2000 et chancelière de la République fédérale d’Allemagne depuis 2005

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