Les désastres naturels ont coûté 7000 milliards depuis 1900

Les désastres naturels ont fait plus de 8 millions de morts dans le monde et ont coûté 7.000 milliards de dollars depuis le début du XXème siècle, selon une étude publiée lundi.
Les inondations (38,5% des dommages) et les tempêtes (20%) représentent à elles deux près de 60% de ce coût, selon cette étude présentée lors d’une réunion de l’Union européenne des géosciences à Vienne (Autriche).

Les séismes occasionnent 26% des pertes économiques liées aux catastrophes naturelles, les éruptions volcaniques 1%. S’y ajoutent les feux de forêt, les sécheresses, les vagues de chaleur…

James Daniell, un ingénieur de l’Institut de technologie de Karlsruhe (Allemagne), a recensé 35.000 désastres naturels entre 1900 et 2015, soit la plus vaste base de données sur ce sujet établie à ce jour.

« Les inondations sont les premières responsables » à la fois sur le plan des pertes économiques et sur celui du nombre de morts (la moitié), a déclaré à l’AFP ce scientifique australien spécialisé dans l’étude des risques.

Toutefois, depuis 1960, les tempêtes sont devenues plus destructrices que les inondations sur le plan économique, souligne-t-il.

Depuis 1900, les tremblements de terre ont provoqué environ 30% des décès liés aux catastrophes naturelles. Environ 60% des personnes sont mortes dans l’effondrement de leur maison ou de leur immeuble.

Depuis le début du siècle, « le nombre de décès liés à des catastrophes naturelles est resté remarquablement constant, avec une légère baisse. Environ 50.000 personnes meurent chaque année à cause d’elles », souligne M. Daniell. Mais entretemps, la population mondiale a considérablement augmenté.

Source:http://www.bilan.ch/economie/desastres-naturels-ont-coute-7000-milliards-1900

tremblement de terre Equateur

Le président équatorien Rafael Correa a annoncé lundi que la reconstruction du pays allait «coûter des centaines (de millions), probablement des milliards de dollars».
«Il va falloir reconstruire Pedernales, le centre de Portoviejo, le quartier de Tarqui à Manta, (les villes de) Canoa, Jama… Cela va prendre des mois, des années», a-t-il ajouté alors qu’il parcourait Pedernales, l’épicentre du tremblement de terre, le plus violent depuis 1979 dans le pays.

Deux Canadiens figurent parmi les victimes, selon les autorités de ce pays, et une missionnaire irlandaise de 33 ans a également trouvé la mort, d’après sa communauté religieuse.

Le département d’État a annoncé le décès d’un Américain et le gouvernement colombien a comptabilisé sept ressortissants tués dans le tremblement de terre.

Malgré le bilan qui s’alourdit, les récits de personnes tirées vivantes des décombres continuaient d’alimenter l’espoir des proches.

Ainsi, lundi après-midi, «dans la ville de Portoviejo, une personne a été retrouvée vivante sous les décombres de l’hôtel El Gato», ont annoncé les autorités. 

20 heures sous les gravats

À Pedernales, une jeune fille restée coincée 20 heures sous les gravats d’un immeuble a été retrouvée «miraculeusement» en vie, selon des médias locaux.

Plus au sud sur la côte ouest, à Manta, «au terme de longues heures de travail intense, trois personnes ont été retrouvées en vie parmi les décombres à Tarqui», quartier de la ville de Manta, ont annoncé les pompiers sur Twitter.

Dans le port de la ville, les chiens qui accompagnaient les sauveteurs au milieu des ruines marquaient la présence de survivants par leurs aboiements.

«Le bâtiment est très instable. Nous devons découper le mur à la tronçonneuse, on suppose qu’ici se trouvent une quinzaine de personnes piégées. Le chien a indiqué qu’il y avait des vivants à 08H00 du matin (13H00 GMT), mais nous avons fait des recherches et il n’y a pas de réponses», a déclaré à l’AFP le pompier Carlos Paredes.

«Toute la nuit nous avons continué les opérations de recherche, de sauvetage et d’évacuation des personnes restées coincées (sous les décombres, ndlr)», a expliqué à la chaîne Teleamazonas le ministre de la Sécurité César Navas.

La Croix-Rouge espagnole a lancé un appel à l’aide, estimant que «70 000 à 100 000 personnes auront besoin d’assistance», dont «3000 à 5000 nécessitent un logement d’urgence». Environ 1200 volontaires et employés de la Croix-Rouge équatorienne participent aux opérations de secours.

De tout le pays, des camions transportant des habits, des produits d’hygiène, des médicaments et des aliments pour les victimes se dirigeaient lundi vers la côte Pacifique.

Répliques

Des engins de chantier étaient également transportés lundi vers la zone affectée, afin d’aider à soulever les décombres d’immeubles et maisons effondrés dans la secousse.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Guillaume Long, des renforts et experts du Venezuela, de Colombie, du Pérou, du Mexique, de Cuba, de Bolivie, du Chili, de Suisse et d’Espagne sont désormais sur place.

«Demain (mardi), nous travaillerons à la coopération pour l’après-sauvetage», a-t-il expliqué sur son compte Twitter.

«Des fonds ont déjà été débloqués: 300 millions de dollars pour les urgences, 150 millions pour la reconstruction», a expliqué à l’AFP le vice-président Jorge Glas.

«Ici à Pedernales, des survivants ont été sauvés des décombres et nous ne perdons pas espoir. Nous n’écartons pas» la possibilité de trouver d’autres rescapés, a-t-il ajouté.

Les habitants craignent désormais de nouvelles répliques.

Jusqu’à présent, l’Institut équatorien de géophysique (IG) a signalé 230 répliques d’une magnitude de 3,5 à 6,1.

L’Union européenne a annoncé l’activation du mécanisme européen de protection civile pour aider l’Équateur et le secrétaire d’État américain John Kerry a offert le soutien des États-Unis.

Source:http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201604/18/01-4972606-seisme-en-equateur-le-bilan-salourdit.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_amerique-latine_288_section_POS2

japon séisme 

Un tremblement de terre d’une magnitude de 7,1 sur l’échelle de Richter a touché vendredi soir la préfecture de Kumamoto, dans l’île de Kyushu. On dénombre 23 victimes, dans une région déjà frappée jeudi par un séisme.Samedi 16 avril au matin, le bilan s’alourdissait encore au Japon après un nouveau tremblement de terre. Jeudi, une première secousse de magnitude 6,2 sur l’échelle de Richter jeudi a frappé la ville de Kumamoto, au sud-ouest de la Péninsule, dans l’île de Kyushu. Vendredi, en fin d’après-midi, heure de Paris, un séisme de magnitude 7,1 sur l’échelle de Richter, plus violent, a à nouveau touché la même région. L’épicentre s’est trouvé à 10 kilomètres sous la même ville de Kumamoto.
18 victimes, pour l’instant

Le tremblement de terre a provoqué une « petite éruption » du Mont Aso, volcan très actif des environs. Mais, en raison de la pluie, c’est surtout une coulée de boue gigantesque qui a touché la région de Minami-Aso, emportant des habitations et coupant plusieurs routes, dont une autoroute. Samedi midi, les autorités dénombraient 23 victimes, un millier de blessés, dont 184 graves. Le séisme de jeudi avait déjà fait 9 morts. Mais les responsables nippons ne cachaient pas leur pessimisme, redoutant que de nombreuses personnes soient encore coincés sous les décombres. On s’inquiétait par ailleurs de la pluie annoncée qui pourrait déclencher de nouvelles coulées de boue et glissements de terrain. Près de 20.000 soldats des forces d’autodéfense, l’armée japonaise, ont été mobilisés pour intervenir sur la zone. 

Source:http://www.latribune.fr/economie/international/japon-le-bilan-s-alourdit-apres-un-second-seisme-564771.html

Climate Model Predicts West Antarctic Ice Sheet Could Melt Rapidly

source:http://mobile.nytimes.com/2016/03/31/science/global-warming-antarctica-ice-sheet-sea-level-rise.html?_r=0

By JUSTIN GILLIS

MARCH 30, 2016

For half a century, climate scientists have seen the West Antarctic ice sheet, a remnant of the last ice age, as a sword of Damocles hanging over human civilization.

The great ice sheet, larger than Mexico, is thought to be potentially vulnerable to disintegration from a relatively small amount of global warming, and capable of raising the sea level by 12 feet or more should it break up. But researchers long assumed the worst effects would take hundreds — if not thousands — of years to occur.

Now, new research suggests the disaster scenario could play out much sooner.

Continued high emissions of heat-trapping gases could launch a disintegration of the ice sheet within decades, according to a study published Wednesday, heaving enough water into the ocean to raise the sea level as much as three feet by the end of this century.

With ice melting in other regions, too, the total rise of the sea could reach five or six feet by 2100, the researchers found. That is roughly twice the increase reported as a plausible worst-case scenario by a United Nations panel just three years ago, and so high it would likely provoke a profound crisis within the lifetimes of children being born today.

Sècheresse au coeur du drame éthiopien

source: la tribune par Matthew Tempest

C’est une catastrophe humanitaire au ralenti qui survient en Ethiope: la sécheresse a détruit les récoltes et une famine gravissime menace les 100 millions d’habitants du pays. Absorbée par le conflit syrien et la crise des réfugiés, la communauté internationale risque d’être prise au dépourvu. Un article de notre partenaire Euractiv.

Addis Abeba a décidé de se réinventer et se targue d’être la terre des « origines de la vie », dans l’espoir de multiplier le nombre de touristes occidentaux par trois – au moins. Si le tourisme existe en Éthiopie, le pays, qui n’a pas de côte et se situe dans une des régions les plus dangereuses du monde, la corne de l’Afrique, n’est pas une destination très populaire.

Le gouvernement entend néanmoins changer cette situation et compte sur le tourisme pour générer près de 3 milliards d’euros par an d’ici 2020. Des attentes modestes dans un pays de 100 millions d’habitants où le revenu moyen est d’environ 500 euros, selon la Banque mondiale.

Malgré ses voisins turbulents, l’Éthiopie peut se vanter de compter huit sites UNESCO, d’avoir un gouvernement stable, d’être la seule nation africaine n’ayant pas été colonisée et d’exporter des denrées dont raffolent les Occidentaux, comme le café ou le vin de Rift Valley.

Les ambitions touristiques d’Addis Abeba pourraient cependant difficilement plus mal tomber, puisqu’une famine gravissime menace les 100 millions d’habitants.

Absorbée par le conflit syrien et la crise des réfugiés, la communauté internationale risque d’être prise au dépourvue par une autre catastrope humanitaire : en Éthiopie, plus de 10 millions de personnes dépendent des rations d’urgence. Or les aides existantes devraient s’interrompre en avril.

Agriculture de subsistance et dépendance à l’aide humanitaire

Plus de 8 millions d’habitants survivent déjà uniquement grâce à une agriculture de subsistance, largement financée par l’aide humanitaire, ce qui porte le nombre d’Éthiopiens dépendant du reste du monde à près de 20 % de la population.

Si le mot « famine », proscrit par les autorités, n’est pas encore employé par les agences humanitaires, celles-ci préviennent depuis le mois de décembre que les promesses d’aides actuelles ne dureront que jusqu’à fin avril. Après cette date, des millions de personnes risquent de mourir de faim.

« J’ai l’impression de regarder un désastre arriver au ralenti », témoigne le docteur Wolfgang Jarmann, qui dirige Care International, une ONG humanitaire. « L’impact [d’El Niño] est dévastateur pour les populations vulnérables en Afrique orientable et méridionale, mais c’est en Éthiopie que la situation est la plus catastrophique pour l’instant. »

Care estime à 1,7 million le nombre d’enfants, de femmes enceintes et de mères ayant besoin de compléments alimentaires. Dans ce paysage lunaire de roche rouge et de poussière, des centaines de milliers de têtes de bétail sont déjà mortes à cause de la sécheresse, après l’anéantissement des récoltes.
L’appel de fonds des Nations unies fait un flop

Les Nations unies ont lancé un appel pour rassembler 1,3 milliard d’euros de fonds d’urgence pour l’Éthiopie. À ce jour, les dons n’atteignent pas la moitié de cette somme.
Le gouvernement d’Addis Abeba a promis 350 millions d’euros, et les États-Unis près de 90 millions. Si cette sécheresse catastrophique n’a pas encore causé de scènes similaires à celles de la famine de 1984-85, c’est grâce aux infrastructures plus solides et à la réaction du gouvernement central.

Le gouvernement a mis en place une unité spéciale de réaction à la sécheresse, et alloué 10 millions d’euros aux repas scolaires, afin d’éviter que les écoliers ne désertent les salles de classe pour aider leurs parents aux champs, mendier ou faire les poubelles.

Aujourd’hui, même le gouvernement admet pourtant avoir besoin d’aide. Le vice-Premier ministre, Demeke Mekonnen, a demandé une « aide immédiate », soulignant que les conséquences d’une catastrophe humanitaire ne s’arrêteraient pas à l’Éthiopie, mais fragiliserait « la paix et la stabilité de toute la région », très instable.

L’UE propose 42 millions d’euros pour lutter contre El Niño

L’UE a pour l’instant dédié 42 millions d’euros au pays pour qu’il puisse faire face à la sécheresse d’El Niño. Le commissaire Christos Stylianides a promis une rallonge de 24 millions d’euros supplémentaires.

« L’UE soutient l’Éthiopie et contribue en ce moment même à une assistance qui sauve des vies », a indiqué une porte-parole de DEVCO.

Entre 80 et 90 millions d’Éthiopiens parviennent à survivre grâce à une agriculture de subsistance et vivent dans des cases de terre ou des cabanes de tôle ondulée, sans eau, sans électricité. Ils cultivent quelques rangées de légumes et possèdent parfois quelques bêtes.

Contrairement à la situation de 1984-85, l’Éthiopie dispose aujourd’hui d’un gouvernement fort (trop fort, selon certains) et d’une économie en pleine expansion. Le PIB connait en effet une croissance de 10 % par an depuis dix ans, une hausse remarquable malgré le point de départ très bas, et de grands projets d’infrastructure.

La sécheresse et ses conséquences

Si le gouvernement central a demandé de l’aide à la communauté internationale et sollicité ses propres ressources, il reste très méfiant des Occidentaux et tente à tout prix de protéger le timide tourisme de la région.

Juste en dehors de Lalibela, sous un soleil de plomb, des rations fournies par l’aide d’urgence sont distribuées aux agriculteurs, alors que des touristes font la queue pour visiter les églises rupestres orthodoxes du 12e siècle vantées par le gouvernement.

Dans le nord du pays, l’absence complète de bétail dans le paysage aride est aussi marquante que les longues coupures de courant (jusqu’à 48 heures d’affilée) et le nombre impressionnant d’enfants qui mendient.

Le gouvernement semble à la limite de la paranoïa vis-à-vis des journalistes occidentaux et se fait peu disert sur la question de la sécheresse.

Le gouvernement compte beaucoup sur le tourisme

Le directeur de l’autorité du tourisme, Solomon Tadesse, nommé par le gouvernement, a quant à lui expliqué à EurActiv que la sécheresse avait mis en avant le rôle du gouvernement, protecteur du peuple.

L’Éthiopie ne se résume pas à une histoire, regrette-t-il, estimant que l’Occident n’a en tête que l’image de la famine de 1984-85. « Il y a une chose qui passe inaperçue. Certes, cette sécheresse est la plus catastrophique depuis 50 ans, mais la bonne nouvelle est que la gestion du gouvernement est bonne. La bonne quantité de grain a été stockée, sans que cela n’affecte les citoyens », se félicite-t-il.

« Cette année, il n’y a pas de morts, contrairement à 1874 et 1984. Nous avons de bonnes infrastructures qui nous permettent d’atteindre les régions touchées. Il n’y a eu que des pertes de bétail. Je suis sûr que les gens savent qu’il y a une sécheresse en Californie, ça ne les empêche pas d’y aller », conclut-il, oubliant de préciser que 10,2 millions de Californiens ne survivent pas uniquement grâce à l’aide alimentaire d’urgence.

Quant à l’expiration des aides, il ne s’en inquiète pas trop : « Les chiffres pourraient être corrects, mais il s’agit peut-être juste de prévisions ». Il insiste sur le fait que, malgré les photos qui commencent à apparaître dans la presse occidentale, les touristes n’annulaient pas leurs voyages. « Il faut être fort, à l’intérieur du pays », estime-t-il.

Le Gouf de Capbreton

source:http://www.123ocean.com/ocean/abysses/mysteres-gouf-de-capbreton/

Imaginez un canyon majestueux, constitué de pentes sinueuses, de plateaux, de mesas dignes des meilleurs westerns, de terrasses, de vallées haut perchées, de précipices plongeant à plusieurs milliers de mètres ; un véritable phénomène géologique unique en son genre, au fond duquel on distingue d’anciens lits de rivières secondaires ou des méandres abandonnés.
Imaginez maintenant que ce canyon déchire en deux un vaste plateau continental sablonneux ; il est en outre un point de jonction entre les fonds marins et la terre ferme, lieu de mythes et de légendes, qui demeure aujourd’hui encore incompris des chercheurs et négligé de l’opinion. Quelle est ce mystère qui se cache à l’ouest ?
Il y a comme qui dirait, un Gouf !
Pourtant il est juste sous notre nez, ce « Gouf » qui, depuis des siècles, fascine scientifiques chercheurs, historiens, surfeurs et plongeurs, faisant l’objet de multiples publications, conférences, travaux universitaires ou campagnes océanographiques. Ce sujet est une véritable boîte de Pandore, dès qu’on l’ouvre, on ne peut plus la refermer, tant se déchaînent les passions, les interrogations, les anecdotes de pêcheurs, de plongeurs, d’océanographes, de marins, etc. Le Gouf de Capbreton !

Le Gouf de Capbreton invisible mais présent

Resituons-nous : nous voici au « fond » du Golfe de Gascogne, là où le cordon dunaire de la côte Aquitaine finit sa course avant que le trait de côte ne s’oriente résolument vers l’ouest pour dessiner les Pyrénées,la Côte basque, l’Espagne. Sur la carte, rien de visible : la longue plage de sable qui commence 230 km plus haut, à l’estuaire de la Gironde, s’achève à l’embouchure de l’Adour. Mais les relevés bathymétriques racontent une tout autre histoire : on ne peut qu’être saisi face à l’immensité de cette déchirure spectaculaire. Les sables de l’immense plateau continental s’achèvent brutalement sur des précipices vertigineux. De plus cette vallée sinueuse, digne d’une superproduction hollywoodienne, commence à proximité de la plage, à faible profondeur. Ces derniers points sont caractéristiques du Gouf, car la plupart des canyons sous-marins apparaissent dans des zones plus profondes.

Les particularités du Gouf de Capbreton

Le Gouf de Capbreton est un canyon si remarquable qu’il sert de modèle à des océanographes du monde entier. Avant même d’être cartographié par les sondes, le Gouf était connu des marins et des pêcheurs pour au moins deux raisons : d’abord sa profondeur soudaine absorbe la puissance des vagues redoutables, dues aux faibles fonds du Golfe ; au fil des siècles, de nombreux bateaux sont venus se réfugier au-dessus du Gouf pour y chercher une mer moins agitée. Le fait est attesté dès 1491 par Charles VIII, accompagné d’un ingénieur.

La biodiversité du Gouf de Capbreton

Ensuite, l’autre raison qui a fait connaître le Gouf : la pêche. Non seulement les lignes s’affolent et filent vers les grands fonds, mais on en remonte parfois d’extraordinaires poissons, cétacés, crustacés, coraux, mollusques, différents de la faune et la flore locales.

Après une vie bien remplie comme naturaliste et capitaine au long-cours, un certain Léopold de Folin devint capitaine du port de Bayonne. Depuis des années, ce chercheur travaillait sur les sédiments marins et notamment les foraminifères, protozoaires d’eaux profondes. Au fil des ans, le marquis de Folin s’est passionné pour le Gouf et y a mené diverses campagnes océanographiques sur des embarcations de toutes tailles.
C’est à bord de l’aviso Travailleur en 1875, qu’il constate des profondeurs variant de 400 à 1 400 m.
Il remonte dans ses filets un petit « crustacé pourpre d’un éclat remarquable (un gnatophausia), dont on ne connaissait encore que deux échantillons trouvés, l’un aux Açores, l’autre au Brésil. Dans une autre circonstance, les filets revinrent à bord couverts d’une telle quantité d’animalcules phosphorescents qu’il était possible de lire à leur lueur, à la distance de cinq mètres ». Il découvre également des espèces jamais observées : 18 moules de profondeur et un invertébré benthique auquel il donne le nom de bathisiphon cabritonnensis.
Une passion pour le Gouf de Capbreton
Le Gouf de Capbreton ne cessera jamais de passionner les chercheurs. D’autres campagnes océanographiques vont suivre, qui étudient la géologie du canyon, sa morphologie, ses sédiments et sa faune benthique (profonde). On cartographie quelques-unes de ces fameuses terrasses le long des flancs abrupts et l’on donne des noms aux divers rochers et îlots sous-marins qui parsèment le Gouf ; la première carte bathymétrique est établie en 1935 grâce à l’utilisation des ultrasons.
Mais d’ou vient le nom de Gouf ?
« Gouf » : cette appellation locale a persisté jusqu’à nos jours. Son origine gasconne fait l’objet d’interprétations diverses, pouvant signifier « trou » et « gouffre », mais aussi « anse » ou « golfe ». Curieusement, il reste à peine quelques traces de ce folklore dans la ville de Capbreton : il existe bien une rue du Gouf, un hôtel du Gouf, et quelques poèmes d’un instituteur des années 1930 (Jean Duboscq) ayant choisi pour pseudonyme « Yan du Gouf », mais en dehors de ces vestiges, le fameux canyon qui enflamme l’imagination des chercheurs aux quatre coins du monde ne fait pas recette dans la commune.
La journaliste Anne Tautou, qui travaille sur un livre consacré au Gouf, plaide pour qu’on en fasse une réserve marine ou une station d’observation de la biodiversité. Mais outre les pêcheurs qui y capturent encore de belles prises, le Gouf ne profite plus guère qu’aux plongeurs passionnés du « Capbreton Aquatique Scaphandre Club » qui y organisent des plongées, d’où ils rapportent des photos et même des sons. Bien sûr, il ne s’agit là que d’aller explorer la tête du canyon, qui se trouve à des profondeurs accessibles aux plongeurs.
Le Gouf de Capbreton, c’est quoi ?
N’empêche. On a beau sonder le Gouf, le carotter, l’échantillonner, le cartographier, on tourne toujours autour du pot et personne n’est capable de vraiment répondre aux questions les plus simples : « Mais qu’est-ce que c’est ? Comment s’est-il formé ? »
S’agit-il — comme le prétendent les uns ou les autres — d’une ancienne vallée d’érosion ? D’une faille sismique reliée au plissement pyrénéen ? D’un mouvement tectonique dû au passage de la plaque ibérique sous le continent européen ? D’un estuaire fossile qui se serait agrandi pendant la super-glaciation de Günz ? D’un prolongement du paléo-canyon de Saubrigues ? D’une faille sismique susceptible de produire un tsunami ? Ou, comme le croyait un certain J. O. Dupuy en 1924, est-ce une vallée formée par un bouleversement géologique ayant provoqué la dissolution d’un immense banc de sel gemme, le tout étant relié aux sources thermales de Dax, sur les bords de l’Adour ?

Détournement de l’Adour

Car une donnée vient brouiller les pistes : par le passé, le fleuve Adour se jetait à Capbreton, qui fut un port suffisamment important pour faire dire à Charles VII : «… Si je n’ai Capbreton et Calais, autant vaut-il pour moi n’avoir aucun port sur les mers !… » Cette troublante conjonction : l’embouchure d’un fleuve se « jetant » directement dans une vallée sous-marine, a fait couler beaucoup d’encre. Peut-on supposer sérieusement qu’un fleuve creuse une vallée sous-marine de plusieurs centaines de kilomètres de long jusqu’à des profondeurs de 3 000 m ? Non sans doute, mais la plupart des canyons marins semblent pourtant se situer dans des zones d’estuaire, comme dans le cas du fleuve Congo, prolongé par un remarquable canyon « de type Gouf ». Les travaux récents des chercheurs du laboratoire d’océanographie UMR EPOC (Université de Bordeaux) confirment le lien entre fleuves et canyons : « des résultats récents montrent l’importance des fleuves dans les phénomènes d’érosion et de sédimentation profonde ».

En d’autres temps, lorsque le niveau de la mer était considérablement plus bas, l’entrée du Gouf, de la faille, se situait sur la côte (il était donc visible de la terre ferme). On peut dès lors penser qu’un fleuve, puissant et capricieux, ait choisi de se jeter là parce que le Gouf s’y trouvait, ce creux constituant un formidable exutoire pour ses trop-pleins et ses débordements.

Le Port de Capbreton

En tant que port, Capbreton présentait des avantages : une rade protégée et la présence du Gouf qui calme les vagues et empêche l’accumulation des sédiments rejetés par le fleuve à son embouchure, assurant ainsi une meilleure navigation. Mais cette situation privilégiée prit fin lorsque Charles IX ordonna le détournement définitif de l’Adour au profit de Bayonne. Ce travail titanesque fut confié à l’ingénieur Louis de Foix (qui érigea aussi le phare de Cordouan) et péniblement achevé en 1578, à la faveur d’une tempête qui permit de relier le fleuve à la mer.

Par la suite, ingénieurs, marins et hydrographes, tentèrent vainement de ramener les bouches de l’Adour à Capbreton, arguant que la fosse constituait son embouchure naturelle. Cet atout fut mis en avant dans les années 1960, lorsqu’il fut question d’y installer une base pour les sous-marins nucléaires, le Gouf proche du port leur permettant d’accéder rapidement et discrètement à la haute-mer et aux grands fonds.

En s’intéressant de plus près au sujet, on entend dire aussi que ces profondeurs obscures ont dû servir de poubelle pour enfouir des déchets toxiques ou radioactifs dont on ne savait trop comment disposer. Il fut même question d’une mission Cousteau pour tenter de récupérer des fûts qui auraient été largués là un peu vite. Mais les profondeurs marines restent si invisibles et impénétrables qu’elles garantissent l’impunité aux pollueurs.
Le Gouf de Capbreton selon les chercheurs

Un biotope unique

Selon les chercheurs, le Gouf représente un biotope unique. « C’est un sanctuaire plein de trésors ! » s’exclame avec enthousiasme le biologiste Jean-Claude Sorbe, chargé de recherche au CNRS (laboratoire océanographique de l’Université de Bordeaux), regrettant qu’il ne soit pas plus étudié et protégé. Ce spécialiste des petits crustacés suprabenthiques (telles de minuscules crevettes ou puces de mer vivant sur le fond), a identifié dans le Gouf des spécimens très rares et plus de dix espèces nouvelles : « Les communautés benthiques profondes qu’abrite le canyon de Capbreton témoignent d’une forte biodiversité (plus de 180 espèces y ont été recensées pour la seule faune suprabenthique). »

Outre les poissons inhabituels pêchés là (calamars géants, chimères, anges de mer, liches, rouvets, poissons rubis), outre les coraux et les cétacés bizarres (comme ce mésoplodon densirostris identifié en 1999 par le GEFMA, Groupe d’Étude dela Faune MarineAtlantique, jamais observé depuis 1850), les campagnes d’échantillonnage ont permis de remonter à la surface des espèces inconnues de petits crustacés et même ces moules de profondeur identiques à celles décrites par de Folin, que personne n’avait vues depuis 1880 et qui, selon les recherches récentes, proviennent de sources thermales froides.

Une force inconnue

Une autre question hante les esprits de ceux qui se penchent sur ce canyon : pourquoi ne se remplit-il pas de sable et de sédiments ? En effet, ses fonds répertoriés demeurent constants au fil du temps ; les sondes reviennent invariablement « empâtées de vase », ce qui ne serait pas le cas sur fond de sable. Avec les tempêtes et les courants, cette vallée devrait se combler peu à peu, or il n’en est rien ; ses structures semblent immuables. Bien sûr, il existe différentes veines d’eaux et de courants circulant dans le Gouf, mais cela suffit-il à expliquer, comme l’exprimait déjà l’abbé Pujol (curé de Capbreton au XIXe siècle) : « Une muraille infranchissable pour les sables. […] Une force inconnue qui émane du Gouf, empêchant le sable qui roule constamment sur les plateaux qui le dominent, d’y pénétrer » ?

Ces forces invisibles, ces mouvements internes dont nous ne connaissons rien ou presque, font partie de la mécanique des fluides qui mène à la formation des vagues. La tête du canyon se trouve face aux plages d’Hossegor, dont deux vagues sont célèbres chez les surfers du monde entier : La Nord et La Gravière.

Vagues particulières et reconnaissables, elles ressemblent plus à des vagues de récif qu’à des vagues de sable. Or, s’il est vrai que la profondeur du Gouf absorbe la force des houles au large, il peut y avoir en revanche un phénomène de surgissement et d’accélération de la houle sur les premiers tombants du canyon, à 250 m du bord, qui participerait à la beauté de cette vague qu’on appelle La Nord, emblème d’Hossegor.
Que nous réserve encore le Gouf de Capbreton ?
Des surprises, le Gouf en recèle bien d’autres, toujours renouvelées. On y a ainsi découvert, entre 500 et 1 000 m, une ramification de la longue veine d’eau méditerranéenne (VEM) remontant de Gibraltar (par un phénomène de circulation sous-marine et de salinité différente, on la retrouve jusqu’en Islande) qui expliquerait la présence dans le Gouf d’organismes uniques en Atlantique.
Mais l’une des dernières grandes surprises provient d’un échantillonnage effectué sur les parois du canyon, à moins 650 m, quatre mois après la violente tempête de décembre 1999. On y a découvert une activité récente et anormale dans l’entassement des sédiments : jusqu’à 18 cm, une épaisseur énorme en mer, compte tenu de la dispersion.
Les chercheurs, tels que le spécialiste Pierre Cirac (géologue, UMR EPOC, auteur d’une publication intitulée « Instabilités majeures sur le flanc nord du canyon de Capbreton »), suggèrent qu’il s’agit d’une « turbidite », spectaculaire avalanche sous-marine de sédiments poussés de la plateforme continentale vers les parois abruptes du Gouf. Ces processus massifs peuvent entraîner des « mécanismes subits et violents » qui doivent être étudiés de près, car, comme le soulignent en 2001 les chercheurs de l’UMR EPOC après la campagne ITSAS : « ils peuvent remettre en suspension des polluants, détruire des plateformes de forage, des oléoducs, des câbles de télécommunication ou générer des tsunamis comme à Nice en 1979. »

Pour conclure sur le Gouf de Capbreton

Comme on le voit, il est temps de rendre ses lettres de noblesse à ce Gouf méconnu, qu’on n’a pas fini de cartographier et qui ne fait que commencer à nous révéler ses mystères ou ses habitants. Mais au-delà des innombrables curiosités biologiques ou géologiques qu’il recèle, ce canyon réveille en chacun de nous une part de mystère et d’émerveillement. Et la dernière question posée par ce « haut lieu » des profondeurs, n’est pas la moindre : « Qu’y a-t-il donc à l’intérieur de ce Gouf, que tout le monde sent ou devine, mais que personne ne réussit à capturer ? »

Cirac P., Bourillet J-F, Griboulard R., Normand A., Mulder T. and équipe Itsas, 2001. Le Canyon de Capbreton: nouvelles approches morphostructurales et morphosédimentaires. Comptes Rendus de l’Académie des Sciences de Paris, 332 (série II).

Ocean algae will cope well in varying climates, study shows

Tiny marine algae that play a critical role in supporting life on Earth may be better equipped to deal with future climate change than previously expected, research shows.Scientists investigated the likely future impact of changing environmental conditions on ocean phytoplankton, a microscopic plant that forms the basis of all the oceans’ food chains.
Phytoplankton is important for absorbing carbon dioxide from the atmosphere, while generating much of the oxygen needed to sustain life on Earth.

The study grew phytoplankton at the high carbon dioxide levels predicted for the year 2100 and beyond. The algae was allowed to evolve through 400 generations, with some exposed to varying levels of CO2 and some kept at constant CO2 levels.

Researchers found that phytoplankton exposed to fluctuating CO2 levels was better able to cope with further changes in conditions, compared with algae grown in stable CO2 levels. The finding suggests that populations of the algae will adapt more to the varied conditions expected in future than was previously thought based on experiments at stable conditions.

Scientists found however that the algae developed in changing CO2 conditions evolved more and were smaller than those grown in stable conditions. These factors may impact on how well marine animals can feed off phytoplankton, and how efficiently the algae is able to take carbon out of the atmosphere and sink to the deep ocean. Plankton in some regions of the ocean may evolve more than others under global climate change, because some regions of ocean are currently more variable than others.

The studies, published in the International Society for Microbial Ecology journal and Proceedings of the Royal Society B, were supported by the Royal Society, the European Commission, and the Scottish Universities Life Sciences Alliance.

Dr Sinead Collins, of the University of Edinburgh’s School of Biological Sciences, who led both studies, said: « Predicting how populations of ocean algae will respond to changing ocean conditions is difficult, but these results suggest that populations from highly changeable environments are better placed to deal with additional environmental change than previously suspected. »

Source:http://www.eurekalert.org/pub_releases/2015-06/uoe-oaw063015.php

Le pin des Landes,depuis la nuit des temps

Depuis la nuit des temps, le Pin pousse dans les Landes.

Les Romains expédiaient déjà, via l’Adour et le port de DAX, la résine tirée de cet arbre, ainsi que la poix et les goudrons obtenus par carbonisation de son bois.

Au XIXeme siècle, pour fixer les dunes côtières et assécher les zones marécageuses du nord des Landes, Napoléon III mit en place une politique de boisement de ces contrées par le Pin Maritime. Le plus grand massif forestier d’Europe était né : en moins de 100 ans, les zones boisées passent de 250.000 hectares à plus de 1.200.000, asséchant les marais, rendant les terres cultivables et éradiquant le paludisme.

En plus des objectifs de départ, cette forêt permit de générer une richesse importante pour la région, pauvre jusque là, à travers le bois d’une part, mais surtout – à l’époque – la résine tirée de l’exploitation de ces Pins. 

La forêt de Gascogne est encore aujourd’hui pour plus de 94% dans des mains privées partagée par plus de 34.000 personnes, dans leur grande majorité encore sylviculteurs, qui par leurs investissements garantissent la pérennité de la forêt, source de vie et de revenus.D’où l’appellation d’ »arbre d’or » appliquée au Pin des Landes.

Rappelons qu’il s’agit d’une forêt cultivée, et donc replantée après avoir été coupée comme le montre le schéma.

La récolte de la résine sur les Pins Maritimes et sa distillation permettent d’obtenir l’Essence de Térébenthine et la Colophane. De nos jours, l’exploitation des bois déclassés dans les usines de pâte à papier kraft permet de recueillir auprès de ces usines les mêmes produits, ainsi que les Acides Gras Végétaux du Pin.

L’exploitation industrielle de ces trois matières permet d’obtenir une grande variété de dérivés du Pin qui sont utilisés pour préparer des produits aux propriétés spécifiques.