Chateaubriand et Napoléon

Les opinions politiques de Chateaubriand: royaliste,légitimiste, il choisit la démission chaque fois que ses convictions se trouvent bafoués par le régime qu’il servait.

Extrait de mémoire d’outre-tombe, deuxième partie, livre XIV.chap.4.

La rencontre

Après l’adoption du Condorcat par le Corps législatif en 1802, Lucien,ministre de l’Intérieur, donna une fête en l’honneur de  son frère:j’y fus invité, comme ayant rallié les forces chrétiennes et les ayant ramenées à la charge. J’étais dans la galerie, lorsque Napoléon entra: il me frappa agréablement; je ne l’avais jamais aperçu que de loin. Son sourire était caressant et beau; son œil admirable, surtout par la manière dont il était placé sous son front et encadré dans ses sourcils, il n’avait encore aucune charlatanerie dans le regard, rien de théâtral et d’affecté. Le Génie du Christianisme, qui faisait en ce moment beaucoup de bruit, avait agi sur Napoléon. Une imagination prodigieuse animait ce politique si froid: il n’eût pas été ce qu’il était si la muse n’eût été là; la raison accomplissait les idées du poète. Tous ces hommes à grande vie sont toujours un composé de deux natures, car il les faut capables d’inspiration et d’action: l’une enfante le projet, l’autre l’accomplit.

Chateaubriand

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