« La décision abracadabrantesque » de la déchéance de nationalité

explication de l’historien spécialiste Patrick Weil

L’historien de la nationalité Patrick Weil revient à nouveau sur une décision qu’il juge absurde et inefficace. Coup de gueule d’un des meilleurs spécialistes français de la question.

Il a discuté avec François Hollande sur la question de la déchéance de nationalité suite aux attentats du 13 novembre. Depuis la décision prise par le président de la République de l’inscrire dans le projet de révision constitutionnelle, Patrick Weil ne décolère pas. L’un des meilleurs spécialistes français des questions de nationalité, directeur de recherches au CNRS et professeur invité à la Yale Law School qui a publié en juin Le sens de la République (Grasset), s’insurge contre ce projet inefficace et absurde à tous points de vue.

Que pensez-vous du projet gouvernemental d’intégrer la déchéance de nationalité pour les binationaux dans la Constitution?

C’est absolument « abracadabrantesque », comme disait Jacques Chirac, d’avoir porté ce débat au niveau la Constitution. Du coup, les Français se découvrent divisés entre ceux qui seraient possiblement binationaux et les autres. Tout le monde se met à s’interroger et toi, et vous, vous êtes binationaux? C’est en rupture profonde avec la République, qui confrontée depuis longtemps à cette question, s’est toujours montrée indifférente, s’en est toujours fichée de savoir qui est binational ou pas. La République a toujours traité ses citoyens de façon égale, « sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

La gauche semble très remontée contre cette mesure alors que l’extrême droite et une partie de la droite risque de voter pour.

La question n’est plus de gauche ou de droite. La question porte sur la République et la situation à laquelle elle fait face aujourd’hui. Depuis janvier dernier, chaque Français – en particulier le premier d’entre eux – doit se poser cette question: est-ce que mon action permet d’éradiquer la menace de quelques centaines de Français tentés par l’action terroriste? Et immédiatement après celle-ci: est-ce que ce que je fais renforce la cohésion des Français? C’est la première réponse au terrorisme. Dans mon livre, Le Sens de la République, je rends compte du fait que les Français ne se sentent plus suffisamment compatriotes. Les uns se disent « je ne reconnais plus le pays où je suis né ». D’autres se disent « je suis Français en droit, mais pas reconnu comme tel ». Pourquoi cela?

Nous sommes le plus vieux pays d’immigration d’Europe. Au début du 20ème siècle, les immigrés sont venus de pays étrangers européens. Ils devaient apprendre nos lois, notre langue avant d’être naturalisés. Dans la deuxième partie du 20ème siècle, sont venus des migrants des colonies, qui étaient parfois déjà françaises depuis 1946 notamment pour les Antillais, Guyanais et Réunionais. Il y a eu également des Algériens avant 1962. Mais quand ils sont arrivés en Métropole, on ne les a pas reconnus comme tel et on ne le reconnait encore pas comme tels. On ne connait pas leur part dans l’histoire de France. Ils ne faisaient pas partis de l’Histoire qu’on connaissait. Quand les hommes politiques parlent des immigrés, ils parlent en réalité de gens qui sont Français ou ont un lien à la France depuis des générations. Or ce que va produire cette mesure de déchéance de nationalité pour les binationaux inscrite dans la Constitution, le texte sacré qui organise la République, c’est une distinction entre deux catégories de Français, c’est d’accentuer cette division plutôt que de la réduire.

Que pensez-vous de la réaction des parlementaires de gauche, souvent hostiles à cette mesure?

Les parlementaires de gauche mais aussi de droite ressentent que sur le terrain, tous les Français qui par leur naissance peuvent avoir hérités d’une double nationalité, sans l’avoir jamais désiré, ni pratiqué, sont outrés, se sentent attaqués et visés comme des citoyens de seconde zone. C’est faire du mal à l’unité des Français que d’avoir proposé cette mesure symbolique, sans aucune utilité dans la lutte contre le terrorisme. Les responsables politiques seulement obsédés des sondages, se mettent rarement à la place de nos compatriotes issus de l’immigration ou de la diversité. Ils ont malgré tout le droit d’être respectés autant que les autres.

Pourtant les quelques sondages réalisés sur le sujet montrent que la grande majorité des Français soutiennent cette mesure.
85% des Français sont pour cette mesure? Mais quid des 15% d’autres? C’est très grave de les mettre à l’écart sur ce sujet-là. Nous devons être 100% unis dans la même citoyenneté. La citoyenneté ne doit pas nous diviser mais au contraire nous unir.

La déchéance de nationalité existe déjà en droit français. Elle est prévue notamment par l’article 23-7 du Code civil qui dispose que  » Le Français qui se comporte en fait comme le national d’un pays étranger peut, s’il a la nationalité de ce pays, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d’Etat, avoir perdu la qualité de Français. »
Quand on refera l’Histoire de cet épisode, on se questionnera sur les raisons de la méconnaissance de cet article du Code civil par le Premier ministre et le Président de la République.
Le projet initial prévoyait de modifier l’article 25 de la Constitution. Ce qui révèle une méconnaissance totale de l’histoire du droit de nationalité. Avant 1927, la naturalisation, se faisait en 2 étapes : la personne était d’abord « admise à domicile », puis devait attendre 10 ans avant de demander sa naturalisation. La loi de 1927 a supprimé l’admission à domicile et a passé la naturalisation à 3 ans de séjour. La droite de l’époque trouvait que c’était trop aisé. Comme les 10 années avaient été supprimées, un consensus a été trouvé. Après une naturalisation, on peut enlever la nationalité d’une personne naturalisée française si elle se comportait mal dans les dix ans suivant sa naturalisation. Cela ne visait que les naturalisés.
Quelle est la particularité de l’article 23-7 du Code civil? C’est qu’il s’applique aux Français de naissance et binationaux. C’est exactement ce que veut le gouvernement. L’article 23-7 du Code civil, a été mis là avec des interprétations diverses en 1938. Plus tard, le Conseil d’Etat l’a organisé dans sa jurisprudence comme une déchéance. D’un point de vue juridique et politique, il aurait fallu corriger cet article là du Code civil et pas la Constitution.
Imaginons que cette mesure de déchéance de nationalité soit adoptée. Serait-elle applicable concrètement?
Quelqu’un qui aurait vécu toute sa vie en France, vous lui dites qu’il n’est plus Français. Mais aucun Etat ne va le reprendre. Si la France veut aller devant une cour de justice internationale, elle perdra. La justice regardera la nationalité effective et pas la nationalité de droit. Une décision du Comité des droits de l’homme des Nations Unies qui s’impose à la France, « Nystrom contre Australie » (n°1557/2007), est intéressante à cet égard. L’histoire était celle d’un Suédois, qui âgé seulement de quelques semaines, est parti vivre avec ses parents en Australie. A 40 ans, il commet des crimes graves contre des enfants en Australie. Il est condamné à de lourdes peines et est renvoyé en Suède (il ne possède que la nationalité suédoise). L’ONU a déclaré que l’Australie avait violé le droit international car la nationalité effective du suédois était australienne.
De plus si on renvoyait une personne qui n’a aucun lien avec un Etat, dont il possède la nationalité, la jurisprudence de la Cour de l’Union européenne n’est pas rassurante pour la France qui risque d’être condamnée et humiliée, pour avoir porté atteinte aux droits fondamentaux d’un citoyen européen.
Pensez-vous que cette disposition ait une chance d’être adopté dans la révision constitutionnelle?
Ce n’est pas encore fait. François Hollande n’a pas le pouvoir de changer la Constitution. C’est là que la Vème République reste une vraie démocratie parlementaire. L’Assemblée et le Sénat doivent voter le texte dans les mêmes termes à la virgule prêt, avant qu’il soit soumis au Congrès ou au référendum. C’est très possible que les Parlementaires ne mettent pas d’accord sur un texte commun. François Hollande justifie sa décision en disant qu’il veut tenir son engagement. Mais il n’a pas dit dans son discours de Versailles qu’il voulait sur ce point changer la Constitution. Il pourrait sans se renier dire que si les Parlementaires le souhaitent, cette modification pourrait s’inscrire dans une simple loi.
Source:http://m.challenges.fr/article/20151230.CHA3317/la-decision-abracadabrantesque-de-la-decheance-de-nationalite.html

la déchéance

Ce texte n’est pas de moi, il a été écrit par un écrivain littéraire Booba(je n’approuve pas tous ses textes, mais celui-ci est très beau), j’ai enlevé les passages que je n’approuvais pas, cela aborde de la déchéance,
Il me pousse à la réflexion, peut-on rejeter des enfants de notre Nation, et en tant que chrétienne je pense que toute personne mérite d’avoir un sarcophage et un enterrement digne.

Je suis aussi très surprise qu’une maman africaine ait rejeté son enfant quand tout le monde l’a rejeté.
Je partage ce texte avec vous pour un partage à une réflexion bien plus profonde que lire ces mots sans réfléchir un instant, et sans me placer s’il vous plait à droite ou à gauche ou bien je ne sais où. Merci à vous par avance.

Comme une étoile

Je veux juste briller comme une étoile
J’ai toujours dû, su me débrouiller, la vie n’est qu’une escale
Et si je dois plier, c’est sous l’impact des balles
Mais tu ne m’entendras pas crier car j’ai un gilet pare-balles
je serai rapatrié, enterré au S.
Enfin je pourrai trouver le calme, je serai seul comme une étoile
Comme une étoile j’ai disparu depuis longtemps
Mais tu me vois toujours briller, toujours scintiller
J’ai pris les petits sentiers, quitté le chantier…
J’ai gardé mon automatique et mes amis près de moi…
Tu trouves que la Terre est belle, elle est plus belle vu de là-haut…
On ne m’entendra plus, on ne me verra plus
Regarde vers les nuages, tu verras voler ma plume

Accord de l’ONU pour la Syrie : divergences sur le sort de Bachar el-Assad

Malgré des désaccords, les grandes puissances désireuses d’en finir avec la guerre en Syrie ont fait adopter à l’ONU vendredi une résolution appelant à un cessez-le-feu et à des négociations de paix dès début janvier.Pour la première fois en près de cinq ans de conflit, les 15 membres du Conseil de sécurité ont adopté à l’unanimité, y compris la Russie, une résolution qui établit une feuille de route qui entérine un ambitieux plan de paix pour la Syrie. La résolution envisage que se tiennent « au début janvier » des négociations entre pouvoir et opposition pour mettre fin à quatre années et demi de guerre et que s’instaure simultanément un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien.
Pour le secrétaire d’Etat John Kerry, qui présidait la séance, ce texte « envoie un message clair à tous pour dire qu’il est temps de mettre fin aux tueries en Syrie ». Il s’est dit « sans illusions » sur la difficulté de la tâche mais a salué un « degré d’unité sans précédent » de la part des grandes puissances pour trouver une solution politique en Syrie. « En janvier, nous espérons être en mesure d’appliquer un cessez-le-feu complet, ce qui veut dire plus de largages de barils d’explosifs, plus de bombardements, plus de tirs ni d’attaques d’un côté comme de l’autre ».
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué « la première résolution qui se concentre sur les moyens politiques de résoudre la crise. C’est un pas très important qui nous permet de progresser » vers une solution, a-t-il ajouté. Il a affirmé que les Nations unies « était prêtes » à jouer leur rôle pour organiser les négociations de paix et mettre en place et surveiller le cessez-le-feu. La résolution demande à l’ONU de préparer dans un délai d’un mois des « options » pour mettre en place un « mécanisme de surveillance et de vérification » du cessez-le-feu. « Nous espérons être capable de le faire en janvier », a précisé prudemment le médiateur de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura, se voulant « réaliste » sur la complexité du processus.
Le Conseil demande à l’ONU de « réunir des représentants du gouvernement syrien et de l’opposition afin qu’ils entament des négociations formelles sur un processus de transition politique de manière urgente, avec pour objectif de commencer ces discussions au début janvier 2016 ». Le Conseil « confirme son soutien au Communiqué de Genève » de juin 2012 sur une transition politique en Syrie et « entérine les déclarations de Vienne », qui prévoientt un gouvernement de transition dans les six mois, ainsi que des élections dans les 18 mois.
La résolution précise que ce cessez-le-feu ne s’appliquera pas aux opérations contre les groupes extrémistes comme l’EI et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. Elle appelle à « éliminer le sanctuaire qu’ils ont créé sur une grande partie » de la Syrie. Les rebelles et certains pays occidentaux accusent Moscou de bombarder surtout les positions des groupes s’opposant au régime et non celles de l’organisation jihadiste Etat islamique.
Incertitude autour du sort de Bachar el-Assad
La prudence perdure car l’accord à l’ONU ne résout pas la question cruciale du sort réservé au président Bachar el-Assad. Les divergences persistent entre Occidentaux qui souhaitent son départ, sans dire à quel moment, et les Russes, qui le soutiennent mordicus. « Compte tenu de la réalité sur le terrain et de l’impasse faite sur le sort de Bachar el-Assad, l’accord n’est absolument pas applicable », a réagi samedi Samir Nachar, un membre de la Coalition nationale syrienne (CNS), principale formation de l’opposition en exil.
Pour Karim Bitar, directeur de recherches à l’Institut français de relations internationales, la résolution « est un premier pas très significatif mais de nombreuses ambiguïtés et arrière-pensées demeurent. Autant Russes et Américains semblent prêts à parvenir à un modus vivendi, autant les puissances régionales sunnites continuent de craindre que ce pragmatisme ne pérennise le statu quo et permette le maintien d’Assad sur une trop longue période de transition », explique-t-il.

Source: challenges

L’alliance franco-britannique 

Le géopolitologue, Jean-Sylvestre Mongrenier, rappelle l’importance de la relation politique et militaire entre Paris et Londres, alors que se tient un Conseil européen crucial. 
Le 23 janvier 2013, David Cameron promettait à ses compatriotes l’organisation d’un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne (UE). Un certain temps, la question semblait relever des conflits internes au Parti conservateur, mais le premier ministre a depuis posé ses exigences (compétitivité et flexibilité de l’Europe, rétrocession de pouvoirs vers les Etats membres et primauté des parlements nationaux). Dans l’année à venir, ce référendum pourrait être organisé et la victoire du « non », suivi d’un « British exit » (le Brexit), n’est pas exclue. Alors que le Conseil européen des 17 et 18 décembre 2015 aborde enfin la question, il faut rappeler l’importance de la relation politique et militaire entre la France et le Royaume-Uni pour les destinées de l’Europe.
LES RÉCRIMINATIONS BRITANNIQUES CONTRE L’ »EUROPE »
De l’autre côté du Channel, l’euroscepticisme et les interrogations sur le rôle et la place des Britanniques en Europe ne sont pas choses neuves. D’emblée, le traité de Maastricht (1991) a été perçu comme une problématique franco-allemande, Londres n’acceptant de signer et ratifier le texte qu’après avoir obtenu diverses exemptions. Au total, le Royaume-Uni a conservé sa monnaie, ne participe pas à l’espace Schengen et n’envisage pas de véritable défense européenne intégrée. Rituellement, l’UE est décrite comme une lourde bureaucratie qui porte atteinte à la souveraineté du Parlement et obère le dynamisme de l’économie britannique. Les dirigeants britanniques ont pour priorité un marché unique, élargi aux services et à l’économie numérique.
Au vrai, on peut s’étonner qu’une partie des Britanniques prétend sortir d’une Europe qui, à bien des égards, fonctionne sur le modèle préconisé de longue date par Londres. L’UE n’est en rien une « fédération d’Etats-nations » mais un vaste et lâche Commonwealth paneuropéen, fondé sur le libre-échange entre ses membres et des mécanismes politiques intergouvernementaux. Il reste que la « grande crise » de 2008, le désordre des finances publiques et les déchirements de la zone Euro, avec les rebondissements du psychodrame grec, ont eu des conséquences dans l’opinion publique britannique. Il faut y ajouter les effets de la libre-circulation dans l’espace européen – la pression migratoire sur le Royaume-Uni est forte -, et les inquiétudes suscitées par la nouvelle immigration à destination de l’Europe suscite (voir les flux de réfugiés et la situation à Calais).
Inévitablement, il entre du non-rationnel et de la passion dans ces questions, et « Bruxelles » n’est pas responsable d’un malaise identitaire qui concerne la totalité des sociétés occidentales post-modernes. On ne saurait pourtant balayer du revers de la main les récriminations britanniques. La crise de la zone Euro a validé les critiques formulées à l’époque du traité de Maastricht, les responsables politiques et les économistes britanniques objectant alors que l’Europe ne constituait pas une « zone monétaire optimale ». le projet de monnaie unique était présenté comme un constructivisme intellectuel, potentiellement néfaste pour ses membres ainsi que leurs associés au sein de l’UE. Nécessité faisant loi, le gouvernement britannique soutient aujourd’hui l’intégration politique de la zone Euro, mais il refuse que les autres Etats en subissent les conséquences et entend préserver le rôle de la City (plus du tiers de la finance européenne).  
LES LIMITES DU « COUPLE FRANCO-ALLEMAND »
Sur ces mêmes questions monétaires et budgétaires, la France est confrontée à une sempiternelle contradiction interne: vouloir une Europe forte, avec des institutions faibles. De fait, elle n’est pas le membre le plus allant de la zone Euro, sans que son laxisme budgétaire lui assure un surcroît de croissance économique, ou plus de latitude d’action pour mener de vraies réformes structurelles. In fine, la France s’acharne à donner corps à la théorie de la « stagnation séculaire », censée frapper les économies avancées. En revanche, les plus hautes autorités du pays s’affirment résolues à conserver un rôle de premier plan sur la scène internationale. Si l’attentisme au plan économique menace les bases de la puissance, l’action diplomatique et les nombreux engagements militaires traduisent la continuité des ambitions géopolitiques françaises.
Alors que l’euro est d’abord une affaire franco-allemande, les conditions nécessaires à la projection de puissance dans le monde appellent l’attention sur la coopération franco-britannique (et l’étroite alliance avec les Etats-Unis). Malgré la réunification et le recouvrement d’une pleine souveraineté au plan juridico-international, les dirigeants allemands ne sont guère pressés d’assumer des responsabilités géostratégiques à la mesure de leur puissance virtuelle. L’affirmation de soi (la «selbstbehauptung») se fait sur un mode géoéconomique, teinté de moralisme, l’Allemagne renouant ainsi avec la voie qui était la sienne à l’époque du «Made in Germany », à la fin du XIXe siècle, lorsque son industrie évinçait les produits britanniques de bien des marchés à l’export (Made in Germany est le titre d’un livre dénonciateur, publié en 1896, et l’Angleterre est alors travaillée par le protectionnisme).
Après la Guerre froide, Berlin a prétendu renouer avec l’action militaire extérieure et des avions allemands ont participé à la guerre du Kosovo. Des effectifs non négligeables ont ensuite été dépêchés en Afghanistan, dans le cadre de l’OTAN, pour lutter contre l’islamo- terrorisme et soutenir la reconstruction du pays. Si les troupes allemandes n’ont pas été déployées dans les provinces les plus exposées, au sud et à l’est de l’Afghanistan, elles sont restée jusqu’au bout, à la différence du corps expéditionnaire français. Pourtant, le passé historique pèse sur les esprits et le pacifisme est bien installé. Conformément aux attentes des vainqueurs de 1945, la Loi fondamentale interdit tout engagement militaire sans l’accord du Bundestag. En somme, la politique étrangère allemande privilégie le « soft power », sans grande influence dans un monde qui se durcit.
LA NOUVELLE « ENTENTE CORDIALE »
Parallèlement, la rhétorique du « couple franco-allemand » a occulté le resserrement des liens entre Paris et Londres, le quatre-vingt-dixième anniversaire de l’Entente cordiale offrant l’occasion de développer un « partenariat global »entre les deux pays (1994). Depuis, le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN (2009), les effets de la crise sur les budgets militaires et, aux débuts de l’Administration Obama, le moindre intérêt apparent des Etats-Unis pour la « vieille Europe » ont joué en faveur du rapprochement franco-britannique. Le 2 novembre 2010, Nicolas Sarkozy et David Cameron signaient les traités de Lancaster House, afin d’accroître leur coopération militaire bilatérale, une condition sine qua non pour demeurer des puissances de rang mondial. L’année suivante, Paris et Londres s’engageaient ensemble en Libye et y emmenaient l’OTAN.
Les convergences franco-britanniques relèvent de logiques intergouvernementales, la finalité politique de chacun des Etats étant de préserver son statut de puissance mondiale. Cela dit, une coopération bilatérale plus forte encore serait aussi une contribution à la défense de l’Europe et consoliderait les positions du Vieux Continent dans les équilibres mondiaux. La guerre demeurant l’ultima ratio regis, il est vital que les deux principales puissances militaires européennes conservent des moyens d’intervenir, comme elles le font actuellement sur le théâtre syro-irakien (ce sont les deux seules puissances européennes à bombarder l’« Etat islamique », en Syrie comme en Irak). La combinaison des capacités militaires françaises et britanniques est aussi déterminante pour pouvoir prétendre influencer la «grande stratégie » américaine.
Enfin, les enjeux inhérents à l’alliance franco-britannique sont plus vastes que les seuls intérêts bilatéraux. L’ouverture au «Grand Large » est consubstantielle à l’histoire de l’Occident et il revient aux puissances atlantiques de porter cet héritage moral et géopolitique. Une Europe recroquevillée sur son aire géographique, qui s’illusionnerait sur les vertus protectrices de ses « anciens parapets », serait infidèle à elle-même. Le monde est engagé dans une « grande transformation », des forces titanesques sont au travail, et le rêve européen d’être une Grande Suisse tourne au cauchemar. Déjà, les mutations en cours prennent l’allure d’un « grand déclassement » et les difficultés des nations européennes, porteuses d’une civilisation à vocation universelle, avivent les ressentiments de leurs anciens sujets et tributaires.
EN CONCLUSION
En regard des enjeux géopolitiques globaux, il ne saurait être question de fermer le pont-levis de la « forteresse Europe », et la France devrait travailler à l’établissement d’un compromis loyal avec le Royaume-Uni. La consolidation politique de la zone Euro et ses effets sur l’UE légitiment en effet le souci britannique d’obtenir des garanties sur leur statut particulier et la place des Etats membres qui n’appartiennent pas à l’Union économique et monétaire.
Encore faudrait-il que cette négociation s’inscrive dans une vision large et à long terme d’une Europe à géométrie variable, avec différents niveaux d’intégration, et des partenariats géopolitiques sur ses confins géohistoriques et culturels. Aussi nécessaire soit-il, le renforcement du marché unique n’est donc pas l’objectif ultime. Français et Britanniques doivent aiguillonner les Européens, pour qu’ils prennent leur part des responsabilités mondiales qui incombent à l’Occident.

Par Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More

Artificial-Intelligence Research Center Is Founded by Silicon Valley Investors

 group of prominent Silicon Valley investors and technology companies said on Friday that they would establish an artificial-intelligence research center to develop “digital intelligence” that will benefit humanity.
The investors — including Elon Musk, Peter Thiel and Reid Hoffman — said they planned to commit $1 billion to the project long term, but would initially spend only a small fraction of that amount in the first few years of the project. But, Mr. Musk said, “Everyone who is listed as a contributor has made a substantial commitment and this should be viewed as at least a billion-dollar project.”

The organization, to be named OpenAI, will be established as a nonprofit, and will be based in San Francisco.

Its long-range goal will be to create an “artificial general intelligence,” a machine capable of performing any intellectual task that a human being can, according to Mr. Musk. He also stressed that the focus was on building technologies that augment rather than replace humans.

Mr. Musk, who is deploying A.I.-based technologies in some of his products like the Tesla automobile, said that he has had longstanding concerns about the possibility that artificial intelligence could be used to create machines that might turn on humanity.

He began discussing the issue this year with Mr. Hoffman, Mr. Thiel and Sam Altman, president of the Y Combinator investment group.

“We discussed what is the best thing we can do to ensure the future is good?” he said. “We could sit on the sidelines or we can encourage regulatory oversight, or we could participate with the right structure with people who care deeply about developing A.I. in a way that is safe and is beneficial to humanity.”

“Artificial intelligence is one of the great opportunities for improving the world today,” Mr. Hoffman said in an email. “The specific applications range from self-driving cars, to medical diagnosis and precision personalized medicine, to many other areas of data, analysis, decisioning across industries.”

Other backers of the project include Jessica Livingston of Y Combinator; Greg Brockman, the former chief technology officer of Stripe, as well as Amazon Web Services, Amazon’s Cloud Services subsidiary; and Infosys, an Indian software consulting and consulting firm. The research effort has also attracted a group of young artificial intelligence researchers.

The founders said they were not yet ready to provide details on who had donated how much and the rate at which the project money would be spent. They will fund the development of the project on a year-by-year basis. They also said they were not yet ready to describe how quickly the project would grow in terms of funding or staffing.

The announcement occurs in the same week that one of the main academic gatherings focusing on artificial intelligence, the Conference on Neural Information Processing Systems, is being held in Montreal.

In recent years the event has grown as major technology corporations like Apple, Facebook, Google, IBM and Microsoft have started competing to hire the most talented researchers in the field. Salaries and hiring incentives have soared.

The research director of OpenAI will be Ilya Sutskever, a Google expert on machine learning. Mr. Brockman will be the chief technology officer. The group will begin with seven researchers, including graduate researchers who have been standouts at universities like Stanford, the University of California, Berkeley, and New York University.

“The people on the team have all been offered substantially more to work at other places,” Mr. Musk said.

Mr. Altman added, “It is lucky for us the best people in any field generally care about what is best for the world.”

In October 2014, Mr. Musk stirred controversy when, in an interview at M.I.T., he described artificial intelligence as our “biggest existential threat.” He also said, “With artificial intelligence we’re summoning the demon.”

In October, he donated $10 million to the Future of Life Institute, a Cambridge, Mass., organization focused on developing positive ways for humanity to respond to challenges posed by advanced technologies.

He said the new organization would be separate from the Future of Life Institute, and that while the new organization did have a broad research plan, it was not yet ready to offer a specific road map.

Source: New York Times

L’enfant, Victor Hugo

Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil, 

Chio, qu’ombrageaient les charmilles,

Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,

Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois 

Un chœur dansant de jeunes filles.
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,

Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis, 

Courbait sa tête humiliée ;

Il avait pour asile, il avait pour appui

Une blanche aubépine, une fleur, comme lui 

Dans le grand ravage oubliée.
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !

Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus 

Comme le ciel et comme l’onde,

Pour que dans leur azur, de larmes orageux,

Passe le vif éclair de la joie et des jeux, 

Pour relever ta tête blonde,
Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner

Pour rattacher gaîment et gaîment ramener 

En boucles sur ta blanche épaule

Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,

Et qui pleurent épars autour de ton beau front, 

Comme les feuilles sur le saule ?
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?

Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus, 

Qui d’Iran borde le puits sombre ?

Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,

Qu’un cheval au galop met, toujours en courant, 

Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,

Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, 

Plus éclatant que les cymbales ?

Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?

– Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, 

Je veux de la poudre et des balles.

La presión fiscal subió en España en 2014 más del doble que en la OCDE

España recaudó por impuestos en 2014 el equivalente al 33,2% del PIB, según la OCDE. Este dato supone un incremento de 0,5 puntos en la presión fiscal respecto al año anterior. El aumento es casi el doble que el registrado en la OCDE, el foro de los países más industrializados, un 0,3. No fue el país en que más aumentó. Le superó con mucha diferencia Dinamarca, donde la recaudación creció en 3,3 puntos sobre el PIB. El país nórdico se convirtió en el único país del club en que la presión superó el 50% sobre toda su economía.
España fue, junto a Islandia, el país de la OCDE en que la presión fiscal más cayó con la llegada de la crisis. El máximo se marcó en 2007. El estado recaudó en impuestos el 36,5% del producto interior bruto (PIB) en impuestos y cotizaciones. Dos años después ingresó el 29,8%. Desde entonces, las arcas públicas se han ido recuperando, pero todavía están a mitad del camino perdido en los dos primeros años de la crisis. En Islandia, en cambio, ya ha regresado al nivel que tenía en 2007, según el informe que divulgó este jueves la OCDE el peso de los impuestos en la economía de los países miembros con datos provisionales de 2014.

En ese documento, que mide la recaudación pública tomando impuestos directos e indirectos y cotizaciones sociales y dejando fuera los ingresos de las empresas públicas y varios tipos de tasas, se observa que el incremento registrado en España en 12 meses, 0,5 puntos porcentuales, supera en más de dos veces el del conjunto del club que dirige el mexicano Ángel Gurría. No obstante, hay países en que el salto ha sido bastante mayor en solo un año.

Uno de estos países es, precisamente, Islandia, donde el salto ha sido en apenas una docena de meses de 2,7 puntos. Hoy otro con un aumento mayor, Dinamarca. En el país nórdico, el incremento fue de 3,3 puntos. Esta subida supone que Dinamarca supera el 50% de presión fiscal, situándose en el 50,9%.

  
Muy lejos de este grupo se sitúan los dos países latinoamericanos que son miembros del club, México y Chile. En ambos, la recaudación de los impuestos se sitúa por debajo del 20% del PIB. En el primer caso, asciende al 19,5%; en el segundo, un poco más, el 19,8%. Por encima, aparecen Corea del Sur (24,6%) y Estados Unidos (26,6%) e Irlanda (29,9%).

El resto de países miembros se sitúan en una presión fiscal que está entre los 30 y los 40 puntos sobre el conjunto de su economía. Entre ellos, está España con ese 33,2%.

Por lo que respecta solo a las cotizaciones sociales, los datos de 2013 (últimos disponibles) muestran que el mayor peso se da en Francia. En este punto Dinamarca cae a lo más bajo de la tabla puesto que en este país las pensiones se financian con impuestos.

Source:http://economia.elpais.com/economia/2015/12/03/actualidad/1449139901_649828.html