Histoire Bordeaux: L’ancien quartier Mériadeck

Les allées du Monastère des Chartreux

Le quartier Mériadeck prend ses origines dans les terrains marécageux entourant la ville de Bordeaux. Les croyant responsables des nombreuses épidémies dont Bordeaux est victime depuis le milieu du XVe siècle, la ville décide leur assainissement à partir du XVIe siècle.

L’archevêque François de Sourdis en accélère les travaux, voyant en effet dans le projet d’assainissement de ces marais la possibilité de reloger les Chartreux, alors sans monastère. Le 13 janvier 1608, l’archevêque achète donc un terrain dans les terrains marécageux pour y édifier le nouveau monastère. Des allées plantées sont créées pour relier l’archevêché au monastère, on y adjoint des prairies qui deviendront alors les lieux privilégiés de promenade des bordelais, qui jugeaient alors l’ensemble plus beau que les jardins des Tuileries de Paris. Ces lieux restent en dehors du rempart.

Mais ces allées n’auront qu’une courte vie : elles sont dévastées en 1640 lors de la Fronde. Les dégâts non réparés, les marais reprennent leur territoire.

En 1673 ces terrains, toujours marécageux sont directement liés à la ville par la destruction du mur du rempart au droit de l’archevêché.

Ces marécages souffrent d’une réputation «d’anciens marais aux herbes à sorcières».

« L’ancien » quartier Mériadeck

Monseigneur Ferdinand Maximilien de Mériadec de Rohan (1738-1813), prince de Guéméné, nommé archevêque de Bordeaux en 1769, achète ces terrains afin de les lotir dans l’espoir de financer ainsi la construction d’un archevêché, le palais Rohan, actuel hôtel de ville de Bordeaux, jugeant indigne de sa personne l’ancienne bâtisse.

Les architectes du nouveau palais, Etienne, puis Bonfin, dresseront également les plans du nouveau quartier.

Mais ces terrains, prisonniers de leur mauvaise réputation, seront mal assainis, mal bâtis, et donc difficiles à vendre. Les travaux d’assainissement et de lotissement, s’ils commencent dès 1772, n’aboutiront pas avant la première moitié du XIXe siècle.

La construction du nouvel archevêché dépendant directement de la vente de ces terrains, l’archevêque n’habitera jamais son palais, achevé seulement après son départ de Bordeaux.

Le lotissement respecte le tracé de la ville-mère, créant une continuité au-delà des anciens remparts sans rupture de l’Est à l’Ouest, de part et d’autre du cours d’Albret. Il suit en fait le tracé des allées faites par de Sourdis, dont les fossés drainent encore correctement l’ancien marais. Deux places organisent le quartier: l’une ronde, la place Rodesse, nom du lotisseur, et au centre, une place carrée, adoptant le nom de l’archevêque. Ultérieurement, le nom de la place, Mériadeck, désignera tout le quartier. Un nouveau cimetière est établi en 1791 sur l’enclos sécularisé des Chartreux.

Si les premiers occupants représentent essentiellement une population d’artisans, avec la baisse des prix des lots, une nouvelle population plus humble arrive, constituée en grande partie de travailleurs. Les constructions du quartier deviennent alors plus basses. Des échoppes ne tardent pas à couvrir le quartier.

La place Mériadeck accueille un marché de proximité. Il s’ouvre rapidement à la brocante et à la ferraille. Tout le monde peut y vendre sans payer des droits. La place ne tarde pas à devenir le symbole de tout le quartier. En 1860, une fontaine est créée sur la place, alors seul point d’eau courant et potable du quartier.

En 1802, un jardin botanique est créé le long de l’actuelle rue Georges Bonnac. Mériadeck étant un quartier populaire, plusieurs parcs proposant des activités de détente s’installent dans le quartier au XIXe, que ce soient Vincennes, Plaisance ou les Champs-Élysées. Ces parcs proposent des salles de danse, des bosquets, des labyrinthes, des stands de tir à l’arc et de nombreux autres jeux variés. Aux Champs-Élysées, situés entre le cimetière et la Chartreuse, on installe même en 1825 des montagnes-russes, rebaptisées pour l’occasion «Montagnes Françaises», puis en 1838, un plateau de glace pour patineurs. Le public, friand de ce genre d’activités, afflue tous les dimanches. Tous ces parcs disparaîtront avant la fin du siècle au profit des lotisseurs.

La mairie se désintéresse totalement du quartier et ne l’entretient pas : les voies sont mal pavées, les logements se délabrent rapidement.

La ville lui exprime sa considération par un arrêté en 1838, faisant de Mériadeck le quartier réservé des «femmes du monde», c’est-à-dire des prostituées.

Mis à l’écart, le quartier acquiert une certaine autonomie vis-à-vis du reste de la ville, possédant son cimetière, des écoles primaires, des industries, ainsi qu’une population homogène, constituée d’individus aux faibles revenus. Connaissant tous les mêmes difficultés, une forte entraide unis l’ensemble du quartier, qui devient alors une sorte de «village». Ses nombreux cabarets et ses maisons de tolérance en font une attraction pour le reste de la ville fin XIXe. Son marché aux puces devient également un lieu référence : tout s’y trouve, objets rares ou disparus.

Mais l’insalubrité du quartier va en s’empirant : les propriétaires de moins en moins fortunés n’ont pas les moyens d’entretenir le bâti, les inondations dues aux crues des ruisseaux qui le traversent aggravent son délabrement.

De l’extérieur, le quartier reste toutefois apprécié pour son pittoresque, ses bistrots, son marché aux puces.

Avec l’après-guerre, le problème des logements devient un point crucial auquel les villes doivent faire face. Devant l’insalubrité de Mériadeck, la ville décide une rénovation. Une intervention dispersée semble impossible, la ville opte alors pour une opération radicale en 1955. «Mériadeck, c’était des bordels» (Jacques Chaban-Delmas). La zone d’intervention s’étend de la rue François de Sourdis au cours d’Albret, et du cours du Maréchal-Juin à la rue Georges Bonnac.

En 1971, l’ancien quartier Mériadeck n’existe plus. Plus de trente hectares sont détruits, sa population est relogée dans des cités dortoirs de transit, mais ne reviendra jamais dans le quartier, le projet ayant évolué vers d’autres horizons plus prestigieux.

source: http://meriadeck.free.fr/Meriadeck/Histoire_du_quartier.html

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