En Aquitaine a lieu le « plus grand chantier de reboisement de tous les temps »

Les sylviculteurs du Sud-Ouest croient à nouveau en leur avenir. Malmené cet été par les agriculteurs, le ministre, qui est aussi ministre de la Forêt, a pu goûter aux joies du succès auprès des sylviculteurs lors de la 98e assemblée générale du Syndicat des sylviculteurs du sud-ouest (SSSO), à Morcenx (Landes), dont il était l’invité vedette à la mi -septembre et où se sont pressés près de 500 professionnels.

« C’est la première fois que nous avons un ministre de la Forêt et depuis qu’il est en fonction il en fait plus pour la forêt que les trois ou quatre ministres de l’Agriculture précédents », se réjouit le secrétaire général du SSSO, à l’unisson d’une filière dont les représentants n’ont pas hésité à applaudir le ministre lors de son arrivée à l’AG, en compagnie du président de la région Aquitaine, et du président du Conseil départemental des Landes. 

Atteindre 150 millions de mètres cubes

Après celle de 1999, la tempête Klaus de 2009 a très sévèrement frappé le massif des Landes de Gascogne, qui s’étend sur 987.950 hectares (Centre régional de la propriété forestière d’Aquitaine) répartis sur Gironde, Landes et Lot-et-Garonne, et en particulier le département des Landes, où se trouve le cœur de la forêt (664.722 hectares). A noter que la forêt des Landes de Gascogne ne se superpose pas exactement avec la région des Landes de Gascogne, qui est un peu plus grande.

« Avant la première des deux tempêtes, la production annuelle de bois était de l’ordre de 160 millions de mètres cubes (Mm3). Actuellement nous sommes autour de 70 Mm3 et notre objectif est de remonter entre 140 et 150 Mm3 par an dans les plus brefs délais. Aujourd’hui nous exploitons 100 % du stock », 
Une situation qui pourrait être le signe de la poursuite de la crise enclenchée par la tempête de 2009. Mais cet étranglement sur les volumes de bois disponibles, qui découle de la destruction massive du cheptel forestier, a désormais un horizon. Après le nettoyage, réalisé à près de 98 %, le rythme des plantations a permis d’atteindre les objectifs fixés.

« C’est le plus gros chantier de reboisement d’Europe et de tous les temps. Nous en sommes déjà à 130 -140.000 hectares d’engagement et le massif sera reboisé à 90 % en 2017, nous allons atteindre les 200.000 hectares », pronostique CP.
Le pin à 30 ans contre 40
Cet effort historique a mobilisé la profession mais aussi l’Etat, dont l’aide sur la période 2009-2017 s’élève à 470 M€, auquel Stéphane Le Foll a promis d’ajouter 60 M€ d’aide supplémentaire. Une des clés majeures de cette sortie de crise vient des progrès réalisés par l’Inra (Institut national de la recherche agronomique).

Plus grande forêt cultivée d’Europe, le massif des Landes de Gascogne va bénéficier d’une innovation de l’institut, qui a réussi à réduire la durée de rotation des pins maritimes en jouant sur la sélection, « pas sur la génétique », . Grâce à cette innovation, les pins maritimes arriveront à maturité à l’âge de 30 ans au lieu de 40. Un gain de 10 ans qui va permettre de booster la production. Cette bonne nouvelle arrive alors que la filière a dévoilé à l’occasion de cette AG le lancement son Plan de développement forestier 2015 -2030.

Retour des centimes forestiers ?

Structuré en concertation avec l’Etat, ce programme à 15 ans porte sur quatre axes principaux : protection de la forêt-changement climatique, techniques sylvicoles-productivité-rentabilité de la forêt cultivée, qualification de la ressource pour une meilleure valorisation, formation-information des sylviculteurs. le ministre s’est par ailleurs engagé à appuyer les sylviculteurs dans la constitution d’un Fonds phyto forêt, se félicitant de l’excellence de leur organisation professionnelle.
Il a également jugé légitime la demande de récupération par la filière des centimes forestiers versés aux chambres d’agriculture. Les forestiers estiment en effet que leur contribution au fonctionnement des chambres d’agriculture ne correspond pas aux bénéfices qu’ils en retirent. « Avant tout allait financièrement bien, ça ne posait pas de problème. Aujourd’hui c’est très différent. Et comme l’a dit Margaret Thatcher en son temps, « I want my money back » (je veux récupérer mon argent) », expose CP. Des centimes forestiers qui représentent une contribution de 1,2 M€ en Aquitaine. 

Source:http://objectifaquitaine.latribune.fr/business/2015-10-12/en-aquitaine-a-lieu-le-plus-grand-chantier-de-reboisement-de-tous-les-temps.html

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