La Chine abandonne la limite de prêts bancaires qu’elle s’était imposée, Bilan la référence Suisse de l’économie

La Chine a abandonné samedi l’obligation qu’elle avait imposé aux banques depuis deux décennies de limiter leurs prêts par rapport aux dépôts, a annoncé l’agence Chine nouvelle.

La loi votée en 1975 qui limitait les prêts à 75 % des dépôts a été amendée par le comité permanent du Congrès national du peuple chinois et cette modification rentrera en vigueur le 1er octobre prochain, a annoncé l’agence officielle.

Le Congrès national du peuple chinois assure le pouvoir législatif.

Cet amendement intervient après que la Banque populaire de Chine, banque centrale, ait annoncé mardi dernier qu’elle réduisait ses taux d’intérêt de référence afin de réduire les fonds que les banques doivent conserver. Cette décision a été vue comme une tentative de stimuler les prêts et de soutenir l’économie chinoise en difficulté.

La PBC a également annoncé l’élimination d’un plafond sur les taux d’intérêt pour les dépôts à terme d’une durée de plus d’un an.

Les mesures prises par la Chine pour libéraliser les contrôles de taux d’intérêts sont interprétées comme destinées à ouvrir le pays au système financier.

Seconde économie mondiale, la Chine affronte un fort ralentissement de sa consommation intérieure et les autorités sont sous pression afin de prendre des mesures pour la soutenir.

La bourse de Shanghai a récemment connu des vicissitudes et lourdement chuté entrainant les autres bourses mondiales derrière elle.

Source : http://www.bilan.ch/economie/chine-abandonne-limite-de-prets-bancaires-setait-imposee

la rentrée!

Hello à tout le monde,
j’espère que vous allez bien avec ce magnifique soleil?
En cette matinée de dimanche ensoleillé, avec Maylis nous sommes allées chercher ses fournitures scolaires pour son entrée en 6ième, je ne me souvenais plus que nous avions besoin de tout cela (humour) et nous avons tout trouvé.

Sur le chemin j’ai pris le bouquin sur l’éducation d’Alain Juppé et le bouquin « peut-on prévoir l’avenir? » de Jacques Attali.

Cool!

bon je pars courir!

Très bon dimanche à tout le monde et Portez-vous bien, Nathalie.

La banque centrale chinoise réduit encore ses taux d’intérêt

source:http://www.bilan.ch/economie/banque-centrale-chinoise-reduit-taux-dinteret

CHINE

La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé mardi ses taux d’intérêt, pour la cinquième fois depuis novembre: un nouvel effort pour soutenir une économie à la peine et pour rassurer les investisseurs, sur fond d’effondrement des Bourses locales.

A partir de mercredi, le taux de prêts à un an et le taux des dépôts à un an seront abaissés de 25 points de base et ramenés respectivement à 4,60% et 1,75%, a annoncé l’institution sur son site internet.

Simultanément, la banque centrale va abaisser de 50 points de base les ratios des réserves obligatoires imposés à certains établissements financiers, une mesure censée leur permettre de prêter davantage.

Ces nouveaux assouplissements monétaires étaient largement attendus, alors que la conjoncture ne cesse de s’assombrir dans la deuxième économie mondiale.

Entre autres, les exportations chinoises –un pilier de croissance– ont chuté de plus de 8% en juillet, la production industrielle ralentit fortement, et l’activité manufacturière s’est violemment contractée en août selon un indicateur PMI de référence tombé au plus bas depuis six ans…

« On s’y préparait, mais cette nouvelle baisse des taux arrive plus tôt que prévu », a indiqué à l’AFP Wendy Chen, analyste de Nomura. « C’est une décision sans doute liée aux statistiques moroses, mais aussi à la débandade boursière des derniers jours ».

‘RÉTABLIR LA CONFIANCE’

De fait, la Bourse de Shanghai a dévissé de 7,63% mardi, après avoir perdu 11% la semaine dernière et s’être effondrée lundi de 8,49% -sa plus forte baisse journalière en huit ans- dans un climat d’affolement général.

Elle a perdu plus de 40% depuis mi-juin.

Pire: ces plongeons répétés ont attisé les craintes sur l’essoufflement de l’économie chinoise et plombé les marchés mondiaux, qui ont décroché de concert lundi.

De quoi s’interroger sur l’impuissance de la Chine à stabiliser ses Bourses, en dépit d’interventions répétées des autorités depuis fin juin –notamment via des achats massifs de titres par des organismes publics.

« Le gouvernement s’efforçait de revigorer les Bourses à coups d’achats d’actions » mais « il semble avoir changé de tactique avec ces abaissements simultanés des taux d’intérêt et des ratios de réserves obligatoires », réagissait Mark Williams, du cabinet Capital Economics.

« La décision pourrait effectivement stopper la dégringolade boursière, mais la principale motivation (de la PBOC) reste peut-être surtout de rétablir la confiance perdue dans la situation de l’économie », tempérait-il.

Certes, les autorités ont multiplié les mesures de soutien à l’activité, et la PBOC a elle-même abaissé ses taux d’intérêts par quatre fois entre novembre 2014 et juin 2015 — mais sans grand succès, entretenant un scepticisme croissant sur la politique suivie.

A telle enseigne que, selon des analystes, les liquidités ainsi dégagées ont plus contribué à gonfler la bulle des marchés boursiers qu’à aider l’économie réelle.

L’activité reste terne et les indicateurs décevants se succèdent.

Dans ce contexte, la soudaine dévaluation du yuan il y a deux semaines –largement perçue comme un effort désespéré de Pékin pour doper ses exportations– n’a fait qu’exacerber l’angoisse générale.

-Croissance ‘sous pression’-

« La croissance économique reste sous pression » et ces nouveaux assouplissements « soutiendront le développement durable de l’économie réelle », a affirmé la PBOC mardi dans son communiqué.

Ainsi, « le coût des emprunts va diminuer pour ceux qui souscrivent un prêt bancaire, y compris pour les prêts immobiliers », abondait Mark Williams.

« Cela devrait donner un coup de pouce supplémentaire au marché immobilier chinois (qui amorce un rebond très timide) ainsi qu’aux entreprises d’Etat », très gourmandes en prêts souscrits auprès des banques.

La Chine a enregistré au deuxième trimestre une croissance économique de 7%, conforme à l’objectif annuel que s’est fixé le gouvernement pour 2015.

Ce qui serait tout de même la plus faible performance du géant asiatique depuis un quart de siècle.

Mais de l’avis général, même cet objectif de croissance de 7% pourrait s’avérer difficile à atteindre, à moins de fortes interventions supplémentaires du gouvernement, notamment en termes de relance budgétaire et de dépenses publiques.

Pékin vante volontiers ses efforts de rééquilibrage économique destinés à accorder un rôle accru au marché dans l’allocation des ressources… mais il veut à tout prix éviter un « atterrissage brutal » de sa croissance.

Et la PBOC à elle seule ne pourra pas faire de miracle et « dissiper les dangers liés à une économie chinoise reposant sur un endettement massif » et notamment sur les dettes des gouvernements locaux, avertissaient les experts de la banque ANZ.

l’éducation

Bonjour,

un article intéressant vient de paraître sur l’éducation, itw d’Alain Juppé, « il faut mettre le paquet sur l’école primaire ».

Des idées profondes et pertinentes, notamment pour le recrutement à savoir développer la notion de « poste à profil » avec une rh est sincèrement une bonne idée.

Il reprend une seule idée de Ségolène Royal(augmenter salaire des instituteurs de 10%).
Sujet capital,j’attends le livre avec impatience. Super la photo, j’avais exactement le même pupitre à l’école primaire!

Sinon pour ma part, j’ai toujours mentionné « Les Landes » au lieu de « Landes » qui provient de Las Lanas en patois.(le journaliste a mis « Landes »).

Bonne fin de journée à tout le monde,

Portez-vous bien,Nathalie.

Plaît-il madame la ministre de l’éducation ?

La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a vivement critiqué vendredi 21 août la proposition d’Alain Juppé d’augmenter de 10% le salaire des professeurs des écoles dans un entretien au Parisien magazine, la qualifiant de « promesse de Gascon » irréalisable au vu des finances publiques.

NL: plaît-il madame la ministre?

Une promesse de Gascon dites-vous?

C’était une idée de Ségolène Royal programme 2007

n’étiez-vous pas son porte parole en 2007?

Oui oui c’était bien vous, promesse de Gascon!

Le Gouf de Capbreton

source:http://www.123ocean.com/ocean/abysses/mysteres-gouf-de-capbreton/

Imaginez un canyon majestueux, constitué de pentes sinueuses, de plateaux, de mesas dignes des meilleurs westerns, de terrasses, de vallées haut perchées, de précipices plongeant à plusieurs milliers de mètres ; un véritable phénomène géologique unique en son genre, au fond duquel on distingue d’anciens lits de rivières secondaires ou des méandres abandonnés.
Imaginez maintenant que ce canyon déchire en deux un vaste plateau continental sablonneux ; il est en outre un point de jonction entre les fonds marins et la terre ferme, lieu de mythes et de légendes, qui demeure aujourd’hui encore incompris des chercheurs et négligé de l’opinion. Quelle est ce mystère qui se cache à l’ouest ?
Il y a comme qui dirait, un Gouf !
Pourtant il est juste sous notre nez, ce « Gouf » qui, depuis des siècles, fascine scientifiques chercheurs, historiens, surfeurs et plongeurs, faisant l’objet de multiples publications, conférences, travaux universitaires ou campagnes océanographiques. Ce sujet est une véritable boîte de Pandore, dès qu’on l’ouvre, on ne peut plus la refermer, tant se déchaînent les passions, les interrogations, les anecdotes de pêcheurs, de plongeurs, d’océanographes, de marins, etc. Le Gouf de Capbreton !

Le Gouf de Capbreton invisible mais présent

Resituons-nous : nous voici au « fond » du Golfe de Gascogne, là où le cordon dunaire de la côte Aquitaine finit sa course avant que le trait de côte ne s’oriente résolument vers l’ouest pour dessiner les Pyrénées,la Côte basque, l’Espagne. Sur la carte, rien de visible : la longue plage de sable qui commence 230 km plus haut, à l’estuaire de la Gironde, s’achève à l’embouchure de l’Adour. Mais les relevés bathymétriques racontent une tout autre histoire : on ne peut qu’être saisi face à l’immensité de cette déchirure spectaculaire. Les sables de l’immense plateau continental s’achèvent brutalement sur des précipices vertigineux. De plus cette vallée sinueuse, digne d’une superproduction hollywoodienne, commence à proximité de la plage, à faible profondeur. Ces derniers points sont caractéristiques du Gouf, car la plupart des canyons sous-marins apparaissent dans des zones plus profondes.

Les particularités du Gouf de Capbreton

Le Gouf de Capbreton est un canyon si remarquable qu’il sert de modèle à des océanographes du monde entier. Avant même d’être cartographié par les sondes, le Gouf était connu des marins et des pêcheurs pour au moins deux raisons : d’abord sa profondeur soudaine absorbe la puissance des vagues redoutables, dues aux faibles fonds du Golfe ; au fil des siècles, de nombreux bateaux sont venus se réfugier au-dessus du Gouf pour y chercher une mer moins agitée. Le fait est attesté dès 1491 par Charles VIII, accompagné d’un ingénieur.

La biodiversité du Gouf de Capbreton

Ensuite, l’autre raison qui a fait connaître le Gouf : la pêche. Non seulement les lignes s’affolent et filent vers les grands fonds, mais on en remonte parfois d’extraordinaires poissons, cétacés, crustacés, coraux, mollusques, différents de la faune et la flore locales.

Après une vie bien remplie comme naturaliste et capitaine au long-cours, un certain Léopold de Folin devint capitaine du port de Bayonne. Depuis des années, ce chercheur travaillait sur les sédiments marins et notamment les foraminifères, protozoaires d’eaux profondes. Au fil des ans, le marquis de Folin s’est passionné pour le Gouf et y a mené diverses campagnes océanographiques sur des embarcations de toutes tailles.
C’est à bord de l’aviso Travailleur en 1875, qu’il constate des profondeurs variant de 400 à 1 400 m.
Il remonte dans ses filets un petit « crustacé pourpre d’un éclat remarquable (un gnatophausia), dont on ne connaissait encore que deux échantillons trouvés, l’un aux Açores, l’autre au Brésil. Dans une autre circonstance, les filets revinrent à bord couverts d’une telle quantité d’animalcules phosphorescents qu’il était possible de lire à leur lueur, à la distance de cinq mètres ». Il découvre également des espèces jamais observées : 18 moules de profondeur et un invertébré benthique auquel il donne le nom de bathisiphon cabritonnensis.
Une passion pour le Gouf de Capbreton
Le Gouf de Capbreton ne cessera jamais de passionner les chercheurs. D’autres campagnes océanographiques vont suivre, qui étudient la géologie du canyon, sa morphologie, ses sédiments et sa faune benthique (profonde). On cartographie quelques-unes de ces fameuses terrasses le long des flancs abrupts et l’on donne des noms aux divers rochers et îlots sous-marins qui parsèment le Gouf ; la première carte bathymétrique est établie en 1935 grâce à l’utilisation des ultrasons.
Mais d’ou vient le nom de Gouf ?
« Gouf » : cette appellation locale a persisté jusqu’à nos jours. Son origine gasconne fait l’objet d’interprétations diverses, pouvant signifier « trou » et « gouffre », mais aussi « anse » ou « golfe ». Curieusement, il reste à peine quelques traces de ce folklore dans la ville de Capbreton : il existe bien une rue du Gouf, un hôtel du Gouf, et quelques poèmes d’un instituteur des années 1930 (Jean Duboscq) ayant choisi pour pseudonyme « Yan du Gouf », mais en dehors de ces vestiges, le fameux canyon qui enflamme l’imagination des chercheurs aux quatre coins du monde ne fait pas recette dans la commune.
La journaliste Anne Tautou, qui travaille sur un livre consacré au Gouf, plaide pour qu’on en fasse une réserve marine ou une station d’observation de la biodiversité. Mais outre les pêcheurs qui y capturent encore de belles prises, le Gouf ne profite plus guère qu’aux plongeurs passionnés du « Capbreton Aquatique Scaphandre Club » qui y organisent des plongées, d’où ils rapportent des photos et même des sons. Bien sûr, il ne s’agit là que d’aller explorer la tête du canyon, qui se trouve à des profondeurs accessibles aux plongeurs.
Le Gouf de Capbreton, c’est quoi ?
N’empêche. On a beau sonder le Gouf, le carotter, l’échantillonner, le cartographier, on tourne toujours autour du pot et personne n’est capable de vraiment répondre aux questions les plus simples : « Mais qu’est-ce que c’est ? Comment s’est-il formé ? »
S’agit-il — comme le prétendent les uns ou les autres — d’une ancienne vallée d’érosion ? D’une faille sismique reliée au plissement pyrénéen ? D’un mouvement tectonique dû au passage de la plaque ibérique sous le continent européen ? D’un estuaire fossile qui se serait agrandi pendant la super-glaciation de Günz ? D’un prolongement du paléo-canyon de Saubrigues ? D’une faille sismique susceptible de produire un tsunami ? Ou, comme le croyait un certain J. O. Dupuy en 1924, est-ce une vallée formée par un bouleversement géologique ayant provoqué la dissolution d’un immense banc de sel gemme, le tout étant relié aux sources thermales de Dax, sur les bords de l’Adour ?

Détournement de l’Adour

Car une donnée vient brouiller les pistes : par le passé, le fleuve Adour se jetait à Capbreton, qui fut un port suffisamment important pour faire dire à Charles VII : «… Si je n’ai Capbreton et Calais, autant vaut-il pour moi n’avoir aucun port sur les mers !… » Cette troublante conjonction : l’embouchure d’un fleuve se « jetant » directement dans une vallée sous-marine, a fait couler beaucoup d’encre. Peut-on supposer sérieusement qu’un fleuve creuse une vallée sous-marine de plusieurs centaines de kilomètres de long jusqu’à des profondeurs de 3 000 m ? Non sans doute, mais la plupart des canyons marins semblent pourtant se situer dans des zones d’estuaire, comme dans le cas du fleuve Congo, prolongé par un remarquable canyon « de type Gouf ». Les travaux récents des chercheurs du laboratoire d’océanographie UMR EPOC (Université de Bordeaux) confirment le lien entre fleuves et canyons : « des résultats récents montrent l’importance des fleuves dans les phénomènes d’érosion et de sédimentation profonde ».

En d’autres temps, lorsque le niveau de la mer était considérablement plus bas, l’entrée du Gouf, de la faille, se situait sur la côte (il était donc visible de la terre ferme). On peut dès lors penser qu’un fleuve, puissant et capricieux, ait choisi de se jeter là parce que le Gouf s’y trouvait, ce creux constituant un formidable exutoire pour ses trop-pleins et ses débordements.

Le Port de Capbreton

En tant que port, Capbreton présentait des avantages : une rade protégée et la présence du Gouf qui calme les vagues et empêche l’accumulation des sédiments rejetés par le fleuve à son embouchure, assurant ainsi une meilleure navigation. Mais cette situation privilégiée prit fin lorsque Charles IX ordonna le détournement définitif de l’Adour au profit de Bayonne. Ce travail titanesque fut confié à l’ingénieur Louis de Foix (qui érigea aussi le phare de Cordouan) et péniblement achevé en 1578, à la faveur d’une tempête qui permit de relier le fleuve à la mer.

Par la suite, ingénieurs, marins et hydrographes, tentèrent vainement de ramener les bouches de l’Adour à Capbreton, arguant que la fosse constituait son embouchure naturelle. Cet atout fut mis en avant dans les années 1960, lorsqu’il fut question d’y installer une base pour les sous-marins nucléaires, le Gouf proche du port leur permettant d’accéder rapidement et discrètement à la haute-mer et aux grands fonds.

En s’intéressant de plus près au sujet, on entend dire aussi que ces profondeurs obscures ont dû servir de poubelle pour enfouir des déchets toxiques ou radioactifs dont on ne savait trop comment disposer. Il fut même question d’une mission Cousteau pour tenter de récupérer des fûts qui auraient été largués là un peu vite. Mais les profondeurs marines restent si invisibles et impénétrables qu’elles garantissent l’impunité aux pollueurs.
Le Gouf de Capbreton selon les chercheurs

Un biotope unique

Selon les chercheurs, le Gouf représente un biotope unique. « C’est un sanctuaire plein de trésors ! » s’exclame avec enthousiasme le biologiste Jean-Claude Sorbe, chargé de recherche au CNRS (laboratoire océanographique de l’Université de Bordeaux), regrettant qu’il ne soit pas plus étudié et protégé. Ce spécialiste des petits crustacés suprabenthiques (telles de minuscules crevettes ou puces de mer vivant sur le fond), a identifié dans le Gouf des spécimens très rares et plus de dix espèces nouvelles : « Les communautés benthiques profondes qu’abrite le canyon de Capbreton témoignent d’une forte biodiversité (plus de 180 espèces y ont été recensées pour la seule faune suprabenthique). »

Outre les poissons inhabituels pêchés là (calamars géants, chimères, anges de mer, liches, rouvets, poissons rubis), outre les coraux et les cétacés bizarres (comme ce mésoplodon densirostris identifié en 1999 par le GEFMA, Groupe d’Étude dela Faune MarineAtlantique, jamais observé depuis 1850), les campagnes d’échantillonnage ont permis de remonter à la surface des espèces inconnues de petits crustacés et même ces moules de profondeur identiques à celles décrites par de Folin, que personne n’avait vues depuis 1880 et qui, selon les recherches récentes, proviennent de sources thermales froides.

Une force inconnue

Une autre question hante les esprits de ceux qui se penchent sur ce canyon : pourquoi ne se remplit-il pas de sable et de sédiments ? En effet, ses fonds répertoriés demeurent constants au fil du temps ; les sondes reviennent invariablement « empâtées de vase », ce qui ne serait pas le cas sur fond de sable. Avec les tempêtes et les courants, cette vallée devrait se combler peu à peu, or il n’en est rien ; ses structures semblent immuables. Bien sûr, il existe différentes veines d’eaux et de courants circulant dans le Gouf, mais cela suffit-il à expliquer, comme l’exprimait déjà l’abbé Pujol (curé de Capbreton au XIXe siècle) : « Une muraille infranchissable pour les sables. […] Une force inconnue qui émane du Gouf, empêchant le sable qui roule constamment sur les plateaux qui le dominent, d’y pénétrer » ?

Ces forces invisibles, ces mouvements internes dont nous ne connaissons rien ou presque, font partie de la mécanique des fluides qui mène à la formation des vagues. La tête du canyon se trouve face aux plages d’Hossegor, dont deux vagues sont célèbres chez les surfers du monde entier : La Nord et La Gravière.

Vagues particulières et reconnaissables, elles ressemblent plus à des vagues de récif qu’à des vagues de sable. Or, s’il est vrai que la profondeur du Gouf absorbe la force des houles au large, il peut y avoir en revanche un phénomène de surgissement et d’accélération de la houle sur les premiers tombants du canyon, à 250 m du bord, qui participerait à la beauté de cette vague qu’on appelle La Nord, emblème d’Hossegor.
Que nous réserve encore le Gouf de Capbreton ?
Des surprises, le Gouf en recèle bien d’autres, toujours renouvelées. On y a ainsi découvert, entre 500 et 1 000 m, une ramification de la longue veine d’eau méditerranéenne (VEM) remontant de Gibraltar (par un phénomène de circulation sous-marine et de salinité différente, on la retrouve jusqu’en Islande) qui expliquerait la présence dans le Gouf d’organismes uniques en Atlantique.
Mais l’une des dernières grandes surprises provient d’un échantillonnage effectué sur les parois du canyon, à moins 650 m, quatre mois après la violente tempête de décembre 1999. On y a découvert une activité récente et anormale dans l’entassement des sédiments : jusqu’à 18 cm, une épaisseur énorme en mer, compte tenu de la dispersion.
Les chercheurs, tels que le spécialiste Pierre Cirac (géologue, UMR EPOC, auteur d’une publication intitulée « Instabilités majeures sur le flanc nord du canyon de Capbreton »), suggèrent qu’il s’agit d’une « turbidite », spectaculaire avalanche sous-marine de sédiments poussés de la plateforme continentale vers les parois abruptes du Gouf. Ces processus massifs peuvent entraîner des « mécanismes subits et violents » qui doivent être étudiés de près, car, comme le soulignent en 2001 les chercheurs de l’UMR EPOC après la campagne ITSAS : « ils peuvent remettre en suspension des polluants, détruire des plateformes de forage, des oléoducs, des câbles de télécommunication ou générer des tsunamis comme à Nice en 1979. »

Pour conclure sur le Gouf de Capbreton

Comme on le voit, il est temps de rendre ses lettres de noblesse à ce Gouf méconnu, qu’on n’a pas fini de cartographier et qui ne fait que commencer à nous révéler ses mystères ou ses habitants. Mais au-delà des innombrables curiosités biologiques ou géologiques qu’il recèle, ce canyon réveille en chacun de nous une part de mystère et d’émerveillement. Et la dernière question posée par ce « haut lieu » des profondeurs, n’est pas la moindre : « Qu’y a-t-il donc à l’intérieur de ce Gouf, que tout le monde sent ou devine, mais que personne ne réussit à capturer ? »

Cirac P., Bourillet J-F, Griboulard R., Normand A., Mulder T. and équipe Itsas, 2001. Le Canyon de Capbreton: nouvelles approches morphostructurales et morphosédimentaires. Comptes Rendus de l’Académie des Sciences de Paris, 332 (série II).

« Bourreau des All Blacks » : Christophe Lamaison

source:http://www.lexvnz.com/2014/03/28/christophe-lamaison-all-blacks/

Quelle meilleure façon pour se remémorer ou découvrir les joueurs qui ont brillé et joué de mauvais tours aux All Blacks que de leur réserver une rubrique ? Christophe Lamaison, l’un des ouvreurs le plus complet de l’Histoire du rugby français inaugure « Bourreau des All Blacks » !

Formé à Peyrehorade, il débute principalement à l’arrière à l’Aviron Bayonnais puis explose dans le « gros collectif » Briviste au poste de ¾ centre. Il découvre l’Equipe de France en 1996 et remporte la Coupe d’Europe en 1997.

Surnommé « Titou » il devient un des chouchous du rugby français à force d’enquiller les points comme des perles et d’éclairer les rencontres en « régalant » ses partenaires (ce ne sont sans doute pas Laurent Leflamand ou David Venditti qui diront le contraire). Les Bleus jouent un beau rugby et enchaînent deux Grands Chelems consécutifs (1997 et 1998).

En Juin 1999, le XV de France est en Nouvelle-Zélande pour préparer la Coupe du monde. Christophe Lamaison vit le 1er de ses 4 matches face aux All Blacks :

26/06/1999: 54-7 (Wellington) : La déroute de l’Athletic Park

Rentré en tant que ¾ centre face à Alama Ieremia puis Pita Alatini qui jouait sa place dans le squad néo-zélandais … ce n’était pas un cadeau. Le match avait déjà tourné au désastre du bout du monde pour les Bleus. Un aspect positif peut être retenu de cette rencontre malgré tout. Elle a eu pour mérite de faire « baisser » l’attention néo-zélandaise pour la future demi-finale. La fameuse phrase « Nous sommes trop forts pour être battus par la France » de John Hart en est un bel exemple …

31/10/1999 43-31 (Londres) : Miracle à la française !

Après la blessure de Thomas Castaignède, Christophe Lamaison prend les rênes du XV de France. Ils éliminent dans un match sublime, en demi-finale et contre toute attente, des All Blacks médusés !

Ce jour-là, face à Andrew Mehrtens, il est l’auteur de 28 points, 1 essai, 2 drops, 2 passes décisives, 3 pénalités, 4 transformations (100%) …

« C’est un film qu’il faut placer au rayon des souvenirs, sinon tu n’avances plus. La cassette est rangée en bonne place dans ma vidéothèque personnelle. Tout est allé très vite, je n’ai pas eu le temps de me poser des questions, on était happés par le jeu. Notre souci était de concrétiser toutes nos occasions. Ça n’a pas changé ma vie, je ne me considère pas comme un héros. Le bonheur du groupe passe avant tout » Christophe Lamaison

Toujours très humble et mesuré, Christophe Lamaison reste cependant pour la France le grand « héros de Twickenham ».

11/11/2010: 26-39 (Paris) : Pour Dave Gallaher !

1 an plus tard, Andrew Mehrtens et les All Blacks prennent leur revanche à Paris pour la commémoration de leur ancien Capitaine mort au combat pour la France. Sur un nuage, le maître à jouer néo-zélandais récite son rugby et ballade le XV français. Christophe Lamaison maintient tout de même l’équipe à flot en inscrivant 16 points. Ne s’avouant pas vaincus, les Bleus sentent qu’un coup est possible pour le match retour qui a lieu la semaine suivante :

« On est prêts pour la guerre. Un match contre les All Blacks, ça ressemble au combat d’un boxeur qui monte sur le ring contre Tyson. La trouille l’habite, mais, s’il part battu, il sera écrasé. Si on part avec cet état d’esprit, ce n’est pas la peine d’y aller. En revanche, si on les prend à la gorge d’entrée, ils peuvent douter. Si on répond présent en défense, on pourra rivaliser. Il faut évacuer les complexes, ils sont comme les autres, même si certaines individualités sont importantes. Ce sera un big match. Il n’y a pas de miracle pour les battre, il faut simplement marquer plus de points qu’eux ». Christophe Lamaison

18/11/2000: 42-33 (Marseille) : Apothéose à Marseille !

Devant un merveilleux public, les Bleus refont le coup ! Tout réussit aux joueurs français et c’est encore au tour de Christophe Lamaison d’être en état de grâce. Il claque un drop et une pénalité de 50 mètres pour conclure cette victoire, son dernier match face aux Blacks. Il termine la rencontre avec 27 points, 3 transformations, 5 pénalités et 2 drops …

« On ne pouvait pas perdre ici, même si Marseille est la cité du foot » Christophe Lamaison

Avec 2 victoires en 4 matches, 2 performances inoubliables et 71 points inscrits en 3 rencontres, Christophe Lamaison mérite amplement son statut de « Bourreau de Blacks ».

Une véritable présence physique, des jambes, une bonne défense, de la vista, une botte hors norme, un état d’esprit irréprochable, de la créativité, une maîtrise tactique, de la polyvalence, un gros mental … Il est sûrement le demi d’ouverture de l’ère professionnel le plus compétent que le XV de France ai connu. Il est toujours à l’heure actuelle le meilleur réalisateur du rugby français (380 points en 37 matches).

Rugby : France-Angleterre, la guerre de 100 matchs

Source: le monde

Plus d’un siècle de rivalités franco-anglaises en rugby. Le 101e « Crunch » de l’histoire du ballon ovale se déroulera ce samedi au Stade de France. Le XV du Coq France reçoit en effet dans son temple de Saint-Denis celui de la Rose en préparation de la Coupe du monde qui se tiendra en Angleterre du 18 septembre au 31 octobre 2015. Une semaine seulement après s’être incliné à Twickenham (19-14) contre ces mêmes rugbymen anglais, toujours en test-match.

En 2013, Erik Bonneval, ailier de l’équipe de France dans les années 1980, expliquait au Monde qu’à son époque, l’appellation « Crunch » « n’existait pas » : « Le Crunch, ce n’était que du chocolat. Mais ça envoyait ! » Si le nom est donc récent, l’opposition a fait l’histoire de l’ovalie. France-Angleterre, c’est cent neuf années de confrontations, fourmillant de records et d’anecdotes.

Le premier de l’histoire

Le 22 mars 1906, l’équipe de France rencontre pour la première fois celle d’Angleterre au Parc des princes, à Paris. Pour l’inauguration de leur première tunique tricolore (maillot bleu, short blanc et chaussettes rouges), les Bleus sont défaits 35 à 8.
Premier Tournoi des cinq nations
La France intègre en 1910 le tournoi européen. Lors de sa campagne, elle perd ses quatre rencontres, donc celle contre l’Angleterre (11-3) le 3 mars au Parc des princes. C’est la première des sept (la dernière remontant à 1957) cuillères de bois – lorsque toutes les rencontres du tournoi sont perdues – de l’histoire du rugby français.
Première victoire
Le 2 avril 1927 au stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes, le XV de France s’impose pour la première fois face aux Anglais. Après une série de quinze défaites et un nul (11-11 à Londres en 1922), les Bleus finissent par l’emporter chichement (3-0).

Victoire et exclusion

L’année 1931 marque un tournant. Le 6 avril, le XV de la Rose est battu par les rugbymen français (14-13) à Colombes. Mais plus d’un mois avant la rencontre, le 2 mars, les Home Nations – fédérations anglaise, écossaise, galloise et irlandaise – avaient décidé d’étudier le cas du rugby français pour l’exclure des compétitions. En cause, un jeu trop violent et des soupçons de professionnalisation de ses joueurs.

Retour aux compétitions

Après la seconde guerre mondiale, le rugby français réintègre le Tournoi des cinq nations. Le 19 avril 1947, l’Angleterre bat la France (6-3) à Twickenham et termine première de la compétition (ex aequo avec le Pays de Galles). Le XV tricolore termine troisième.

Première victoire à Londres

Le 24 février 1951, à Twickenham, la météo anglaise est fidèle à sa légende. Pluies diluviennes, brouillard et boue sont au rendez-vous pour ce match historique. Grâce à l’aide de ses avants, l’équipe de France s’impose pour la première fois en terre anglaise (11-3).

Premier Grand Chelem
Le XV de France affronte l’Angleterre lors du troisième match du Tournoi des cinq nations, le 24 février 1968 à Colombes. Grâce à l’essai de Jean Gachassin, trois-quarts aile des Bleus, les coéquipiers du capitaine Christian Carrère l’emportent 14-9. Ils viendront ensuite à bout du Pays de Galles le 23 mars et s’adjugeront le premier Grand Chelem (quatre victoires en quatre matchs) du rugby français.

Crachats et insultes

Après une victoire sur le Pays de Galles lors de leur premier match dans le tournoi européen, les Français se déplacent à Twickenham le 19 février 1977. Sur le sol londonien, les Bleus sont attendus, objets de crachats et d’insultes lors de leur entrée sur le pré. Lors de cette rencontre, l’arrière anglais Alastair Hignell rate six pénalités. Du côté français, le Narbonnais François Sangali inscrit le seul essai du match. Jean-Pierre Rives et ses coéquipiers s’imposent finalement (4-3) et conquièrent à nouveau le Grand Chelem, avec les mêmes joueurs à chacun de ces quatre matchs et sans le moindre essai encaissé.

Finale à Tikenam

L’Angleterre et la France comptent trois victoires chacune lors du tournoi continental de 1981, avant de s’affronter en « finale » à Twickenham le 21 mars. Le XV tricolore s’impose (16-12) et remporte son troisième Grand Chelem (après ceux de 1968 et de 1977).

Désillusion au Mondial

En octobre 1991, l’Angleterre, l’Ecosse, le pays de Galles, l’Irlande, et la France coorganisent la deuxième Coupe du monde de rugby. Les Français sont vice-champions du monde puisqu’ils se sont hissés en finale de la première édition en 1987, battus par les hôtes néo-zélandais. Quatre ans plus tard, ils s’inclinent en quart de finale au Parc des Princes, le 19 octobre, devant les Anglais (19-10). Le parcours de la sélection dirigée par Daniel Dubroca reste à ce jour le plus médiocre des Bleus au Mondial.

La remontée fantastique

Après un Grand Chelem au Tournoi des six nations en 2004, l’équipe de France débute l’édition suivante par une victoire contre l’Ecosse (16-9). Le 12 février 2005, elle se déplace à Londres. Privée de Peter De Villiers et d’Aurélien Rougerie, la sélection de Bernard Laporte est menée (17-6) à l’issue de la première période. Revanchards au retour des vestiaires, les coéquipiers de Serge Betsen ne laisseront plus leurs adversaires inscrire le moindre point. Dimitri Yachvili marque quatre pénalités en seconde période (sur un total de six passées) pour une victoire finale de 18-17.

Deux records

Le « Crunch » du Tournoi des six nations 2015 est historique. Devant plus de 82 000 spectateurs massés à Twickenham, les deux nations n’inscrivent pas moins de douze essais (sept pour l’Angleterre, cinq pour la France), un record lors d’un match entre ces deux équipes. En même temps, les Bleus encaissent 55 points – et en marquent 35 –, soit le plus grand nombre jamais enregistré en près de 110 années de confrontations.