Le Parnasse

Les Parnassiens

Les Parnassiens sont d’abord groupés autour de Théophile Gautier, qui est le précurseur du mouvement, à travers notamment sa théorie de l’art pour l’art présentée dans la préface de Mademoiselle de Maupin en 1835. On considère aussi Théodore de Banville comme précurseur. Tous les samedis soirs, Banville, Villiers de l’Isle-Adam, Prudhomme et Coppée se réunissent chez Leconte de Lisle, chef de file du Parnasse, ou Hérédia.

En plus de ceux déjà cités, qui sont les plus représentatifs, on trouve dans le Parnasse contemporain Rimbaud, Verlaine, Baudelaire et Mallarmé mais qui s’éloigneront du Parnasse pour dessiner le symbolisme.

Le rejet du romantisme

Le Parnasse se réclame tout d’abord d’une impersonnalité qui marque son refus de lyrisme. Ainsi le poète doit se distancer de son œuvre et le pronom personnel « je » est aboli : cela implique l’absence de sentiments personnels. Cette froideur est accompagnée d’une objectivité donc d’une neutralité politique affirmée. Ces caractéristiques se font donc en réaction au romantisme.

Une poésie si froide peut difficilement être joyeuse (vous en conviendrez !) Ainsi les thèmes abordés sont ceux de la faillite des rêves, du désespoir, de l’appel à la mort libératrice… que de réjouissances !

L’art pour l’art

Le Parnasse suit la théorie de l’Art pour l’art avancée par Théophile Gautier dans la préface de Mademoiselle de Maupin où il annonce : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid. » L’art est gratuit est inutile. Certains pourraient se demander quel est son intérêt : l’intérêt de l’art est l’art lui-même…

Cette préface fit scandale car il affirme aussi que « penser une chose, en écrire une autre, cela arrive tous les jours, surtout aux gens vertueux. » Il établit ainsi le droit de l’artsite à traiter n’importe quel sujet, en mettant de côté la morale bourgeoise. Mais passée la première récation de scandale, il suscita l’engouement et il fut fortement sollicité dans le milieu du journalisme.

Le culte du travail

Enfin, le dernier aspect du Parnasse est le culte du travail : le poète est un sculpteur ou même un laboureur qui transforme le langage en beau. La marque de Lemerre, éditeur et sans qui le Parnasse n’aurait sans doute pas existé, représente un homme retournant la terre à l’aurore ou au coucher du soleil ; au dessus de lui, on peut lire l’expression « Fac et spera » : Agis et espère.

Pour le Parnassien, l’important n’est pas l’inspiration, même si elle est bien présente, mais le travail. Même si Voltaire a dit que « l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve c’est que cela le fatigue », ce doit être la première qualité du poète. Aussi, Gautier ordonne-t-il dans « L’Art » : « Sculpte, lime, cisèle ».

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