Dans la Sierra, Théophile Gautier

Dans la Sierra, Théophile Gautier

J’aime d’un fol amour les monts fiers et sublimes !

Les plantes n’osent pas poser leur pied frileux

Sur le linceul d’argent qui recouvre leurs cimes ;

Le soc s’émousserait à leurs pics anguleux.

Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles,

Rien qui rappelle l’homme et le travail maudit.

Dans leur air libre et pur nagent des essaims d’aigles,

Et l’écho du rocher siffle l’air du bandit.

Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles ;

Ils n’ont que leur beauté, je le sais c’est bien peu.

Mais moi je les préfère aux champs gras et fertiles,

Qui sont si loin du ciel qu’on y voit jamais Dieu.

España,1845

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s