Supercomputers: Barack Obama orders world’s fastest computer

President Barack Obama has signed an executive order calling for the US to build the world’s fastest computer by 2025.

The supercomputer would be 20 times quicker than the current leading machine, which is in China.

It would be capable of making one quintillion (a billion billion) calculations per second – a figure which is known as one exaflop.

A body called the National Strategic Computing Initiative (NSCI) will be set up to research and build the computer.

The US is seeking the new supercomputer, significantly faster than today’s models, to perform complex simulations, aid scientific research and national security projects.

It is hoped the machine would help to analyse weather data for more accurate forecasts or assist in cancer diagnoses by analysing X-ray images.

A blog post on the White House website also suggests it could allow NASA scientists to model turbulence, which might enable the design of more streamlined aircraft without the need for extensive wind tunnel testing.

Such a computer would be called an exascale machine.

Bigger models

Richard Kenway at the University of Edinburgh says he thinks the plan is « spot on » in terms of strategy, bringing together both the ambition to develop new hardware and also improved analysis of big data.

He explained the computer could aid the development of personalised medicines, tailored to specific individuals.

« Today, drugs are designed for the average human and they work OK for some people but not others, » he told the BBC.

« The real challenge in precision medicine is to move from designing average drugs to designing drugs for the individual because you can know their genome and their lifestyle. »

There could also be benefits in long-term climate modelling, according to Mark Parsons at the Edinburgh Parallel Computing Centre (EPCC).

Currently, climate scientists attempt to model how the Earth’s climate will evolve in coming years, but the accuracy of these predictions is severely limited.

Today’s fastest supercomputer, the Tianhe-2 in China’s National Computer Centre, Guangzhou, performs at 33.86 petaflops (quadrillions of calculations per second), almost twice as fast as the second-quickest machine, which is American.

For Parsons, the latest US initiative is a clear attempt to challenge the dominance of the Chinese in this field.

« The US has woken up to the fact that if it wants to remain in the race it will have to invest, » he told the BBC.

£60m electricity bill

Both Kenway and Parsons point out that the challenges of building an exascale computer are not trivial and would require years of research and development.

Chief among the obstacles, according to Parsons, is the need to make computer components much more power efficient. Even then, the electricity demands would be gargantuan.

« I’d say they’re targeting around 60 megawatts, I can’t imagine they’ll get below that, » he commented. « That’s at least £60m a year just on your electricity bill. »

Efforts to construct an exascale computer are not entirely new.

Recently, IBM, the Netherlands Institute for Radio Astronomy (ASTRON) and the University of Groningen announced plans to build one to analyse data from the Square Kilometre Array (SKA) radio telescope project.

SKA will be built in Australia and South Africa by the early 2020s.

Source: http://www.bbc.com/news/technology-33718311

Carlos Schwabe, un peintre symboliste

D’origine allemande mais naturalisé suisse, Carlos Schwabe (1866-1926) vécut la majeure partie de sa vie en France. Il s’installa à Paris au moment où, avec la naissance du Symbolisme, s’esquissait un vaste mouvement de réaction au Naturalisme et au Positivisme. En dépit d’une personnalité secrète et solitaire, Schwabe allait tenir une place importante dans la vie artistique du tournant du siècle, que les bouleversements philosophiques et sociaux devaient orienter vers le rêve, l’imaginaire et les interrogations métaphysiques. Au sein d’une œuvre picturale et graphique abondante, l’artiste consacra ses inventions plastiques et son inspiration fertile à l’élaboration d’un univers féerique et généreux. Il devait aussi en faire profiter le monde raffiné du livre de luxe en illustrant quelques-uns des plus grands noms du temps (Baudelaire, Mallarmé, Samain, Maeterlinck, Zola) dans des ouvrages qui restent parmi les gloires de la bibliophilie.

Le Symbolisme

Le Symbolisme (vers 1880) est une réaction contre le naturalisme, jugé trop proche de la réalité.
Le Symbolisme est un mouvement littéraire complexe, qui présente plusieurs aspects.
Il garde certains caractères du Romantisme: la révolte contre le classicisme, l’affirmation que l’artiste doit rechercher le Beau artistique sans se soucier de la morale, de la tradition, de l’autorité.
Pourtant, à la différence du romantisme, le symbolisme soutient qu’une séparation s’est produite entre l’individu et la réalité: l’homme ne peut communiquer ni avec la nature, ni avec les autres hommes, ni avec Dieu. La base du Symbolisme se trouve justement dans la conscience de la solitude et de l’incommunicabilité de l’homme.
Il s’agit alors, par un effort de tous nos sens, de trascender cette réalité et de découvrir un monde plus vrai que celui dans lequel nous vivons.
Cette recherche d’une vérité supérieure est menée à bien par une véritable dévotion à la Beauté, qui libère le poète du vulgaire et du commun. Ce culte de la Beauté existe déjà chez les parnassiens, mais chez les symbolistes, il n’est plus seulement un garde-fou contre les effusions, un moyen de garder ses distances par rapport aux sentiments, il répresente une marche quasi mystique vers un autre monde, une quête.
Les principales caractéristiques du symbolisme sont les suivantes:
• Le poète symboliste a une conception très exigéante de la poésie qui n’est pas un divertissement mais une quête, pour exprimer lese sens mystérieux du monde.
• Le poète symboliste cherche à construire sur la négation. Pour les symbolistes la dimension principale n’est pas le temps (comme le croient la science et la plupart des hommes) mais l’espace: le poème symboliste est une expérience vécue hors du temps. La structure logique n’est plus considérée comme nécessaire, le poète entre volontiers dans les domaines du subconscient et du rêve.
• La poésie symboliste n’est pas instinctive mais intellectuelle. Ce caractère intellectuel peut aller jusqu’à l’hermétisme.
• Les poètes symbolistes évitent les descriptions. Pour respecter le mystère, le poète n’utilise pas les mots pour ce qu’ils signifient mais pour ce qu’ils suggèrent. Les symboles1assurent la correspondances entre le monde visible et le monde invisible, plus vrai, plus pur. Le poète symboliste transcrit ses rêves, les impulsions de son subconscient. Il emploie souvent le vers libre
.
• Musicalité: dans la recherche de l’harmonie universelle, la musique des mots a une place privilégiée.
Le grand maître du Symbolisme, celui qui a dirigé la littérature vers ce nouvel horizon, est Charles Baudelaire qui toutefois est un indépendant: on trouve dans son oeuvre des poèmes
romantiques,
parnassiens et symbolistes.
Les autres poètes symbolistes sont Verlaine, Rimbaud et Mallarmé au XIXe siècle; au XXe Verhaeren, Maeterlinck et Claudel.
Le Symbolisme se répand dans toute l’Europe et il donne naissance à d’autres mouvements au siècle suivant, tels que le dadaïsme et le surrealisme. En Italie il prend le nom de “decadentismo”, dont D’Annunzio et Pascoli sont les représentants les plus hauts, et il donnera naissance au XXe siècle aux mouvents littéraires des crepuscolari, des futuristi et des ermetici.

Le symbolisme baudelairien

Charles Baudelaire se situe entre deux mouvements: le romantisme et le symbolisme. Il est d’ailleurs le précurseur de ce dernier. Le symbolisme est un mouvement littéraire du XIX siècle qui encourage les artistes à exprimer leurs idées, sentiments et valeurs au moyen de symboles plutôt qu’explicitement. Pour Baudelaire c’est un renouveau de l’art, un jeu de correspondances entre les sens et la nature.
D’après Baudelaire, le mystère de la vie et de l’existence ne peut s’exprimer directement par des descriptions réalistes. Le poète doit utiliser une nouvelle langue, celle des symboles. Au delà des apparences, il y a des rapports entre les choses, entre les êtres: des correspondances. Les sensations communiquent entre elles, c’est ce qu’on appelle la synesthésie,

« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent, » Correspondances, v.8

Pour Baudelaire, la nature est un monde caché, la poésie doit transgresser le phénomène, le visuel, pour arriver à l’essence (nature propre à une une chose, ce qui la constitue fondamentalement). La poésie doit déchiffrer le monde.
Comme la réalité n’est pas uniforme, Baudelaire préfère le rare au commun, le rêve au réel, l’ambivalence à l’identité, le changement à la permanence. La poésie baudelairienne est donc implicite.
La musicalité des vers est ce qui va rendre Baudelaire le poète de la modernité. Elle doit exprimer la transformation des choses, la fragilité des sensations. Pour cela il utilise l’assonance, l’allitération, les rimes, le rythme des vers (binaire)… La musique a aussi pour but de rendre le poème beau. L’esthétisme est très important dans l’œuvre de Baudelaire et la musique est un moyen de le servir,

« Que j’aime voir, chère indolente,

De ton corps si beau,

Comme une étoffe vascillante,

Miroiter la peau! » Le Serpent qui danse, v.1-4
Par les poèmes baudelairiens un style nouveau se crée: le symbolisme. Ce genre est repris par de nombreux écrivains, dont Arthur Rimbaud avec son poème Voyelles et inspire également des artistes, comme Carlos Schwabe.

Le Parnasse

Les Parnassiens

Les Parnassiens sont d’abord groupés autour de Théophile Gautier, qui est le précurseur du mouvement, à travers notamment sa théorie de l’art pour l’art présentée dans la préface de Mademoiselle de Maupin en 1835. On considère aussi Théodore de Banville comme précurseur. Tous les samedis soirs, Banville, Villiers de l’Isle-Adam, Prudhomme et Coppée se réunissent chez Leconte de Lisle, chef de file du Parnasse, ou Hérédia.

En plus de ceux déjà cités, qui sont les plus représentatifs, on trouve dans le Parnasse contemporain Rimbaud, Verlaine, Baudelaire et Mallarmé mais qui s’éloigneront du Parnasse pour dessiner le symbolisme.

Le rejet du romantisme

Le Parnasse se réclame tout d’abord d’une impersonnalité qui marque son refus de lyrisme. Ainsi le poète doit se distancer de son œuvre et le pronom personnel « je » est aboli : cela implique l’absence de sentiments personnels. Cette froideur est accompagnée d’une objectivité donc d’une neutralité politique affirmée. Ces caractéristiques se font donc en réaction au romantisme.

Une poésie si froide peut difficilement être joyeuse (vous en conviendrez !) Ainsi les thèmes abordés sont ceux de la faillite des rêves, du désespoir, de l’appel à la mort libératrice… que de réjouissances !

L’art pour l’art

Le Parnasse suit la théorie de l’Art pour l’art avancée par Théophile Gautier dans la préface de Mademoiselle de Maupin où il annonce : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid. » L’art est gratuit est inutile. Certains pourraient se demander quel est son intérêt : l’intérêt de l’art est l’art lui-même…

Cette préface fit scandale car il affirme aussi que « penser une chose, en écrire une autre, cela arrive tous les jours, surtout aux gens vertueux. » Il établit ainsi le droit de l’artsite à traiter n’importe quel sujet, en mettant de côté la morale bourgeoise. Mais passée la première récation de scandale, il suscita l’engouement et il fut fortement sollicité dans le milieu du journalisme.

Le culte du travail

Enfin, le dernier aspect du Parnasse est le culte du travail : le poète est un sculpteur ou même un laboureur qui transforme le langage en beau. La marque de Lemerre, éditeur et sans qui le Parnasse n’aurait sans doute pas existé, représente un homme retournant la terre à l’aurore ou au coucher du soleil ; au dessus de lui, on peut lire l’expression « Fac et spera » : Agis et espère.

Pour le Parnassien, l’important n’est pas l’inspiration, même si elle est bien présente, mais le travail. Même si Voltaire a dit que « l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve c’est que cela le fatigue », ce doit être la première qualité du poète. Aussi, Gautier ordonne-t-il dans « L’Art » : « Sculpte, lime, cisèle ».

Au bord de la mer, Theophile Gautier

La lune de ses mains distraites A laissé choir, du haut de l’air, 

Son grand éventail à paillettes 

Sur le bleu tapis de la mer.
Pour le ravoir elle se penche 

Et tend son beau bras argenté ; 

Mais l’éventail fuit sa main blanche, 

Par le flot qui passe emporté.
Au gouffre amer pour te le rendre, 

Lune, j’irais bien me jeter, 

Si tu voulais du ciel descendre, 

Au ciel si je pouvais monter !

Dicton: «A la Sainte Nathalie, temps joli»

Chaque matin du 27 juillet depuis ma «naissance», ma maman Marie-Thérèse, n’oubliait jamais de me souhaiter la bonne fête. Elle s’en est allée le dernier jour de juillet 2011 sans prévenir d’un coup, cette femme qui a tant travaillé sans cesse.

Je l’aidais dés 6 ans à faire ses calculs pourtant c’était une incollable en arithmétique et ce malgré le fait que ses études se soient achevées à l’âge de 16 ans. Aujourd’hui c’est ma fille qui me la souhaite.

Alors c’est à mon tour de souhaiter à toutes les Nathalie du monde entier une très bonne fête.(uniquement aux gentilles Nathalie cela va de soi).

Bonne fête Nathalie!

Dicton: «A la Sainte Nathalie, temps joli».

Nathalie, d’origine latine  «natalis»  signifie «naissance», en référence à celle du Christ.

Mathématicien : une profession élitaire et masculine

Étude de sociologie par Bernard Zacar. Je ne suis pas d’accord sur tout toutefois l’étude est intéressante.

La sociologie des rapports entre les sexes a montré qu’à profession identique, les femmes avaient une carrière moins rapide que celle des hommes et que l’écart était plus grand dans les professions à forte majorité masculine ou féminine (Laufer, 1997). Elle a aussi pointé les infortunes de la femme mariée (Singly, 1987,2003). Le mariage comme la présence d’enfants constituent des atouts pour les carrières masculines, des handicaps pour les carrières féminines. Ceci est particulièrement vrai dans les professions supérieures et notamment scientifiques ; par exemple, dans la profession d’ingénieur qu’a analysée Catherine Marry (Marry, 2004). Les analyses qui suivent sont consacrées à la profession de mathématicien, relativement proche de la précédente [1] Voir l’encadré « méthodologie » pour les considérations… [1] .
Au fil de ces analyses, nous emploierons le mot sexe et non le mot genre, bien que ce dernier ait permis d’insister à juste titre sur la construction sociale du rapport de domination entre les sexes, non seulement parce que, comme l’âge, et contrairement à la classe sociale, ces deux autres facteurs majeurs de différenciation sociale, la condition sexuée est une donne anthropologique qu’il serait vain de nier, mais aussi parce que le mot genre renvoie à une sorte de neutralité du point de vue de la sexualité, alors qu’il faudrait considérer celle-ci dans ses polarités pour rendre entièrement raison des luttes identitaires qui se jouent entre hommes et femmes lorsqu’ils appartiennent à un même champ professionnel.

Les sciences « dures » sont parmi celles qui demeurent le moins ouvertes aux femmes en dépit de la révolution culturelle qui s’est opérée en Occident dans les dernières décennies du vingtième siècle. Les femmes qui y pénètrent sont confrontées au choix difficile entre les investissements exigés par un ethos professionnel qui place très haut la norme d’excellence et qui est marqué par la masculinité et ceux correspondant à leur rôle familial. Pour s’être partiellement relaxées, les contraintes associées à ce rôle qui leur offre des gratifications auxquelles les hommes sont jusqu’ici beaucoup moins sensibles n’en demeurent pas moins fortes.

La profession de « mathématicien académique » recrute ses agents parmi les étudiants les plus doués de leur génération. Il y a parmi eux une forte proportion d’élèves sortis des grandes écoles scientifiques, principalement des écoles normales supérieures. Quel effet a ce filtre initial de l’élite sur la carrière et les positions occupées par les mathématiciens en France ? Cet effet est-il le même pour les deux sexes ? Dans une profession dynamisée par une lutte très concurrentielle pour la reconnaissance, indissociable de la passion commune aux agents de faire des mathématiques, pourquoi les carrières féminines se heurtent-elles au « plafond de verre » ? Et d’abord, pourquoi les femmes sont-elles encore si peu présentes dans cette profession ? Nous voudrions apporter quelques éléments de réponse à ces questions.

1. UNE PROFESSION ÉLITAIRE SOCIALEMENT SÉLECTIVE ET MASCULINE

La compréhension mathématique requiert une forme d’intelligence abstraite dont la formation semble moins dépendante du milieu socioculturel dans lequel on est éduqué qu’elle ne l’est des apprentissages strictement scolaires. Le caractère universel des mathématiques rend aisées la communication et les collaborations professionnelles d’un bout à l’autre de la planète. On peut toutefois se demander si les chances d’accès à la profession, laquelle est le résultat d’une sélection progressive, dépendent de l’héritage social et culturel, et non seulement de ce que le hasard ou la nécessité biologiques ont inscrit dans la structure des jeunes cerveaux.

Cela choquerait les membres de la très universaliste cité mathématique si leurs relations professionnelles portaient la marque de leurs origines sociales respectives. Un responsable d’une société savante auquel fut montré le questionnaire de l’enquête et qui remarqua qu’était posée une question sur la situation professionnelle des parents s’exclama, incrédule, doutant de sa pertinence : « Ça compte, ça, pour les mathématiciens ? » S’il voulait dire que cette situation n’entrait guère en considération dans les relations spécifiques entre collègues, que les mathématiciens pouvaient aller jusqu’à se vivre comme libérés des contingences de leur naissance, une fois admis dans leur cité relativement éloignée du monde social ordinaire et hiérarchisant la valeur de ses membres uniquement selon ses exigeants critères propres, il avait sans doute raison ; s’il pensait que cette origine ne conditionnait en rien leur accès à la profession et leur carrière, il se trompait.

1.1. UN FORT RECRUTEMENT DANS LE MILIEU ENSEIGNANT ET DE LA RECHERCHE

Comme toutes les professions intellectuelles supérieures, les mathématiciens sont en majorité des héritiers : ils viennent préférentiellement de classes sociales cultivées. Mais encore ce phénomène est-il plus marqué chez eux que chez les scientifiques qui sont leurs voisins immédiats : leurs parents sont plus souvent proches de l’institution scolaire, qui valorise l’ascèse du travail intellectuel (au moins un parent dans l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur ou la recherche). Ils viennent, à l’inverse, moins souvent des classes les plus nombreuses, inférieures ou moyennes, constituées d’ouvriers, d’employés, de professions intermédiaires ou de métiers traditionnels indépendants (tableau 1).

TABLEAU 1 – ORIGINE SOCIOCULTURELLE DES MATHÉMATICIENS ET DES SCIENTIFIQUES CONNEXES PROPORTION % DE CAS OÙ AU MOINS UN PARENT APPARTIENT AUX …

L’appartenance par la parenté à un milieu scientifique rend familiers des modes de raisonnement dont la possession est un atout pour les étudiants plongés dans un univers dont l’élitisme s’exprime au quotidien. Le témoignage suivant d’une mathématicienne étrangère à ce milieu par ses origines et qui fut étudiante en troisième cycle dans les années soixante en fournit une illustration éloquente :

« (…) Comme en général, comme c’était la mode, les professeurs passaient très vite sur les détails fastidieux des démonstrations et que moi, je ne voyais pas à quels objets connus, classiques, elles renvoyaient, je ne pouvais pas rétablir les jalons qui manquaient… : “Par un raisonnement standard, on prouve que…”, et je me sentais réduite à l’infériorité totale de ne pas pouvoir deviner quel était ce raisonnement standard. Je pense que quand les professeurs ne font pas un effort pour expliquer d’où viennent leurs idées, leur intuition, (car maintenant, je ne crois plus que dès le berceau, les hommes étaient prédestinés à savoir, comme moi à ignorer) eh bien, ils pratiquent, délibérément ou non, une attitude raciste et sexiste à l’égard des catégories qui n’ont pas baigné toute leur vie dans la culture mathématique et qui n’ont aucun autre moyen de savoir, hors de l’enseignement, d’où viennent les idées en cours. » [2] Vergne (Michèle) Témoignage d’une mathématicienne,… [2]

Il ne suffit pas de baigner dans un milieu caractérisé par la proximité au travail intellectuel pour devenir mathématicien, et aussi bien cette condition n’est-elle pas nécessaire. Elle semble cependant de plus en plus souvent remplie, au fil des générations : 5 % des mathématiciens de plus de cinquante ans ont un parent au moins enseignantchercheur ou chercheur ; il en est ainsi de 18 % des moins de trente ans. Des années cinquante aux années soixante-dix et quatre-vingt, la population des universitaires et des chercheurs a certes considérablement augmenté, voyant probablement son poids plus que multiplié par quatre dans la population active [3] Selon le Bureau universitaire de statistiques, les… [3] . Sans se prononcer sur l’évolution des chances relatives, étant donné cette considérable augmentation de long terme, on doit constater que le recrutement des mathématiciens se fait désormais massivement dans un milieu socioprofessionnel restreint : 29 % des plus âgés ont un parent au moins dans l’enseignement (primaire, secondaire ou supérieur) ou la recherche ; il en est ainsi de 50 % des plus jeunes. À l’inverse, 47 % des premiers sont issus de familles appartenant aux classes inférieures ou moyennes, contre 26 % des seconds.

Ce qui est l’exception au niveau de la société globale est, sinon la norme, du moins un type fréquent parmi les mathématiciens et les scientifiques connexes. Ainsi de la précocité intellectuelle. Autant que les physiciens théoriciens et mécaniciens et un peu moins que les didacticiens des mathématiques, mais plus que les informaticiens, un tiers d’entre les mathématiciens a sauté une, voire plusieurs classes à l’école primaire. 42 % ont passé le baccalauréat avant 18 ans [4] Il faut comprendre que ces bacheliers n’ont eu dix-huit… [4] , sensiblement autant que les physiciens théoriciens et mécaniciens, plus que les informaticiens et moins que les didacticiens des mathématiques. Ainsi de l’excellence scolaire. Un tiers a obtenu la mention TB au bac, le fort coefficient des mathématiques dans la détermination de la note à cet examen pouvant en partie expliquer un écart important avec les scientifiques connexes (tableau 2).

TABLEAU 2 – TRAITS SAILLANTS DE LA SCOLARITÉ DES MATHÉMATICIENS ET DES SCIENTIFIQUES CONNEXES PROPORTION % DE PERSONNES AYANT DONNÉ UNE RÉPONSE POSITIVE

1.2. UNE PROFESSION MASCULINE DONT LA MINORITÉ FÉMININE EST SUR-SÉLECTIONNÉE

La forme d’intelligence requise par la mathématique, à ses niveaux les plus hauts, ne se développe donc pas uniformément dans tout l’espace social. Il lui faut certes des neurones, mais encore leur activation propice par une socialisation qui oriente et fortifie les inclinations « naturelles » et que l’école ne peut seule assurer dans ses salles de classe. Pour reprendre les termes du titre d’un livre consacré aux normaliens et normaliennes scientifiques, l’excellence scolaire, en sciences tout particulièrement, est largement une affaire de famille (Ferrand, Imbert, Marry, 1999). En mathématiques, cette excellence dépendrait-elle toutefois du sexe biologique ? Dit autrement, le cerveau mathématicien serait-il sexué ?

Il est attesté que les jeunes filles se montrent un peu moins bonnes en mathématiques, au moins dans certaines matières telles que la géométrie, au cours de leur scolarité secondaire, principalement au lycée. Les différences de performance à des tests de mathématiques entre filles et garçons sont cependant très ténues et diminuent avec les générations, selon une méta-analyse des différentes recherches menées sur le sujet (Friedman, 1989). Il reste que les jeunes filles font moins souvent des études de mathématiques et qu’elles sont très minoritaires parmi les mathématiciens. Il y en a en France 21 % selon l’enquête que nous avons réalisée en 2002-2003.

Parmi les professions scientifiques, celle de mathématicien s’est ouverte aux femmes plus tardivement. La mathématicienne Sonia Kovalevskaïa, écrivant à une amie en 1889, un an après avoir reçu de l’Académie des sciences, à Paris, le prix Borodin, remarquait qu’il lui était inutile de songer à avoir un poste en France : « Les Français n’accepteront pas de sitôt une femme comme professeur bien que je n’aie jamais reçu ailleurs qu’en France autant de compliments. » (Detraz, 1989, page 22). Il a fallu attendre la fin des années trente pour qu’une femme ait un poste de professeur de mathématiques dans une université française. La pénétration des femmes dans la profession est lente, comme l’attestent les variations de leur proportion en fonction de l’âge [5] Selon les chiffres du Ministère de l’éducation nationale… [5] . La situation dans les sciences connexes ne serait guère plus favorable : on y compte 22 % de femmes, sans que ne se dessine une évolution nette (tableau 3).

TABLEAU 3 – PROPORTION % DE FEMMES SELON L’ÂGE PARMI LES MATHÉMATICIENS ET PARMI LES SCIENTIFIQUES CONNEXES

Plusieurs facteurs sociaux contribuent à l’explication de la moindre représentation des femmes aux niveaux les plus hauts des performances mathématiques, de sorte que l’on peut douter que le phénomène soit principalement d’origine biologique. D’ailleurs, le serait-il, principalement ou secondairement, que l’on ne saurait dire aujourd’hui précisément en quoi il l’est et si des facteurs de socialisation ne sont pas à l’origine d’une rétroaction qui accentuerait fortement, au niveau neurologique du fonctionnement cérébral, une différence biologique initialement faible : une petite différence, entre moyennes selon le sexe, d’une distribution statistique des valeurs d’une variable X, non identifiée, continue et non pas dichotomique, à variance forte, mesurant le phénomène biologique en corrélation avec le degré de performance dans tel domaine mathématique. Comme le souligne la neuro-biologiste Catherine Vidal (Vidal et Venoit-Browaeys, 2005), aucune différence significative entre les sexes ne ressortirait de la grande majorité des études relatives à l’activité du cerveau dans les fonctions cognitives supérieures. Il apparaît d’ailleurs, à la lecture des analyses que fait de plusieurs de ces études cette neuro-biologiste que les interprétations faites de données expérimentales souvent insuffisantes sont étonnamment peu critiques, comme si les chercheurs voulaient se rassurer en trouvant un fondement biologique et donc, à leurs yeux, intemporel à des différences entre les sexes dont l’anthropologie, la sociologie et l’histoire montrent qu’elles ont des déterminations sociales et culturelles, celles-ci ne seraient-elles pas les seules. Non seulement la socialisation différentielle des sexes ne prédispose-t-elle pas aussi bien les filles que les garçons aux disciplines mathématiques, mais les images contrastées des deux sexes qui prévalent dans le monde social contribuent, par les attitudes et les attentes qu’elles induisent, à accentuer la différence de performance mathématique entre eux.

Une exploitation secondaire de l’enquête INED-INSEE de 1990 sur l’éducation nous avait permis de montrer que si, dans leur ensemble, les filles collégiennes et lycéennes s’estimaient moins bonnes en maths que ne le faisaient les garçons, la différence s’estompait chez les élèves des familles des classes sociales à moyen ou fort capital culturel et dans lesquelles prévalait un modèle d’éducation égalitaire : celles dont le parent interrogé avait montré par ses choix qu’il valorisait et attendait des qualités semblables pour une fille et pour un garçon, plutôt qu’il n’attribuât à chaque sexe des qualités socialement marquées comme masculines : dynamisme, ambition, etc. ou féminines : charme, disponibilité, etc. (Zarca, 2000).

On a pu observer que les professeurs de mathématiques interagissaient plus fréquemment avec les garçons qu’avec les filles au cours de leur enseignement, ce qui n’est pas sans renforcer différemment la confiance en soi nécessaire à la réussite dans cette discipline (Hurtig et Pichevin, 1998, Mosconi, 1994) ; que les filles réussissaient mieux que les garçons à des épreuves cognitives qualifiées d’épreuves de dessin, l’inverse se produisant pour les mêmes épreuves qualifiées d’épreuves de géométrie (Huguet et Régner, 2004) ! Etc. Les activités cognitives ne sont pas machinales, elles engagent l’identité, qui n’est pas donnée mais construite sur une base sociale et culturelle qui n’a rien d’immuable en soi, même si, apparemment, certaines de ses dimensions ne changent que très lentement dans le temps historique.

Les femmes qui deviennent mathématiciennes ont plus d’atouts sociaux que leurs collègues masculins. Elles sont relativement plus souvent issues des milieux socio-professionnels de l’université et de la recherche (19 %, contre 13 %). Leur mère était plus souvent elle-même universitaire ou dans la recherche (10 %, contre 5 %).

Comme Michèle Ferrand, Françoise Imbert et Catherine Marry l’ont montré pour les normaliennes scientifiques (Ferrand, Imbert, Marry, 1999) et Hervé Le Bras pour les polytechniciennes (Le Bras, 1983), les mathématiciennes ont bien été sursélectionnées : elles ont plus souvent sauté une classe à l’école primaire, ont passé le bac plus souvent avant dix-huit ans et ont plus souvent obtenu la mention TB. C’est vrai pour les normaliens, mais aussi, en ce qui concerne la précocité, pour les autres agents de la profession (tableau 2).

Deux interprétations complémentaires de la sur-sélection des jeunes filles sont possibles : selon la première, celles-ci s’orientent vers les mathématiques seulement si elles disposent de ressources intellectuelles leur permettant d’espérer surmonter le handicap dû à la non-congruence entre les images sociales de leur sexe et de la science la plus dure et la plus retirée du monde social ordinaire. Elles sont donc plus exigeantes envers elles-mêmes que ne le sont les garçons pour participer à la course d’obstacles conduisant à une profession dans laquelle l’excellence à laquelle on se réfère, très prégnante, est celle du génie.

Selon la seconde, les femmes douées pour les sciences sont moins contraintes dans leurs choix que ne le sont les garçons à la recherche systématique de l’excellence sociale et académique. Elles ont en général d’autres cordes à leur arc et d’autres motivations qu’elles prennent positivement en considération pour s’orienter vers des professions moins distantes de l’action et de l’interaction concrètes que les mathématiques. Il ne s’agirait donc pas d’un manque de compétence intellectuelle, mais d’un imaginaire social proprement féminin.

La famille est par excellence le lieu du don et la profession celui, opposé au précédent, de la lutte concurrentielle, ici principalement pour le gain monétaire ou le pouvoir, là d’abord pour le prestige. Or, étant donné le considérable développement cumulatif et le degré de complexification dans l’abstraction de la mathématique, la profession de mathématicien est, parmi les professions scientifiques, le champ d’une lutte des plus âpre pour les positions prestigieuses, celles que le groupe accorde à certains de ses membres en reconnaissance de leurs contributions à ce qu’il valorise, qui constituent des gratifications matérielles et surtout symboliques agrandissant la personne sociale. On conviendra donc qu’il n’est pas besoin de supposer des cerveaux sexués, mais des dynamiques sentimentales que la culture a, dans la longue durée, orientées de manière contraire chez les hommes et chez les femmes, pour comprendre sinon expliquer qu’en dépit d’avancées importantes en un siècle, les femmes ne soient toujours pas aussi enclines que les hommes à jouer au plus haut niveau un jeu cérébral qui donne du plaisir aux joueurs – un plaisir de l’esprit dont l’intensité est à la mesure de la tension intellectuelle qui le précède –, mais au prix d’une sublimation spécifique des pulsions agressives en régime de paix civilisé. Ce jeu concurrentiel est transfiguré par l’émulation, c’est-à-dire par la congruence des désirs des joueurs excités les uns par les autres parce qu’ils relèvent du même illusio. Il exige le dépassement de soi et des autres dans la conquête difficile de nouveaux savoirs sur des objets d’une espèce particulière : des idéalités, grâce à la maîtrise et à l’invention d’outils puissants de la même espèce. La règle de la démonstration le caractérise, qui est des plus contraignante. Il se prolonge dans le partage des connaissances conquises avec les pairs, dont la rivalité est dans ce moment-là mise en suspens, puis dans leur transmission aux jeunes générations, d’autant plus gratifiante que l’on peut se reconnaître en celles-ci. Mais il faut être une femme pour écrire comme la mathématicienne Françoise Roy : « J’aime les mathématiques et je souhaite faire partager cet amour. Je rêve d’une écriture mathématique fluide où la jouissance ressentie lors de l’éclair de la compréhension et de la découverte ne serait pas totalement perdue. » (Roy, 1992, page 104). Ce rêve de pur partage d’un plaisir continué, sans joute et sans rivalité, est typiquement féminin. Il révèle une disposition peu propice à la mobilisation de l’énergie agressive nécessaire à la conquête des sommets d’une science qui se veut la plus haute.

Il faut pouvoir se projeter dans une activité professionnelle. Or les modèles féminins sont trop peu nombreux en mathématiques, il n’y a pas de solide tradition permettant des identifications fortes, quand des possibilités plus en accord avec la socialisation de l’imaginaire féminin existent dans d’autres domaines. D’ailleurs, la profession est à ce point dynamisée par la lutte pour la reconnaissance entre pairs de sexe masculin que, comme l’écrit Catherine Goldstein, qui la connaît de l’intérieur : « La reconnaissance d’une compétence entraîne un changement de sexe de l’intéressée, et (…), dans le même temps, le sexe fonde d’office un accès privilégié à l’héritage des meilleurs. » (Goldstein, 1992, page 152). Si dans l’imaginaire d’un homme mathématicien, la grandeur est associée à une image masculine et si la lutte est ouverte entre les hommes pour y atteindre et toucher ainsi au divin, le surgissement d’une femme dans cette lutte en perturbe les enjeux identitaires. En faire un homme est rassurant pour l’identité masculine. La comparaison avec le champ politique, où les femmes sont également minoritaires, mais où elles commencent à plus sérieusement concurrencer les hommes pour l’accès aux positions de pouvoir, est éclairante : l’image d’une femme de pouvoir peut être celle d’une mère, dévouée au bien public, protectrice. Il n’y a pas de référence mythique pour l’image d’une grande mathématicienne, il n’y a guère de déesses dans l’Olympe des mathématiques.

Technology With A Profound Purpose -Access For All

Traditionally focused on providing equal access to people with disabilities, accessibility has become a mainstream requirement that reduces technology barriers to the information everyone needs for school, work, and life.Today, accessible technology allows humans and machines to interact effectively and intuitively. And it helps organizations create a better user experience on any device by differentiating offerings and optimizing communications for employees, students, customers and constituents.
It’s really a technology with a profound purpose.

This is why it has become a critical focus for organizations around the world. Accessibility initiatives are being driven by the more than 1 billion people with disabilities (including the growing aging population), the proliferation of mobile devices, and new industry standards and evolving government regulations.

As we celebrate the 25th anniversary of the Americans with Disabilities Act (ADA) this year, it’s important to reflect how far we’ve come in providing equal access to information that makes our daily routines more manageable.

While we still have work to do addressing accessibility requirements from a compliance perspective on web and mobile applications, accessibility has presented us with a tremendous opportunity.

It is redefining the relationship among humans, technology and the environment around us. Combined with analytics, cloud, security and the Internet of Things, accessibility is helping create context-driven systems that help organizations understand everyone’s information consumption patterns in order to deliver a secure and personalized user experience on any device.

Consider your grandmother navigating a new city. Her mobile device and applications can now be tailored to her specific needs and physical abilities to help her better understand the surroundings and provide appropriate routes and points of interest. By using text-to-speech, voice recognition and location-based services, information and insights can be delivered in the most consumable way possible.

Or, imagine your friend who is vision-impaired making an online purchase. By incorporating accessible technology, such as ensuring screen readers can easily navigate a website or properly adjusting color contrast, retailers can eliminate usability issues and make it easier for your friend to learn about new offers or services specific to their needs.

Allowing more clients and employees to interact with applications whenever they want, wherever they are, and regardless of their age or physical ability, is forcing organizations to create a holistic strategy for embedding accessible solutions across the enterprise.

There are five areas organizations should focus on to be fully engaged on accessibility to help reinvigorate sales channels, increase workplace productivity and improve risk management:

Ensure that any accessibility initiative is genuine, supported from the C-Suite and includes every part of the organization.

Develop empathy and a true understanding of all users, including how physical, cognitive and situational disabilities affect the use of an application.

Place accessibility at the forefront of the design and development process to accelerate deployment and reduce expenses.

Perform rapid iterative testing for web and mobile applications and content to ensure accessibility conformance.

Lead by making accessibility, diversity and inclusion part of your organization’s culture.

Accessibility that is grounded in an organization’s values will bridge individual differences, better connect with customers, enable a diverse pool of talent in the workplace, and improve the standard of living for all members of society.

Accessibility is no longer about a niche audience. It’s about helping all of us become more independent, productive, and improve our quality of life.

While we have witnessed many milestones during the first 25 years of the ADA, let’s together make the next 25 years have even more meaning and impact … for everyone.

IBM has been committed to equal opportunity, workforce diversity, and technology innovation for people with disabilities for more than 100 years to create a more inclusive world where people of all ages and abilities can achieve their full potential. For more information, visit http://www.ibm.com/able

Frances West is Chief Accessibility Officer for IBM.