Djibouti : Ardoukôba

un volcanologue « Ma très grande chance fut que cela survint cinq années plus tard seulement, en septembre 1978, et que j’eus le privilège de suivre d’aussi près que la chose soit possible l’éruption qui accompagna cette expansion de fonds océaniques jamais observée et jamais mesurée. Je baptiserai Ardoukoba le petit volcan nouveau-né d’après le lieu-dit le plus proche, relevé sur l’excellente carte topographique de la république de Djibouti.

Le genre de joies que nous avons connues à découvrir tout cela, ceux que ces questions intéressent peuvent les connaître à leur tour, par la possibilité non seulement de revivre sur place ce genre d’expérience mais, mieux, d’y faire de nouvelles découvertes. De même est intéressant le développement industriel d’une autre de nos idées, idée toute nouvelle lorsque nous l’avons formulée, en 1969, celle que l’Afar recelait des possibilités géothermiques immenses. Pour cet aride pays de roc, de sable et de sel, où l’agriculture et l’élevage ne peuvent guère qu’être étiques et où les gisements miniers sont à ce jour inconnus, l’énergie géothermique représente la seule richesse. Mais quelle richesse !

De l’eau à cent, deux cents, voire trois cents degrés de température, trouvée à cinq cents, mille ou deux mille mètres de profondeur, cela signifie, lorsqu’elle est amenée à la surface et détendue à la pression atmosphérique, de la vapeur de haute énergie qu’un turbo-alternateur transforme en électricité. Electricité peu coûteuse que la proximité d’un port de mer valorise au maximum. Un port, en effet, c’est l’arrivée au prix le plus bas des matières premières que le courant bon marché permettra, aux moindres coûts, de transformer en produits finis, qu’il s’agisse de minerais à transformer en métal ou de pétrole à transformer en produits chimiques, en matières plastiques, en fibres synthétiques ou en engrais, produits finis auxquels, pour finir, le même port de mer ouvrira au compte le meilleur tous les marchés du monde : l’électricité géothermique est la fée susceptible d’industrialiser et de rendre riches les peuples nomades et pauvres de cette partie de la corne de l’Afrique.

Ce sont là les raisons qui m’ont attaché, indissociablement, à cette partie du monde, beauté grandiose de certains de ses paysages et découvertes, scientifiques et techniques. Sans parler de la noblesse, de caractère et de traits, de ses habitants. »

Haroun Tazieff, mai 1982.

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