résumé « Les vagues » de Virginia Woolf

“Le réel, pour moi, c’est ce que nous faisons à l’abri des regards ; le reste, ce que nous faisons sous les yeux des autres, me semble théâtral, mesquin, puéril.” Virginia Woolf Lettre du 30 avril 1937 à Stephen Spender Ce que je suis en réalité demeure inconnu, Lettres 1901-1941, Point, 2010

Résumé Il s’agit de six enfants, trois filles, Rhoda, Jinny, Suzanne ; trois garçons, Louis, Neville et Bernard, que nous voyons croître, se différencier, vivre et vieillir enfin. Un septième enfant, qui ne prend pas la parole, et que nous n’apercevons jamais qu’à travers les autres, est le centre du livre, ou plutôt son coeur. Ce Perceval, entouré au collège et sur les terrains de jeux d’un amour et d’une admiration idolâtres, part rejoindre son régiment aux Indes, et les six jeunes amis de se réunir pour un dîner d’adieu. Puis, on apprend sa mort, survenue à la suite d’une chute de cheval, et nous voyons réagir différemment devant la douleur ces six êtres pour qui Perceval restera à jamais l’image des moments les plus ensoleillés de la vie. Chacun donnera désormais aux questions que lui pose sa propre existence une réponse de plus en plus personnelle : Jinny choisira le plaisir, Neville l’exercice de l’intelligence, et la recherche ardente d’autres êtres qui seront autant de reflets de Perceval perdu ; Suzanne, la jeune Déméter, trouvera la plénitude dans les lentes besognes de la maternité et dans le contact quotidien de la terre et des saisons ; Rhoda et Louis se réfugieront dans leurs songes ; Bernard continuera à dévider paresseusement, à la façon d’un ver à soie, le cocon de sensations et de pensées qui lui sert à ouater son univers ; et enfin, un soir, nous retrouvons ce même Bernard alourdi par l’âge et le bien-être, qui sort d’un restaurant en réfléchissant à sa vie. Il sent autour de lui l’approche de la Mort, qui bien des années plus tôt, dans l’Inde, a désarçonné Perceval, et l’a jeté sur le sol où il s’est brisé. Mais dans l’exaltation de son coeur encore chaud, ce vieux monsieur un peu ridicule accepte de se mesurer avec cette ennemie invisible, et lui jette un défi. La Mort peut venir ; elle n’empêchera pas que ce vivant ne se sente jusqu’au bout partie liée avec la vie ; anéanti, il ne sera pas tout à fait vaincu. Il ne s’agit pas d’un triomphe de l’immortalité sur la mort, mais plutôt d’un sentiment intense du moment actuellement vécu. Le Temps, qui prend désormais pour Bernard cette forme définitive et funèbre, est vaincu à l’aide d’une succession d’instants dont la richesse et l’ardeur constituent quoi qu’il arrive son acquis humain.

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