une rue de Londres, Verlaine

Un dimanche d’été, quand le soleil s’en mêle,
Londres forme un régal offert aux délicats:
Les arbres forts et ronds sur la verdure frêle,
vert tendre, ont l’air bien loin des brumes et des gaz,

Tant ils semblent plantés en terre paysanne.
Un soleil clair, léger dans le ciel fin, bleuté
à peine. On est comme en un bain où se pavane
le parfum d’une lente infusion de thé.

Dix heures et demie, heure des longs services
divins. Les cloches par milliers chantent dans l’air
sonore et volatil sur d’étranges caprices,
les psaumes de David s’ébrouent en brouillard clair.

Argentines comme on n’en entend pas en France,
Pays de sonnerie intense, bronze amer,
font un concert très doux de joie et d’espérance,
trop doux peut-être, il faut la crainte de l’enfer.

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